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Les débuts européens de Nicolas Sarkozy

Actualité 14.07.2007

Christian Lequesne, professeur à la London School of Economics, analyse la politique européenne de Nicolas Sarkozy dans un essai publié sur Telos. Il revient pour cela sur le référendum de 2005, dont il analyse les causes et les effets sur la politique européenne de la France. Pendant deux ans, "l'atonie de la politique française en Europe (…) a largement empêché l'Union de progresser".

Ainsi, "Nicolas Sarkozy a hérité du référendum négatif". Cependant, beaucoup de mesures de sa proposition de sortie de crise, ont été retenues lors du Conseil européen de juin. Mais alors qu'il n'avait présenté ce traité "simplifié" que comme une "étape (…) dans un processus de réforme plus ambitieux", il "n'a plus insisté sur ce point", pour ne pas "freiner la négociation avec les pays les plus minimalistes" et notamment le Royaume-Uni. Afin d'aboutir à un accord pour la rédaction du mandat de la CIG, le président a multiplié les consultations "découvrant la part de bilatéralisme multiple dans le processus de décision européen ".

L'élargissement est le sujet européen sur lequel le nouveau président s'est le plus démarqué de son prédécesseur. Contrairement à Jacques Chirac, Nicolas Sarkozy a adopté une approche beaucoup plus "culturaliste". Cependant, il a placé la France en position d'attente pour que ce point ne pèse pas sur les négociations pour le traité. Concernant la PAC, il ne devrait pas s'opposer à une réduction du budget agricole, mais devrait se montrer beaucoup moins conciliant sur la levée des protections de l'agriculture européenne dans le cadre de l'OMC.

Enfin, en ce qui concerne la BCE, Nicolas Sarkozy ne s'est pas attaqué "à son indépendance" mais "à sa politique visant à surévaluer l'euro". Cependant, il serait étonnant qu'il en fasse "un cheval de bataille (…) car cela ouvrirait un front conflictuel inutile avec l'Allemagne".

Pour conclure, s'il considère qu'il est "trop tôt pour juger", "les efforts du président (…) ont sans nul doute permis de ramener la France davantage au cœur du processus de décision européen". Il faut maintenant "confirmer l'essai" et "faire preuve de doigté", ce qui se jouera certainement aussi sur la réussite des réformes économiques en France.

Lire l'analyse

Christian Lequesne, "Sarkozy et l'Europe", Telos, juillet 2007