Derniers articles publiés

Laurent Wauquiez : "Il faut redonner envie d'Europe aux citoyens"

Actualité 16.02.2011

Mardi 15 février, c'est devant un parterre de journalistes européens, réunis par l'association des journalistes européens au CAPE, que Laurent Wauquiez a exposé sa vision d'une "Europe offensive". Dans un contexte d'actualité européenne chargée, il a répondu sans détour aux questions sur les révolutions arabes, la Turquie, l'information européenne, ou encore la zone euro. Tour d'horizon des grands sujets européens par le ministre chargé des Affaires européennes.

Voir la vidéo (03'24)



 

 

Immigration clandestine : "L'Europe peut mieux faire"'

Face à la situation inédite qui se déroule aux portes de l'Europe, Laurent Wauquiez a réaffirmé la volonté de l'Europe "d'aider la Tunisie en Tunisie, d'aider l'Egypte en Egypte". Fortement ébranlés par des révolutions populaires,  ces pays connaissent des situations politiques et économiques fragiles.

Pour le ministre, il est important de "mettre les moyens pour les aider à exporter sur nos marchés, de les aider à se développer". Toutefois, la position de la France sur les immigrés tunisiens arrivés à Lampedusa reste inchangée : "Nous ne voulons pas créer un appel d'air pour une immigration illégale". Développement économique et soutien aux nouveaux régimes sont les maîtres mots de la diplomatie française.

Quel est le rôle de Frontex ? Comment fonctionnent les équipes RaBIT ?


Toutefois, "l'Europe peut mieux faire" selon le ministre : "On laisse chaque pays se défendre tout seul alors que nos frontières sont des frontières européennes". Il rappelle la nécessité d'un renforcement des dispositifs Frontex et RaBIT (les équipes d'intervention rapide aux frontières) et le besoin de plus de coordination dans le domaine de la gestion des frontières.

Economie et commerce : Pour une Europe "offensive"

Quelque peu éclipsée par les événements dans le monde arabe, la consolidation de la zone euro reste la grande priorité de la France. Actuellement en négociation au niveau européen, le pacte de convergence et de compétitivité est contesté par plusieurs Etats membres. "On ne peut avoir un euro qui est hors sol, en apesanteur, sans lien avec les économies européennes" affirme Laurent Wauquiez.

Le pacte de convergence et de compétitivité ne devrait pas être uniquement défensif, il s'agit de rendre "les économies européennes plus performantes pour qu'elles créent plus d'emplois" a-t-expliqué.

Sur le plan commercial, le ministre a également rappelé l'importance d'appliquer le principe de réciprocité dans les échanges avec les pays tiers : "Il faut être moins dans une logique naïve de libre-échange et plus dans une logique d'échanges justes". "Dès cette année nous appliquerons la réciprocité dans les marchés publics", a-t-il annoncé.

Identité : Une Europe qui assume ses racines

A l’heure où le multiculturalisme est vivement critiqué par plusieurs responsables politiques européens, Laurent Wauquiez met l'accent sur les valeurs européennes. Très critique de la frilosité européenne à assumer sa propre identité, il affirme qu'une "identité construite sur le sable, sur l'artifice, ne permet pas à s'ouvrir aux autres". S'attaquant aux ponts imaginaires qui illustrent les billets européens alors que pourraient y figurer par exemple des clochers, il prône un retour aux valeurs et aux racines de l'Europe.

Citoyenneté : "Il faut redonner envie d’Europe"

"L'Europe et vous" de Toute l'Europe

Informer les citoyens sur leurs droits, rendre plus visible l'Europe concrète et ses actions dans le quotidien des Européens, font partie des missions principales de Toute l'Europe. Ainsi, nous publions régulièrement des articles sur des thématiques qui concernent directement les citoyens comme le chargeur universel pour les téléphones mobiles ou encore la publicité sur les médicaments

Laurent Wauquiez a souhaité entamer sa conférence de presse avec un constat : "nous n’avons jamais eu autant besoin d’Europe, et pourtant le doute n’a jamais été aussi fort". Evoquant le fossé qui ne cesse de se creuser entre l’Europe et ses citoyens, le ministre délégué aux Affaires européennes a indiqué qu’il ne laisserait pas l’Europe aux eurosceptiques, "aux Mélenchons et aux Le Pens".

Il faudrait donc "redonner envie d’Europe", ce qui implique de "sortir des grands débats politiques pour parler de l’Europe concrète". M. Wauquiez a ainsi déploré qu’il n’y ait "quasiment plus de grandes émissions européennes", faisant notamment référence à feu l’émission France Europe Express.

Répondant à une question d’un journaliste sur comment mieux communiquer sur l’Europe, il a appelé la profession à faire "aussi un peu de balayage devant [sa] porte". Il souhaite "évoquer le sujet notamment avec le service public audiovisuel et radiophonique", tout en rappelant qu’il n’a pas vocation à influencer les grilles de programmes.

Le ministre a indiqué qu’il entamerait cette année un tour de France pour parler d’Europe aux citoyens, l’Europe quotidienne et concrète justement, afin de sensibiliser le plus grand nombre aux effets locaux des actions de l’UE, et pour "lancer des débats en France sur l'Europe que nous voulons, à laquelle aspirent les Français".

Elargissement : "Il n'y a aucune évolution de la position française sur la Turquie"

Outre les questions essentielles abordées de nouveau par le ministre lors de l’interview accordée à Toute l’Europe (l’immigration, l’aide à la Tunisie et l’Egypte, le pacte de convergence et de compétitivité ou encore le multiculturalisme), Laurent Wauquiez a également été invité, au fil des questions de la salle, à s’exprimer sur le dossier turc.

Sur ce point, il a clairement affirmé que la position française concernant la candidature de la Turquie à l’Union européenne n’avait pas changé. "La Turquie est un modèle pour le monde arabe ? Tant mieux, sa vocation est donc de faire le pont entre ce monde et l'Europe", a-t-il affirmé.

Et de préciser pour dissiper tout doute que "ce n'est pas aux pays voisins de dicter sa conduite à l'Union européenne en matière d'élargissement".