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Le début de la fin pour l'unité belge ?

Actualité 14.06.2010

Hier, dimanche 13 juin 2010, les citoyens belges étaient appelés aux urnes un an plus tôt que prévu suite à la démission du Premier ministre Yves Leterme. Des élections sur fond de conflit linguistique, qui ont vu la victoire sans précédent des indépendantistes en Flandre, et celle plus classique des socialistes en Wallonie. Des résultats qui ne semblent pas encore répondre à la question existentielle : la Belgique va-t-elle restée unie ?

Des résultats sans précédent

Sur les 150 sièges de la Chambre des députés belges, 88 vont aux Flamands (néerlandophones) et 62 aux Wallons (francophones et germanophones). Dans l’agglomération de Bruxelles, qui est mixte, les électeurs votent au choix pour des candidats francophones ou néerlandophones.

Les divergences opposant francophones et néerlandophones ces dernières années pouvaient la prédire. Mais la victoire des indépendantistes aux dernières élections législatives belges reste sans précédent.

Le parti N-VA (Nouvelle Alliance flamande), mené par Bart de Wever, a en effet obtenu 26% des voix en Flandre, région néerlandophone du nord du pays où vit la majorité de la population belge (60%).

Un score jusqu'alors jamais obtenu par un parti prônant l'indépendance de la Flandre lors d'un scrutin législatif fédéral. La Volksunie, parti nationaliste flamand fondé en 1954, avait bien obtenu 19% des voix lors d'une élection, mais c'était en 1971.

Du côté francophone, c'est le Parti socialiste qui a remporté les élections avec 36,5% des voix en Wallonie et à Bruxelles.

Ces élections, organisées de façon anticipée suite à la démission le 26 avril dernier du Premier ministre Yves Leterme, ont très clairement sanctionné la politique menée par ce dernier. Son parti n'a récolté que 17,5 % des suffrages.

Un score à peine supérieur à celui cumulé des deux autres partis indépendantistes, le Vlaams Belang (extrême droite) et la Liste De Decker (populiste), qui cumulent à eux deux 16,4% des voix.

Si l'on additionne les scores de ces deux partis à celui de la N-VA le message est clair : plus de 46% des Flamands ont voté en faveur de l'indépendance.

"L’homme au nœud papillon", futur Premier ministre belge ?

Qui succédera à Yves Leterme, le Premier ministre démissionnaire ? Les résultats des élections législatives ne suffisent pas à le prédire.

En effet, le système électoral belge (voir encadré), impose que soit formé par les grands partis vainqueurs un gouvernement de coalition, qui doit négocier afin de choisir son Premier ministre, qui est ensuite nommé officiellement par le roi de Belgique, Albert II.

Le parti socialiste belge devra donc apprendre à travailler avec la N-VA, alors que tous deux s'opposent sur l'avenir même de la Belgique. Ainsi, le parti de Bart de Wever souhaite une plus grande autonomie de la Flandre, avec notamment un système de sécurité social à part.

Mais Bart de Wever a déjà fait savoir qu'il ne briguerait pas le poste de chef du gouvernement. Le siège pourrait donc revenir à Elio di Rupo, le leader du Parti socialiste wallon, qui a fait connaître don intention de le briguer au soir des élections.

Il pourrait ainsi devenir le premier francophone à diriger un gouvernement depuis le Bruxellois Paul Vanden Boeynants, en 1979.

En faisant comprendre par voie de presse qu'il avait entendu l'appel des Flamands à plus d'autonomie, il apparaît comme le candidat du compromis. De là à gérer une division complète de la Belgique ?

Si les pronostics vont bon train, les négociations pourraient bien être longues. Il avait fallu, rappelons-le, plus de six mois de concertation entre les partis avant la nomination d'Yves Leterme.

 

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Belgique : l'élection de la dernière chance ? - Touteleurope.fr