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Le couple franco-allemand avance mais ne rassure pas les marchés

Actualité 17.08.2011

Face à une crise européenne de la dette qui n'en finit pas, le sommet franco-allemand organisé mardi 16 août était très attendu. Il s'est soldé par l'annonce de plusieurs mesures de coordination économique.

Nicolas Sarkozy et Angela Merkel ont tout d'abord préconisé la mise en place d'un gouvernement économique de la zone euro, qui se réunirait deux fois par an et ne serait pas constitué des ministres des Finances mais des chefs d'Etat et de gouvernement des Etats-membres. Ce gouvernement économique aurait à sa tête un président stable élu pour deux ans et demi. Il pourrait s'agir d'Herman Van Rompuy, actuel président du Conseil européen.

L'idée de créer une taxe sur les transactions financières a par ailleurs été avancée. Nicolas Sarkozy a ainsi déclaré que les "ministres des Finances allemand et français déposeront sur la table des instances européennes une proposition commune, dès le mois de septembre prochain". Une idée déjà évoquée par le Parlement européen en mars dernier, qui avait voté en faveur de la mise en place d'une telle taxe au niveau européen afin de récolter près de 200 milliards d'euros par an.

Mais les modalités de cette mesure n'ont pas été encore précisées, que ce soit le taux choisi, la portée de la taxe ou l'affectation des fonds récoltés. Le Parlement européen imaginait lui une taxe de 0.01 à 0,05 %. La ministre française du Budget, Valérie Pécresse, souhaite de son côté que le produit de cette taxe serve à financer l'aide au développement et la réduction des déficits.

Dans un autre registre, les deux dirigeants ont insisté sur la nécessité d'adopter avant l'été 2012 une "règle d'or" dans les 17 pays membres de la zone euro afin d'inscrire le retour à l'équilibre des finances publiques et l'équilibre budgétaire dans leurs constitutions.

Enfin, la France et l'Allemagne envisagent de mettre un place début 2012 un impôt commun sur les sociétés, harmonisé avec un même taux et une même assiette. Ils espèrent créer ainsi une dynamique de convergence dans la zone euro pour que d'autres pays suivent le pas.

Cependant, Nicolas Sarkozy et Angela Merkel ont balayé d'un trait l'idée de créer des euro-obligations, qui aurait mutualisé les dettes des Etats, estimant que cela reste prématuré et que risquerait de mettre en péril des pays stables.

Pour François Fillon, Premier ministre français, ce sommet a "posé les fondements d'un véritable Fonds monétaire européen".

Il s'agit d' "une contribution politique importante de la part des deux plus grandes économies de cette zone!", a déclaré de son côté  le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso.

Pour autant ces mesures ne semblent pas pour le moment avoir rassuré les bourses européennes ce mercredi 17 août, qui ont pour la plupart ouvert en baisse ce matin.