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[Le Récap'] Brexit, Ukraine et pacte migratoire… les 3 infos de la semaine à retenir

Actualité 30.11.2018

L'accord sur le Brexit a été approuvé, dimanche 25 novembre, par le Conseil européen. Theresa May pèse désormais de tout son poids pour obtenir une majorité lors du vote du Parlement britannique, prévu le 11 décembre. Également le 25 novembre, un accrochage en mer d'Azov entre la Russie et l'Ukraine a ravivé les tensions militaires entre les deux pays. Enfin, alors que le "pacte migratoire" de l'ONU doit être signé les 10 et 11 décembre, l'UE apparaît une nouvelle fois très divisée sur cette question.

Theresay May lors du sommet extraordinaire pour la signature de l'accord du Brexit, dimanche 25 novembre

Theresay May lors du sommet extraordinaire pour la signature de l'accord du Brexit, dimanche 25 novembre - Crédits : Union européenne

Accord des 27 sur le Brexit, Theresa May face à son Parlement

Dimanche 25 novembre, les dirigeants européens se sont réunis à Bruxelles pour un sommet extraordinaire. Après vingt mois de négociations entre la Première ministre britannique Theresa May et ses Vingt-Sept homologues, un accord de sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne a été signé.

Ce "deal", qui préserve les intérêts de l'Union et respecte les lignes rouges fixées par les négociateurs, n'a toutefois pas été accueilli dans la joie, mais a tout au plus suscité le soulagement d'avoir enfin trouvé une issue. Le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker a ainsi parlé d'un "triste jour" et d'une "tragédie" pour qualifier ce Brexit qui se précise.

Etape importante et symbolique, l'accord du 25 novembre ne met néanmoins pas un terme définitif à la procédure de divorce. Il ne fixe que les conditions qui s'appliqueront pendant la période de transition, et celles-ci doivent encore être approuvées par la Chambre des communes le 11 décembre. Or l'affaire est loin d'être simple : l'accord, satisfaisant pour les États membres de l'UE, ne semble pas acceptable pour une majorité de débutés britanniques. Au sein même du Parti conservateur au pouvoir, les "hard-Brexiters" rejettent l'accord qu'ils estiment défavorable au pays dans la mesure où il resterait, du moins temporairement, au sein de l'union douanière européenne, l'empêchant notamment de recouvrer son autonomie commerciale.

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Le président américain Donald Trump a d'ailleurs insisté sur ce point, lundi 26 novembre, fragilisant un peu plus la position de Theresa May. Défendant le texte bec et ongle, cette dernière a assuré que l'accord permettrait au Royaume-Uni d'avoir une politique commerciale complètement indépendante. Même si dans la réalité, il paraît impossible juridiquement que Londres puisse passer des accords de libre-échange avec des pays tiers tant que la période de transition ne sera pas terminée, soit en 2020 au plus tôt.

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Tensions entre l'Ukraine et la Russie en mer d'Azov

La marine Russe s'impose en mer d'Azov - Crédits : Bborriss / iStock

Le détroit de Kertch a été le théâtre de graves tensions, dimanche 25 novembre, entre la Russie et l'Ukraine. Trois navires ukrainiens – deux frégates et un remorqueur – ont été arraisonnés et saisis par les gardes-frontières, retenant une vingtaine d'hommes d'équipage.

Cet étroit passage maritime entre la Crimée et le sud-ouest de la Russie relie la mer d'Azov et la mer Noire. Il s'agit d'un point de passage très important pour l'économie des villes portuaires ukrainiennes de cette région, à l'instar de Marioupol. Or depuis l'annexion de la Crimée par Moscou en mars 2014, la Russie revendique le détroit comme faisant partie de ses eaux territoriales, compliquant le passage des navires ukrainiens.

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Pour la Russie, la présence de bateaux ukrainiens dans ces eaux est donc vue comme une provocation. S'exprimant sur le sujet mercredi 28 novembre, Vladimir Poutine a ainsi déclaré que ses garde-côtes avaient "rempli leur devoir avec précision", les marins ukrainiens étant restés sourds aux appels et aux mises en garde des forces russes. Selon le président russe, Petro Porochenko, président ukrainien, pourrait également avoir organisé l'accrochage, afin de remonter sa côté popularité en chute libre à quatre mois d'une élection présidentielle risquée.

A l'inverse, le gouvernement ukrainien, soutenu par les pays occidentaux et l'Otan, dénonce une atteinte à la liberté de navigation, considérant Kertch comme un détroit international et donc ouvert au trafic selon le droit de la mer. Dans ce contexte, le Parlement ukrainien, sur demande du gouvernement, a déclaré la loi martiale pour 30 jours à compter du 28 novembre, en raison de la crainte d'une offensive russe et alors que les tensions militaires restent vives avec la Russie dans le Donbass.

M. Porochenko a en outre appelé l'Otan, dont son pays n'est pas membre, à déployer ses troupes en mer d'Azov. Une demande à laquelle l'Alliance n'a pas répondu, même si elle a publiquement condamné l'acte de la Russie et demandé la libération des marins ukrainiens. Plus généralement, les pays européens cherchent à apaiser les tensions, Angela Merkel ayant déclaré qu'il "ne peut y avoir de solution militaire à ces confrontations". Des discussions devraient ainsi avoir lieu avec Vladimir Poutine en marge du sommet du G20, qui a débuté ce vendredi 30 novembre à Buenos Aires.

Pacte migratoire de l'ONU : l'UE divisée

Siège du Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés à Genève - Crédits : BalkansCat / iStock

Débattu pendant plusieurs mois par les Nations unies, l'écriture du "pacte migratoire" s'est achevée en juillet. Le texte va désormais être soumis à l'approbation des 193 États membres de l'Organisation les 10 et 11 décembre prochains à Marrakech, lors d'une conférence intergouvernementale organisée spécialement pour l'occasion.

Ce pacte "énonce 23 objectifs très généraux censés sécuriser, faciliter et encadrer la migration", tels que "l’affirmation d’une nécessaire lutte contre les passeurs, la limitation des abus contre les travailleurs migrants" ou encore "l’encouragement d’un discours positif sur la migration, une meilleure compréhension du phénomène grâce à des données chiffrées".

Évidemment, l'idée même de ce texte est loin de faire l'unanimité, et certains pays ont déjà annoncé leur refus de le signer, notamment les États-Unis, Israël et l'Australie. Au sein de l'Union européenne, la question est éminemment délicate et divise les États membres. Certains affichent leur hostilité – l'Italie, l'Estonie, la Slovaquie, la République tchèque, l'Autriche, la Croatie ou encore la Hongrie. D'autres sont secoués par des différends de politique interne sur cette question – à l'instar de la Belgique.

À cet égard, l'Italie fait figure de chef de file des opposants européens au pacte migratoire. Le parlement italien a d'ailleurs adopté, mercredi 28 novembre, un "décret-loi" venant renforcer la politique anti-immigration voulue par le ministre de l'Intérieur Matteo Salvini et le parti La Ligue (extrême droite). Notons toutefois que le texte, bien que largement voté avec 396 voix pour et 99 contre, a fait apparaître des fissures au sein de la coalition gouvernementale : une partie du Mouvement 5 Étoiles (M5S),  partageant le pouvoir, s'est en effet insurgée contre cette ligne politique dure.

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