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Laurent Wauquiez, le nouveau "Monsieur Europe" du gouvernement français

Actualité 15.11.2010

C'est certainement l'un des postes qui connaît le plus de "turn over" au sein du gouvernement français. Après Jean-Pierre Jouyet, Bruno Le Maire, et Pierre Lellouche, Laurent Wauquiez est devenu dimanche 14 novembre le nouveau ministre délégué aux Affaires européennes de Nicolas Sarkozy. Un poste quelque peu redoré puisque ses prédécesseurs n'étaient que secrétaires d'Etat. Maire du Puy-en-Velay, il a auparavant occupé les fonctions de porte-parole du gouvernement et de secrétaire d'Etat chargé de l'Emploi.

Du Conseil d'Etat aux Affaires européennes : parcours du nouveau ministre

Un ministre 2.0 ?

Le nouveau ministre délégué aux Affaires européennes a un compte Twitter ... et l'utilise ! C'est d'ailleurs sur le réseau social qu'il s'est exprimé en premier hier soir, en twittant "Nouveau et gros challenge : après l'emploi, l'Europe. Et si les 2 étaient liés ?"

Conscient de l'importance de ces nouveaux moyens de communication, Laurent Wauquiez possède également un compte Facebook, ainsi qu'un site Internet, www.wauquiez.net.

Né en 1975, Laurent Wauquiez est le benjamin du nouveau gouvernement de François Fillon. Une précocité que l'on retrouve dans l'ensemble de son parcours. Sorti major de promotion de l'ENA en 2001, il entre au gouvernement à seulement 32 ans, le 19 juin 2007, en tant que secrétaire d'État, porte-parole du second gouvernement Fillon.

Agrégé d'histoire à 24 ans, il commence sa carrière comme auditeur puis rapporteur au Conseil d'Etat. Il entre en politique lors des élections législatives de juillet 2004 où il est élu député UMP de la 1ère circonscription de la Haute-Loire, à 29 ans et avec 62,38% des voix. Cela fait de lui le plus jeune député français. Il prend alors la succession de Jacques Barrot, devenu commissaire européen.

Réélu en 2007 avec plus de 58% des voix, il est nommé en 2008 secrétaire d'État chargé de l'Emploi auprès de Christine Lagarde, ministre de l'Économie, de l'Industrie et de l'Emploi. Ses premiers chantiers sont alors la réforme de l'assurance chômage, le nouveau service public de l'emploi, le plan pour l'emploi des séniors et la réforme de la formation professionnelle. La même année, il emporte la Mairie du Puy-en-Velay.

Suite à l'annonce de sa nomination aux Affaires européennes dimanche 14 novembre, Laurent Wauquiez a déclaré au quotidien Le Progrès : "ma nomination est une belle promotion et un super challenge. Je suis fier pour la Haute-Loire car nos départements ont besoin de l'Europe. Je resterai un élu de terrain au service de la Haute-Loire pour une Europe de terrain. Car l'Europe ne doit pas être déconnectée du terrain. J'ai une pensée pour Jacques Barrot qui est un grand européen et qui a occupé un poste de commissaire à la Commission européenne. Quant à ce nouveau gouvernement c'est une équipe de pros, resserrée, qui assurera la meilleure sortie de crise pour la France".

Passage de flambeau dans une période chargée sur le plan européen

Un ministre germanophone ... et phile !

Laurent Wauquiez est un adepte du marathon de Berlin, mais ce n'est pas tout ce qu'il apprécie en Allemagne. C'est d'ailleurs dans la capitale allemande qu'il a choisi de se rendre le 16 novembre, avant même la passation de pouvoir avec Pierre Lellouche. Le nouveau ministre a rencontré son homologue allemand, Werner Hoyer, et s'est engagé, dans un allemand parfait à s’ "appuyer sur le franco-allemand, force motrice, pour faire avancer l’Europe". Le ministre allemand a quant à lui trouvé "génial que [Laurent Wauquiez ait] réussi à vernir ici pour [son] premier jour de travail"


Nommé secrétaire d'Etat en juin 2009, Pierre Lellouche quitte donc les bureaux de la rue Esnault-Pelterie, mais reste au gouvernement puisqu'il a été nommé au Commerce extérieur.

C'est un programme chargé qui attend Laurent Wauquiez. L'Europe va se pencher dans les mois à venir sur deux dossiers de taille : l'éventuelle réforme du traité de Lisbonne, nécessaire à la mise en place du mécanisme de sauvetage de la zone euro, voulue par l'Allemagne mais qui est loin de convaincre l'ensemble des Etats membres, et les négociations sur le futur budget européen.

Sur ce point, les débats risquent d'être animés, au sein du Conseil mais également dans les échanges avec le Parlement européen, ce dernier ayant désormais un véritable poids dans les négociations budgétaires. Or, alors que les Etats membres souhaitent jouer les fourmis en période d'austérité économique, les eurodéputés leur demandent d'augmenter les moyens de l'Union européenne. Les discussions devraient donc porter sur les ressources budgétaires, et notamment sur un impôt européen, objet de discorde depuis de nombreuses années déjà.

Les relations entre la France et les institutions, en premier lieu la Commission européenne, avaient été marquées ces derniers mois par des tensions certaines autour de la question des Roms. Il appartiendra au nouveau ministre de les restaurer. Mais pour certains, le simple fait que le poste soit passé d'un secrétariat d'Etat à un ministère, même délégué, est déjà le signe de l'intérêt de la France pour les questions européennes.

Ainsi pour le chef de la délégation française du Parti populaire européen au Parlement, Jean-Pierre Audy, "que le chef de l'Etat et le Premier ministre aient confié les affaires européennes à un ministre plein, et non pas à un secrétaire d'État : c'est une marque d'intérêt pour les affaires européennes à laquelle seront sensibles les partenaires de la France en Europe à commencer par les gouvernements des autres Etats membres".

Laurent Wauquiez devrait présenter demain son programme à la presse, conjointement avec sa ministre de tutelle, Michèle Alliot-Marie, qui remplace Bernard Kouchener aux Affaires étrangères. Les jours à venir permettront d'en savoir plus sur ce nouveau venu sur la scène européenne.



Sources

Composition du nouveau Gouvernement - 14/11/10 - Portail du gouvernement