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Leonard Orban : "Il y a une liaison étroite entre le multilinguisme et la compétitivité économique"

Actualité 20.07.2007

Leonard Orban est le commissaire européen en charge du Multilinguisme. A l'occasion d'une conférence de presse à la Représentation de la Commission européenne à Paris, il présente sa mission et définit les enjeux du multilinguisme dans l'Union européenne.

 


Vous avez été nommé commissaire européen chargé du Multilinguisme le 1er janvier 2007. Pouvez-vous nous présenter votre rôle, vos missions ?

Je suis en charge d'une politique très importante. Elle s'adresse à tous les citoyens européens, aux Etats membres et aux institutions communautaires. Le multilinguisme est la promotion de la diversité lingusitique au sein de l'Union européenne.

C'est une politique qui défend le droit de chaque citoyen de comprendre et d'être compris. Il me semble très important d'assurer cette dimension démocratique de notre politique.


Le nouveau programme d'éducation et de formation tout au long de la vie a été lancé le 1er janvier 2007. Quels sont ses objectifs concernant le multilinguisme ?

Premièrement, de défendre et d'affirmer la diversité linguistique. Nous avons  17 millions d'euros chaque année pour financer des projets multilatéraux concernant les activités pour la promotion de la diversité linguistique.

Une nouvelle stratégie en faveur des langues devrait être adoptée au second semestre 2008. En quoi consiste ce plan d'action ?

Ce plan d'action comprend 3 axes principaux :
la promotion de la diversité linguistique, y compris l'apprentissage des langues étrangères et la contribution du multilinguisme au dialogue interculturel ;

assurer une liaison étroite entre le multilinguisme et la compétitivité économique, l'emploi, la croissance ;

assurer un espace de communication pour tous les citoyens.


Un indicateur européen des compétences linguistiques devrait bientôt être mis en place. En quoi consiste-t-il ?

Nous souhaitons procéder à un état des lieux. Nous n'avons aujourd'hui que l'eurobaromètre. Nous voulons avoir une idée très claire concernant la situation actuelle. A partir de 2010, nous allons faire cet état des lieux pour les élèves âgés de 14 à 16 ans afin d'évaluer leur niveau pour les langues suivantes : anglais, français, allemand, espagnol, italien, portugais.

Nous allons ensuite développer cette évaluation pour les autres langues. L'indicateur permettra donc de connaître le nombre de personnes capables de parler des langues étangères, de connaître leurs performances.


Au début du mois de juin 2007, vous avez annoncé le lancement d'un Forum des entreprises sur le lien entre "multilinguisme et compétitivité". Pouvez-vous nous en parler ?

Il y a une liaison étroite entre le multilinguisme et la compétitivité économique. J'ai présenté en février dernier une étude réalisée par le Centre de langues de la Grande-Bretagne. Les conclusions de cette étude sont que beaucoup d'opportunités commerciales sont restées inexploitées en raison du manque d'habileté linguistique dans la sphère de l'entreprise au niveau européen.

Nous voulons donc améliorer la compétitivité économique avec des recommandations proposées par le projet concernant le multilinguisme.


Après l'année européenne de l'égalité des chances pour tous en 2007, 2008 sera l'année du dialogue interculturel. Quels seront les temps forts de cette année ? Pourquoi avoir choisi ce thème ?

Nous pensons que dans un monde de plus en plus globalisé, nous avons besoin de ce dialogue. C'est essentiel pour améliorer nos relations avec tous les pays. Dans cette optique, la Commission européenne a crée un un groupe d'intellectuels pour être conseillée sur le rôle du multilinguisme dans le dialogue interculturel. Le président de ce groupe d'experts est l'écrivain franco-libanais Amin Maalouf.


Propos recueillis le 20/07/07