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Le taux de fécondité dans l'Union européenne

Carte et comparatif 17.06.2020 Agnès Faure

La Commission européenne a publié le 17 juin 2020 son premier rapport sur l'impact de la transition démographique. En 2018, le taux de fécondité était de 1,55 enfant par femme en Europe, en dessous du seuil de renouvellement de la population (2,1). Comment le taux de fécondité a-t-il évolué dans les pays de l'Union européenne ces dernières années ?

Un taux de fécondité en légère baisse

Le taux de fécondité est le nombre moyen d'enfants par femme. Comparé année après année, cet indicateur permet de déterminer la tendance d'une population à augmenter ou à diminuer de façon naturelle, sans prendre en compte les flux migratoires. Eurostat constate ainsi une légère baisse du taux de fécondité dans l’UE sur les dix dernières années, passant de 1,57 à 1,55 enfant par femme entre 2008 et 2018 après avoir connu une légère augmentation jusqu'en 2007. 

L'UE est se trouve ainsi en-dessous du niveau de renouvellement de la population : on estime qu'un taux de 2,1 enfant par femme est un minimum pour qu'une population se renouvelle et maintienne son effectif. C'est donc à travers l'immigration que la population de l'UE continue d'augmenter.

La plus remarquable hausse du taux de fécondité a été enregistrée en Allemagne (+13,7% entre 2008 et 2018). Elle est suivie sur la même période par la République tchèque (+13%), la Lituanie (+12,4%) et la Roumanie (+10%). Concernant les baisses significatives, on peut retenir la Finlande (-23%), l'Irlande (-15%), le Luxembourg (-14,2%), ou encore Malte (-13,9%) et l'Espagne (-13,1%).

Pour comprendre ces phénomènes et notamment les différences entre les pays du sud et les pays du nord de l'Europe, Gilles Pison avance dans  l'édition de mars 2020 du bulletin mensuel d’information de l’Institut national d’études démographiques (INED) plusieurs explications. Pour le chercheur, la baisse structurelle du taux de fécondité dans les pays du sud est en partie liée à un plus faible développement des politiques visant à favoriser le travail des femmes et à concilier maternité et emploi. "Les couples repoussent donc à plus tard l’arrivée d’un enfant s’il ne leur est pas possible de concilier travail et famille. À force de la reporter, une partie des femmes finit par renoncer à la naissance désirée", analyse M. Pison. Quant aux pays de l'Est, après avoir connu des taux de fécondité relativement bas depuis 1989, ce que le chercheur attribue au passage à l'économie de marché et au recul des aides de l'Etat, ceux-ci connaissent depuis les années 2000 une augmentation de leurs taux de fécondité.

Françaises et Suédoises en tête de classement

En 2018, les Françaises ont le taux de fécondité le plus élevé de l'UE, avec 1,88 enfant par femme. Elles sont suivies des Suédoises et des Roumaines (1,76), des Irlandaises (1,75) et des Danoises (1,73).

A l'inverse, les pays du sud de l'UE enregistrent les taux les plus faibles. Malte ne compte que 1,23 naissance par femme. Légèrement au-dessus, on trouve l'Espagne (1,26), l'Italie (1,29) et la Grèce (1,35).

Depuis 2001, les taux de fécondité records ont été enregistrés en Irlande (2,06 en 2008 et en 2009), et en France (2,03 en 2010).

Les Européennes ont leur premier enfant de plus en plus tard

En 2018, les Européennes avaient en moyenne 29,3 ans à la naissance de leur premier enfant, contre 28,8 ans en 2013. L'âge moyen du premier accouchement augmente d'un mois chaque année depuis 2013.

C'est en Bulgarie (26,2 ans),  en Roumanie (26,7 ans) et en Slovaquie (27,1 ans) que les mères sont les plus jeunes à l'arrivée de leur premier enfant. Les plus âgées sont les Italiennes (31,2 ans), les Espagnoles (31 ans) et les Luxembourgeoises (30,9 ans). Les Françaises, elles, ont en moyenne leur premier enfant à 28,7 ans.

5% des premiers-nés en 2016 avaient une mère de moins de 20 ans, mais ce chiffre cache de grandes disparités entre Etats. Il est par exemple de 14,2%  en Roumanie et de 13,6% en Bulgarie.

La population de l'Union européenne