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La transition au Yémen à l'ordre du jour du Parlement européen

Actualité 07.04.2011

Le Yémen sera-t-il le prochain pays à chasser ses dirigeants? C'est en tout cas la revendication principale des manifestants qui se mobilisent depuis plusieurs semaines déjà contre le président Ali Saleh, au pouvoir depuis 32 ans. La répression à leur encontre se durcit, et a déjà fait des dizaines de morts.

Les réactions des pays occidentaux n'ont pas été immédiates, car malgré la pauvreté du pays, notamment ses faibles ressources énergétiques, il représente un réel enjeu stratégique. La société yéménite est construite sur un modèle complexe où la dimension tribale est prégnante. C'est un pays sous-développé et traditionnaliste que les puissances occidentales ont du mal à appréhender.  Il n'en reste pas moins que le régime a bénéficié de largesses, en particulier des Etats-Unis qui en ont fait un élément dans sa stratégie de lutte contre le terrorisme islamiste.

 Catherine Ashton (Royaume-Uni) est Vice-présidente de la Commission en charge des Relations extérieures, Haute-Représentante de l'Union européenne pour les affaires étrangères et la politique de sécurité. 



Et c'est précisément ce qui les inquiète aujourd'hui, alors que les manifestations durent depuis deux mois. Le porte-parole de la Maison-Blanche Jay Carney se déclarait ainsi ce lundi "inquiet de voir Al-Qaida essayer de profiter d'un vide politique". C'est donc sous la pression des Etats-Unis qu'un processus de transition devrait s'enclencher dans les jours à venir, le président négociant toujours sa sortie. C'est également le vœu de la Haute représentante Catherine Ashton qui affirmait mardi que "la transition doit commencer maintenant".

Mme Ashton était donc présente ce mercredi après-midi au Parlement pour le vote d'une résolution sur la position de l'UE par rapport au Yémen, au Bahreïn et à la Syrie, autres pays où la révolte gronde. Dans ce texte, les parlementaires reconnaissent que l'Europe a souvent "négligé le dialogue avec les organisations de la société civile, en accordant plus d'importance à la stabilité qu'à la promotion des droits de l'homme", et plaident pour "conférer à l'Union le rôle d'acteur et non uniquement celui de bailleur de fonds".

Le Conseil de coopération du Golfe, qui a proposé de superviser les pourparlers entre le président Saleh et l'opposition rencontrera sous peu Mme Ashton, qui se trouve dans une position délicate. L'UE souhaite en effet augmenter rapidement sa présence dans la région et notamment son soutien financier à  ce pays dont la majorité de la population vit dans la pauvreté, or l'issue de la transition reste incertaine.

Plusieurs groupes parlementaires (GUE, S&D, Verts/ALE et ADLE) ont en tout cas appelé l'Union européenne à cesser la vente d'armes à la Syrie, à Bahreïn et au Yémen. Ils ont également suggéré un gel des avoirs et des interdictions de voyage, mesures concrètes qui selon eux ont jusqu'à maintenant fait défaut au service d'action extérieure.


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