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Laurent Wauquiez dresse un bilan positif du Conseil européen

Actualité 22.12.2010

C'est dans une ambiance plutôt bon enfant qu'au eu lieu, hier, la première audition par la commission des Affaires européennes de l'Assemblée nationale du nouveau ministre des Affaires européennes, Laurent Wauquiez. Si la commission a pour tradition d'auditionner le ministre après chaque Conseil européen, afin d'être informée des positions diplomatiques françaises et des conclusions adoptées, les députés ont également profité de l'occasion pour faire part de leur ressenti plus général sur l'état de l'Europe.

Tandis que l'Europe ne semble pas au meilleur de sa forme, Laurent Wauquiez tient à garder son optimisme. C'est un discours enthousiaste et musclé qu'il a servi hier aux députés de la commission Affaires européennes de l'Assemblée nationale, venus en nombre pour l'écouter. Trois eurodéputées, Sophie Auconie, Marielle Gallo et Françoise Grossetête, s'étaient même jointes à la discussion, initiative saluée par le nouveau ministre.

En guise de prélude, ce dernier a fortement insisté sur le chemin parcouru par l'Europe. Le couple franco-allemand se porte bien, les dirigeants européens ont adopté toutes les recommandations du rapport Van Rompuy, les institutions ont même trouvé un accord sur le budget, qu'on jugeait impossible le mois dernier...

Surtout, avec le Conseil européen, l'Europe a réussi à passer d'une logique de réaction, d'abord lente (6 mois pour venir en aide à la Grèce), à une logique d'anticipation, avec l'adoption d'un mécanisme permanent de soutien aux pays en difficultés, qui remédie enfin au "défaut congénital de l'euro". Au Conseil, estime-t-il, c'est la solidarité qui a primé.

L'accueil réservé au ministre a été chaleureux dans l'ensemble, mais certains députés ont souhaité minorer cet excès d'enthousiasme vis-à-vis des "déclarations incantatoires du Conseil européen".

"L'enthousiasme ne s'oppose pas au réalisme !"

Aussi, alors que Laurent Wauquiez a particulièrement insisté sur l'importance de la relation avec l'Allemagne, une entente "pas exclusive mais absolument nécessaire", plusieurs députés se sont au contraire inquiétés de la tournure que prenait cette relation qui leur apparait comme un alignement trop systématique de la France sur l'Allemagne. "Il ne faut pas avoir de complexe d'infériorité par rapport à l'Allemagne", a répondu le ministre : " il n'y en a pas un qui pédale et l'autre qui tient le guidon !" a-t-il insisté, rappelant le fléchissement des positions allemandes concernant l'aide à la Grèce, la gouvernance économique et la politique agricole commune.

En outre, dans les rangs des députés, nombreux étaient ceux qui identifiaient, et regrettaient, un affaissement de l'Europe sur de multiples sujets : la politique industrielle, le commerce extérieur, ou encore l'énergie et l'environnement.

A ce propos, les députés qui avaient fait le déplacement au sommet climatique de Cancùn ont critiqué l'excès de satisfaction de la part du Conseil européen, eux qui avaient au contraire trouvé l'Europe trop effacée. Là encore le ministre a préféré insister sur les aspects positifs : Copenhague avait été un échec, mais Cancùn a abouti. L'Europe était unie dans les deux cas, et est arrivée mieux préparée à Cancùn. "Mais être unie ne suffit pas. L'Europe doit construire des coalitions en usant de son influence", a-t-il prévenu.

Toujours sur le plan des relations internationales, la discussion s'est aussi focalisée sur le commerce, et les notions de réciprocité et de bénéfice mutuel, dont Laurent Wauquiez a précisé qu'elles figuraient grâce à la France dans les conclusions du Conseil européen comme un impératif dans les relations avec les partenaires commerciaux : "L'Europe accepte la libre concurrence si tout le monde joue le même jeu", a-t-il résumé.

Visibilité, efficacité, simplicité

Tout au long de son discours, Laurent Wauquiez a mis en avant ses "convictions profondément européennes", en vertu desquelles l'Europe, en contexte de compétition mondiale exacerbée, était "une question de bon sens", "notre meilleur bouclier et notre meilleure épée". Mais l'Europe, si elle doit continuer de protéger ses citoyens, doit aussi se réformer, et en particulier se simplifier. Depuis la chute de la Commission Santer pour mauvaise gestion, a expliqué le ministre, l'Europe a fait preuve d'un excès de zèle dans les gardes fous qu'elle a mis en place, au détriment de l'efficacité. Par exemple, les associations ou les entreprises ont encore trop de mal à rentrer dans les circuits européens, ce qui nuit autant à son efficacité qu'à son image.

L'efficacité doit aussi être budgétaire pour le ministre, qui a dû justifier devant les députés des raisons qui ont poussé la France à envoyer une lettre, conjointement avec l'Allemagne et le Royaume uni, pour limiter l'augmentation du budget européen. "Ce faisant, la France ne se place pas du côté des eurosceptiques. Mais Bruxelles n'intègre pas nos besoins de réduire nos déficits. Au lieu de dépenser plus, nous devrions dépenser mieux".

Quelques pistes lancées par les députés pour mieux communiquer sur l'Europe : mettre davantage en avant la politique régionale, ou bien intégrer la chaîne Euronews au bouquet gratuit de la TNT, comme dans l'ensemble des autres Etats européens.


Dans la même veine, les députés ont mis en avant la nécessité pour le ministère des Affaires européennes de communiquer davantage sur des sujets européens. Le ministre souhaite centrer les actions de communication sur l'Europe concrète, comme la protection du consommateur ou bien le programme Erasmus, afin que le citoyen puisse répondre à la question : "que fait l'Europe à côté de chez moi ?".

Il est conscient que les citoyens doutent de plus en plus à l'égard de l'Europe : "On n'a jamais tant eu besoin d'Europe qu'aujourd'hui, et pourtant on n'a jamais eu autant d'euroscepticisme". Mais pour lui, ces doutes, aujourd'hui, sont essentiellement conjoncturels et pourraient rapidement se retourner. Encore une note positive, donc, pour le quatrième ministre des affaires européennes du gouvernement de Nicolas Sarkozy, qui a conclu la rencontre par une phrase qui résume bien son état d'esprit : "l'enthousiasme ne s'oppose pas au réalisme !"


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