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Le futur de l'Europe

Actualité 18.05.2006

Cet Eurobaromètre spécial s’inscrit dans la stratégie d'information et de communication lancée par la Commission européenne en 2005. Il dresse un tableau extrêmement riche du bilan que les citoyens des 25 Etats membres tirent de 40 ans de construction européenne, et de leurs souhaits concernant l'avenir de l'Europe. 

Les Français attachés à leur pays et à leur mode de vie, mais pessimistes sur l'avenir de la France et de l'Europe

Comme dans la plupart des pays européens, les Français se déclarent unanimement heureux de vivre dans leur pays (94%, +4 points par rapport à la moyenne européenne).

Ils affichent également, comme la plupart des autres Européens, une pleine satisfaction dans leur vie aussi bien familiale (92%, +2 points) que professionnelle (83%, -2 points).

Et pourtant, 36% d’entre eux avouent avoir des fins de mois difficiles (i.e. "des difficultés à payer toutes leurs factures en fin de mois"). L’indice reste toutefois en deçà de la moyenne européenne (37%), une majorité de personnes reconnaissant avoir des difficultés à "joindre les deux bouts" au Portugal (61%), en Grèce (58%), en Italie (58%), et en Lituanie (54%).

Dans l'ensemble, les Français apparaissent également comme les plus pessimistes des Européens lorsqu'ils expriment que, d’une manière générale, les choses vont dans la mauvaise direction en France (68%, +25 points) comme en Europe (48%, +21 points).

Bilan en demi-teinte pour l'Union européenne

Seuls 44% des Français (-5 points) considèrent ainsi que l’appartenance de la France à l’Union européenne est une bonne chose.
 
Ce chiffre contraste fortement avec l’indice récemment publié dans l’Eurobaromètre flash 178 : 75% des personnes interrogées avaient alors répondu par l’affirmative. Cette dernière étude, toutefois, ne mesurait pas la proportion d'indécis parmi les répondants : 36% des personnes interrogées (+4 points) estiment aujourd’hui que l’appartenance de la France à l’Union européenne n’est ni une bonne, ni une mauvaise chose.

Plus d’un tiers des Français jugent l’Union européenne inefficace (41%, -2 points). Comme la plupart des Européens, ils portent un regard critique sur la performance européenne en matière de lutte contre le chômage (3,4/10), de protection des droits sociaux (4,3/10), de croissance économique (4,7/10) et d’aide aux personnes défavorisées dans le monde (4,9/10).

Au contraire, ils jugent assez favorablement les résultats obtenus en matière de protection des droits de l’homme (5,9), de lutte contre le crime organisé (5,7) et le terrorisme (6), de sécurité alimentaire (5,8), de prévention des grands problèmes de santé (5,7), de coopération en matière de recherche et d’innovation (5,9), de promotion de la paix et de la démocratie dans le monde (5,5) et pour assurer la continuité de l’approvisionnement énergétique (5,7).

Les Français considèrent comme une réussite la paix (64%, +4 points), le marché unique (44%, -12 points), l’euro (36%, +9 points) et les programmes d’échanges pour les étudiants comme Erasmus (21%, +3 points). Ils estiment cependant que beaucoup reste à faire en termes d’intégration politique (56%, +11 points), d’intégration économique (42%, +5 points) et de coopération culturelle (39%, +4 points).

L’Union européenne conserve néanmoins une image positive en France : si les Français désignent volontiers l’Union européenne comme "technocratique" (60%, +11 points), ils la considèrent également majoritairement comme "moderne" (59%, -8 points), "démocratique" (59%, -8 points) et "protectrice" (46%, -8 points).

Un système de protection sociale pour rapprocher les Européens !

Interrogés sur les moyens de renforcer la citoyenneté européenne, les Français, comme les Européens dans leur ensemble, désignent avant tout la mise en place d’un système européen de protection sociale (37%, +5 points). Un Français sur deux (60%, -2 point) se déclare d’ailleurs favorable à l’harmonisation des systèmes de protection sociale nationaux.

Viennent ensuite l’adoption d’une constitution européenne (29% en France, +2 points) et le droit de voter "à toutes les élections organisées dans l’Etat membre où l’on vit" (29%, +8 points). Les Français citent également, et plus volontiers que leurs concitoyens, l’élection d’un président de l’Union au suffrage universel (26%, +10 points).

A noter qu’un Britannique sur quatre (25%) n’aspire tout simplement pas à être "citoyen européen".

En outre, si la majorité des Français (57%, +5 points) avoue ne pas être intéressée par la politique européenne, 41% (+10 points) seraient prêts à participer à des référendums organisés à l’échelon communautaire.

Les Français et l’avenir : l’Europe en plus !

Interrogés sur l’avenir de l’Europe, les Français paraissent dans l'ensemble favorables à ce que plus de décisions soient prises à l'échelle européenne, dans de nombreux domaines :

  • sécurité : lutte contre le crime organisé (83%, + 8 points) et lutte contre le terrorisme (88%, +8 points) ;
  • environnement : protection de l’environnement (79%, + 7 points) ;
  • santé : sécurité alimentaire (74%, +8 points), prévention des grands problèmes de santé (79%, +10 points) ;
  • social : égalité de traitement entre les hommes et les femmes (76%, +11 points) ;
  • économique : croissance de l’économie (61%, +1 point) la protection des droits sociaux (52%, -4 points), la lutte contre le chômage (50%, -1 point), la protection de l’agriculture (60%, +3 points) ;
  • la recherche : coopération en matière de recherche et d’innovation (78%, +4 points) ;
  • énergie : assurer la continuité de l’approvisionnement en énergie (73%, +4 points).

Les Français jugent par ailleurs "utile pour l’avenir de l’Europe" que :

  • les niveaux de vie deviennent comparables (53%, +2 points) ;
  • l’euro soit introduit dans tous les pays membres (31%, +4 points) ;
  • une constitution commune soit adoptée (29%, +4 points) ;
  • une langue commune soit désignée (21%, -1 point) ;
  • les frontières extérieures de l’UE soient bien définies (19%, comme la moyenne européenne) ;
  • une armée commune soit créée (19%, +10 point).

Alors que le futur élargissement de l'Union européenne est avant tout perçu par l'ensemble des Européens avec "espoir" (30%) et dans une moindre mesure avec "indifférence" (17%), il inspire "agacement" (26%, +14 points) et "peur" (24%, +9 points) aux Français.

De même, contrairement à la majorité des Européens (55%), seule une minorité de Français (42%) juge l’élargissement de l’Union comme un événement positif. Ils estiment également qu’un nouvel élargissement engendrerait des problèmes sur le marché de l’emploi (72%, +9 points). Pourtant, un Français sur deux (50%, -11 points) reste convaincu que la poursuite de l’élargissement améliorerait l’influence de l’Union européenne dans le monde.

Le futur de l'Europe (pdf)

Cet Eurobaromètre spécial fait partie de la vague Eurobaromètre 65.1 et couvre les 25 Etats membres de l'Union européenne. En France, l’enquête a été réalisée par TNS Sofres du 20 février au 24 mars 2006, auprès d'un échantillon de 1022 personnes représentatif de la population âgée de 15 ans plus. L’échantillon a été sélectionné selon la méthode aléatoire à phases multiples.