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László Trócsányi : "Sur les dossiers économiques, la présidence hongroise se coordonnera avec la France, qui préside le G20"

Actualité 17.01.2011

A l'occasion d'un petit-déjeuner débat organisé par le Mouvement européen France, Toute l'Europe a rencontré S.E. László Trócsányi, l'ambassadeur de Hongrie en France, pour l'interroger sur les priorités de la présidence hongroise.

Toute l'Europe : Comment avez-vous vécu la nécessité pour la présidence de réviser son choix de priorités, suite à la crise économique qui a frappé l'Europe ?

László Trócsányi : Les priorités de la présidence ont été déterminées par trois pays : l'Espagne, la Belgique et la Hongrie. A l'époque où les priorités ont été fixées, la gouvernance économique n'était pas un sujet aussi important qu'aujourd'hui. Mais après les crises en Grèce et en Irlande, il est tout à fait normal et légitime pour l'Union européenne de se saisir de cette question, de montrer le chemin vers la sortie de crise.


drapeau hongroisLe 1er janvier 2011, la Hongrie a pris la présidence du Conseil de l'UE.

Découvrez en les enjeux et les priorités

Toute l'Europe : Comment modifier le traité de Lisbonne ?

LT : C'est une énorme responsabilité. Le traité de Lisbonne a été adopté il y a trois ans, et sa ratification a été très longue et problématique. Mais les Etats membres ont bien expliqué les raisons pour lesquelles il fallait modifier le traité : trouver une base juridique pour le fonds de stabilisation. C'est Herman Van Rompuy, et sa task force, qui rédigeront le texte de l'amendement, mais la présidence hongroise mènera un énorme travail pour trouver un compromis concernant la modification du traité.


Toute l'Europe : Que prévoit la présidence en matière économique ?

LT : Outre la révision du traité, nous devrons adopter six documents juridiques qui touchent à la gouvernance économique. La Hongrie jouera un rôle primordial dans la conduite des négociations avec les Etats membres et le Parlement européen. De plus, la gouvernance économique n'est pas seulement une question européenne, c'est aussi une question mondiale. C'est justement une priorité de la présidence française du G8 et du G20. Ainsi, la France et la Hongrie devront se coordonner sur les grands dossiers économiques.


Toute l'Europe : La place donnée à l'économie est particulièrement grande pour un pays qui ne fait pas partie de la zone euro...

LT : En effet, la modification du traité ne concerne que les pays qui sont membres de la zone euro, dont la Hongrie ne fait pas partie. Mais nous participons aussi au débat ! La devise de la présidence hongroise est "une Europe plus forte". L'Europe ne peut pas être forte si l'euro ne l'est pas ! C'est donc dans l'intérêt de la Hongrie de sauver l'euro. A terme, c'est notre intérêt aussi de rejoindre la zone euro : la Hongrie ne remplit pas encore toutes les conditions pour cela, et en est encore un peu loin, mais cela reste notre objectif.


Toute l'Europe : Depuis les changements institutionnels introduits par le traité de Lisbonne, la Belgique et l'Espagne, dans l'exercice de leurs présidences, ont choisi de se tenir en retrait pour donner de l'espace aux nouvelles figures que sont Herman Van Rompuy et Catherine Ashton. Quelles relations comptez-vous entretenir avec la présidence stable ?

LT : Le rôle du pays qui détient la présidence a changé, mais cela ne signifie pas qu'il faut oublier la présidence ! Simplement il faut une meilleure coordination entre la présidence tournante et la présidence stable de M. Van Rompuy. Au début du mois, par exemple, s'est tenue en Hongrie une réunion commune entre les commissaires et le gouvernement hongrois à propos des priorités de la présidence. Mme Ashton a fait partie de la délégation européenne. C'est très important de développer ce type de coopération pour trouver un intérêt commun et parler d'une même voix dans tous les dossiers.


Toute l'Europe : En quoi consiste la stratégie pour le Danube ? Ce type de coopération régionale ne risque-t-il pas de créer des déséquilibres au sein de l’Europe

LT : La stratégie du Danube est un dossier très important pour nous. Il y a environ 100 millions d'habitants qui habitent dans les pays du Danube. Certains sont membres de l'Union européenne, et d'autres ne le sont pas. La stratégie se veut comme un pont : le Danube est un point de connexion très fort entre eux. La coopération peut passer par un très grand nombre de sujets concrets sur lesquels on peut négocier : le transport fluvial, le tourisme, la coopération régionale, etc. La Commission européenne a adopté une communication pour lancer le débat sur ce sujet, qui ne touche pas seulement les intérêts des pays du Danube mais de toute l'Europe. Par exemple, pour la France, la question du transport fluvial sur le Danube, et le moyen d'arriver à Paris en bateau, est importante. Je pense que ce sujet donnera lieu à des conclusions pendant la présidence hongroise.


En savoir plus :

La présidence hongroise du Conseil de l'UE - Toute l'Europe

Venu pour parler des priorités de la présidence, le ministre des Affaires étrangères hongrois s'explique sur la loi sur les médias - Toute l'Europe

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