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Le Portugal et l'Espagne toujours plongés dans la crise

Actualité 09.04.2013

Les 17 ministres des Finances de la zone euro doivent se réunir vendredi matin à Dublin pour un Conseil informel. Outre la question des règles de résolution des défaillances bancaires, le Portugal pourrait y obtenir une année supplémentaire pour rembourser son prêt… à moins que la récente censure du plan d'austérité par la Cour constitutionnelle de Lisbonne ne vienne remettre en question cet assouplissement. D'ici là, l'agence de notation Moody's pourrait dégrader la note de son voisin espagnol, qui réclame quant à lui deux ans de plus pour réduire son déficit en-deçà de 3%.

Portugal : les juges désavouent le plan d'austérité du gouvernement

Vendredi 5 avril, la Cour constitutionnelle portugaise a rejeté le plan d'austérité du gouvernement de Pedro Passos Coelho inscrit dans le projet de budget 2013. Les juges ont considéré que la suppression du 14e mois de salaires versés aux fonctionnaires et aux retraités, ainsi qu'une réduction des allocations chômage et maladie, étaient discriminatoires et donc contraires à la constitution.

Une telle décision priverait alors le pays d'économies allant jusqu'à 1,3 milliard d'euros, selon les estimations, et complique d'autant plus la tâche de ramener le déficit public à 5,5% du PIB en 2013, comme le réclame la troïka. En mars, cette dernière avait déjà accordé au Portugal un an supplémentaire, soit 2015, pour passer sous la barre des 3%, après confirmation par la Banque du Portugal que la récession serait pire que prévue (-2,3 % du PIB) en 2013. La dette publique aurait atteint en 2012 plus de 123 % du PIB (108 % en 2011), tandis que le déficit aurait dérapé à 6,4 % du PIB (4,4 % en 2011). Selon le ministre des Finances, le chômage continuerait à augmenter, à 18,2 % en moyenne cette année puis à 18,5 % en 2014.

Depuis mai 2011, le Portugal bénéficie d'un plan de sauvetage européen de 78 milliards d'euros. Entre 2011 et 2013, le total des mesures d'austérité mises en œuvre (coupes budgétaires ou hausses d'impôts) est estimé à 23,8 milliards d'euros.

Une semaine avant la réunion de l'Eurogroupe, qui doit examiner en particulier la demande portugaise d'extension d'un an de la maturité des prêts de l'UE octroyés en 2011, le choc est rude pour M. Passos Coelho, déjà attaqué par l'opposition socialiste et désavoué par la rue. Mis en garde par Bruxelles, ce dernier a aussitôt annoncé, dimanche 7 avril, que l'objectif de réduction de la dette serait maintenu, malgré les difficultés, grâce à des coupes supplémentaires dans les budgets de la sécurité sociale, de la santé et de l'éducation. "La vie des Portugais va être plus difficile", a-t-il toutefois prévenu...

La troïka UE-BCE-FMI a prévu une nouvelle visite à Lisbonne dans les prochaines semaines pour évaluer l'impact de ce train de mesures.

 

Espagne : Rajoy pense parvenir à 3% de déficit en 2015

L'Espagne, la France, le Portugal, la Belgique et les Pays-Bas ont vu leur budget déraper en 2012 et ne parviendront pas à réduire leur déficit public en-deçà de 3% en 2013, contrairement aux objectifs de l'Union européenne. Tous ont demandé un délai supplémentaire pour atteindre cet objectif. 

De son côté, le gouvernement espagnol de Mariano Rajoy a demandé fin mars à la Commission européenne un délai supplémentaire de 2 ans pour atteindre les 3%, soit en 2015 au lieu de 2014, avec des étapes à 6% en 2013 et 4,5% en 2014.

Mais bien que le ministre de l'Economie Luis de Guindos ait annoncé que les signes d'amélioration de l'économie étaient perceptibles, l'économie espagnole ne semble pas tirée d'affaire.

L'année passée, le pays enregistrait un déficit public égal à 7% (au lieu de l'objectif de 6,3% négocié avec l'UE), un taux de chômage de 26% et une contraction de son PIB de 1,4%. Pour l'agence de notation Moody's, les pronostics sont plutôt pessimistes : l'agence a confirmé mardi 9 avril que Madrid serait probablement incapable d'atteindre ses objectifs initiaux de réduction du déficit public (4,5% en 2013, 6% en 2014) et s'apprête à reléguer la note souveraine de l'Espagne en catégorie spéculative.