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Le défi climatique : une opportunité pour l'Europe ?

Actualité 05.02.2007

Plusieurs experts étaient réunis à Sciences Po, le 5 février, autour de Sir Nicholas Stern, auteur d'un rapport sur l'économie du changement climatique. Laurence Tubiana, directrice de la Chaire développement durable de Sciences Po et directrice de l'IDDRI animait cette rencontre sur le thème : "Le défi climatique : une opportunité pour l'Europe ?"

 

 

Le rapport Stern et ses implications pour l'UE

L'originalité du rapport Stern est sa tentative de chiffrer le "coût de l'inaction en matière environnementale".  Ainsi, si l'on agissait aujourd'hui pour stabiliser les émissions de gaz carbonique à 550 ppm (parties par millions), niveau requis pour une hausse des températures de "seulement" 3°C, l'investissement annuel nécessaire serait de l'ordre de 1 % du PIB mondial. Mais, "si nous ne renversons pas la tendance actuelle, le coût pourrait s'élever au minimum à 5 % du futur PIB" dans un futur proche, prévient Sir Stern.

L'économiste britannique estime que si l'on agit au plus vite, les retombées des mesures visant à lutter contre le réchauffement climatique ne devraient pas trop nuire à la compétitivité et à la croissance. Il insiste sur le fait que l'on peut "mener de pair croissance et lutte contre le changement climatique".    



Sir Stern préconise 3 grands axes politiques pour réduire les émissions de gaz à effet de serre :
- l'application du principe "pollueur/payeur" avec la mise en place d'un marché du carbone ;
- l'investissement dans une politique énergétique capable de promouvoir les technologies propres ;
- l'amélioration de l'efficacité énergétique et la lutte contre la déforestation.

 

L'action collective internationale sera la seule réponse efficace dans le domaine de la lutte contre le changement climatique. Dans ces conditions, l'UE, qui a déjà exercé une action novatrice, doit désormais "porter ce combat sur plusieurs fronts".

Sir Nicholas Stern indique à l'Union européenne 4 grandes actions à mener :"montrer la voie en réduisant elle-même ses émissions", "mettre en place un marché des technologies propres", "monter au créneau sur le terrain des idées et de la recherche" et "développer la coopération internationale, notamment avec les Etats-Unis, l'Inde et la Chine".

Ces préconisations rejoignent en partie les propositiosn faites par la Commission européenne dans son Plan d'action sur l'énergie et l'environnement présenté le 10 janvier.

La lutte contre le changement climatique : nouveau "ciment" pour l'Europe ?

Les divers intervenants présents lors de la conférence ont confirmé le rôle particulièrement important qu'ils attribuent à l'Union européenne sur les questions environnementales.

Pour Pierre-Alian Muet, adjoint au Maire de Lyon, l'UE est l'acteur le plus à même d'agir efficacement étant donné le caractère global de l'action à mener.

Christian de Boissieu, président délégué du Conseil d'analyse économique aquant à lui indiqué que la construction européenne ne retrouvera pas l'assentiment des citoyens par le biais du débat constitutionnel, mais plutôt par la prise en charge des questions énergétiques et climatiques. Si l'UE à 27 ne trouve pas d'accord il est nécessaire d'envisager une coopération renforcée car "le jeu en vaut la chandelle", a-t-il ajouté.

La députée UMP Nathalie Kosciusko-Morizet a assimilé la lutte contre le changement climatique à un "identifiant fort pour l'UE" et même à une "nouvelle frontière pour l'Europe".

Au-delà des mécanismes institutionnels, il s'agit surtout d'obtenir "l'adhésion du plus grand nombre" comme l'a rappelé l'expert indépendant Pierre Radanne. Selon lui, le risque d'une incompréhension dans l'opinion publique est réel et l'action européenne doit avant tout faire preuve de pédagogie.


 Télécharger le rapport Stern (en anglais)