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Le traité simplifié a "sauvé" une "Europe en péril"

Actualité 02.07.2007

Nicolas Sarkozy s'est rendu le lundi 2 juillet 2007 à l'Hôtel de Ville de Strasbourg afin de "rendre compte" des résultats du Conseil européen de Bruxelles. "Je viens rendre compte aux Français de ce que j'ai fait pour débloquer l'Europe conformément à mes engagements", a-t-il affirmé.


Accueilli dans la capitale alsacienne par la sénatrice-maire Fabienne Keller, le président de la Communauté urbaine de la ville, Robert Grossmann, le Président de la République a animé plus tard dans la soirée une réunion publique au Palais des congrès de Strasbourg devant 2 000 personnes.


"Le retour de la politique dans la construction européenne"

L’objectif de ce déplacement était d’expliquer aux Français, 10 jours après le Conseil européen, les perspectives qu’ouvre "le traité du 23 juin". Pour le Chef d'Etat, ce traité "ne marque pas un recul de l’esprit européen, mais témoigne au contraire du renouveau d'une volonté commune à tous les pays membres, d'une volonté plus forte que les égoïsmes nationaux".

"Le pire aurait été que ceux qui n'ont pas ratifié la Constitution ne reviennent plus à la table des négociations", a déclaré le Président pour qui il faut chercher la cause de l'échec de la constitution européenne dans "la grande dérive de la dépolitisation de l'Europe", où l'on a substitué "l'expertise technique au pouvoir politique".

"Je veux le dire ce soir à tous les Français et à tous les Européens : ce n'est pas le non au référendum des Français et des Néerlandais qui a mis l'Europe en crise. C'est la crise de l'esprit européen qui a provoqué les non français et néerlandais et qui aurait sans doute provoqué d'autres non dans d'autres pays européens si ceux-ci avaient organisé un référendum", a déclaré le Président de la République.

"Je veux dire à tous ceux qui sont attachés à la construction européenne que (...) la Constitution européenne ne pouvait pas être une fin en soi" et qu'elle "n'était qu'un moyen de faire avancer l'Europe, mais qu'elle n'était pas l'Europe", a-t-il également affirmé.

"L'Europe était en péril, minée par des crises à répétition, minée par la défiance des peuples, minée par le doute. (…) Je crois aujourd'hui que l'Europe est sauvée", s'est-il exclamé.

Nicolas Sarkozy a salué dans l'accord de Bruxelles un succès de l'Allemagne, qui présidait alors l'UE, de la France et, plus généralement, "de la volonté politique contre l'esprit d'abandon et de renoncement". "Le Sommet de Bruxelles a été un succès pour la présidence allemande qui a fait un travail remarquable. Il a été un succès aussi pour la France (...) C'est le succès de tous", a-t-il également assuré.

Le chef d'Etat a salué les "réformes capitales" contenues dans le futur traité simplifié. Avec le président du Conseil européen, "l'Union aura un visage" et "une continuité dans l'action", a-t-il souligné. Avec le Haut représentant pour la politique étrangère, elle "pourra parler d'une même voix face aux grandes puissances mondiales". Quant à l'extension du champ de la majorité qualifiée, elle "permettra de décider et d'agir". L'Union européenne "va sortir de la paralysie".

"Je ne me résigne pas à ce que l'Europe soit bureaucratique et technocratique, je veux qu'elle soit démocratique". Le Sommet européen des 21 et 22 juin "marque le retour de la politique dans la construction européenne", s'est réjoui Nicolas Sarkozy. "L'Europe n'est pas une machine qui tourne à vide. L'Europe, c'est une volonté politique où chacun doit comprendre où l'on va".


Le traité simplifié exprime une "synthèse entre le oui et le non"

Dans son discours, Nicolas Sarkozy a aussi voulu revenir sur l'opposition entre les partisans du non et ceux du oui. Il voit désormais s'esquisser une "synthèse" entre le oui et le non à l'Europe.

Pour le chef de l'Etat, "la plus grande réussite de ce Sommet, c'est que la politique ayant repris ses droits, il a commencé de s'opérer cette improbable synthèse entre les partisans du oui et ceux du non", qui est "la condition non seulement de l'union des Français mais aussi de l'union de tous les Européens". "Par synthèse, je ne veux pas dire la recherche du juste milieu entre le oui et le non, je veux dire le dépassement des contradictions" a-t-il ajouté.

"Cette synthèse, elle se trouve dans la vision d'une Europe qui se donne les moyens d'agir et de se protéger", a-t-il insisté. Elle doit être celle d'une Europe "puissance", qui instaure "une préférence communautaire", refuse la désindustrialisation et "ne reste pas les bras croisés devant les délocalisations", "maîtrise l'immigration", se dote d'un "véritable gouvernement économique", où l'euro "serait mis au service de l'économie", qui "refuse la mondialisation sans règle", tend la main à l'Afrique et aux autres pays de la Méditerranée sans se "diluer sans fin".

"La France est de retour, elle est de retour en Europe sans que la volonté que le peuple a exprimée lors du référendum sur la Constitution ait été trahie", a-t-il lancé, concluant son discours.

Le traité simplifié "est un premier pas mais c'est un pas décisif", a ajouté le chef de l'Etat, qui a appelé de ses voeux une "nouvelle Renaissance de l'Europe".

 

Sources

Allocution du Président de la République à l'occasion de la grande réunion publique sur le thème de l'Europe - 02/07/2007 - Site de la présidence de la République
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