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La Suisse, pro-européenne ?

Actualité 09.02.2009

La Suisse est prête à ouvrir son marché aux travailleurs de l'Union européenne, et ce malgré un taux de chômage record en ce début d'année. C'est en tout cas ce qui ressort du vote organisé dimanche 8 janvier sur le territoire helvétique. L'objet ? Réaffirmer l'accord sur le libre circulation des travailleurs conclu entre Berne et Bruxelles en 1992, et entré en vigueur en 2002, et accepter qu'il soit étendu à la Bulgarie et à la Roumanie.

La Suisse vote "oui" à la libre circulation des travailleurs ...

59, 6 %, c'est, selon les résultats officiels, la part de la population suisse qui a voté "oui" au référendum sur le renouvellement d'un accord de 1992, entré en vigueur en 2002, et qui assure la libre circulation des ressortissants de l'Union européenne sur le territoire de la Confédération helvétique.

Ce référendum, organisé dimanche 8 février, devait également amener les Suisses à s'exprimer sur l'extension de cet accord à la Bulgarie et à la Roumanie.

Alors que la Suisse connaît un taux de chômage record en ce début d'année, 3,3 % au 1er janvier, soit le taux le plus élevé depuis deux ans, les résultats de ce référendum en ont surpris plus d'un.

En effet, sur 26 cantons, 22 ont voté massivement en faveur de la libre circulation des travailleurs. Les trois cantons germanophones et le Tessin italophone ont quant à eux voté contre, mais restent minoritaires.

L'accord, entré en vigueur 2002, prévoyait que la Suisse devait se prononcer sur son maintien au bout de sept ans. La consultation populaire avait été réclamée par des associations de Genève et des régions italophones qui considèrent que les travailleurs frontaliers venus de France et d'Italie privent les Suisses d'emplois.

... et semble de plus en plus proche de l'Union européenne

Schengen

La Suisse a conclu un accord d'association à l'espace Schengen en 2004 qui a été approuvé  en juin 2005. Mais dans les faits, les contrôles aux frontières terrestres n'ont disparu qu'au 12 décembre 2008, tandis que la suppression des contrôles dans les aéroports suisses est prévue pour le 29 mars 2009. En outre, le référendum sur la liberté de circulation des personnes, prévu en Suisse en février 2009, sera un test majeur de la volonté des Helvètes de faire partie de l'espace Schengen.

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Alors qu'en 1992 plus de 50 % des Suisses votaient contre l'entrée de leur pays dans l'Espace économique européen, étape nécessaire et indispensable pour un pays qui souhaite adhérer à l'Union européenne, ce vote massif en faveur de la libre circulation des ressortissants européens a de quoi surprendre.

Pourtant, ces dernières années, les Suisses semblent être de plus en plus pro-européens. Ainsi, le 21 mai 2000, 67,2 % des Suisses approuvaient les "Accords bilatéraux I".

Le 5 juin 2005, quelques jours seulement après le "non" français et néerlandais à la Constitution, 54,6 % validaient la participation de leur pays aux accords de Schengen sur la libre circulation et la coopération policière.

Le 25 septembre 2005, 56 % des Suisses approuvaient l’extension des Accords bilatéraux aux dix nouveaux États membres de l’UE, et le 26 novembre de la même année, ils étaient 53,4 % à consentir au versement d’une aide de 650 millions d’euros sur cinq ans aux dix nouveaux États membres de l’Union.

Les Suisses restent cependant très divisés sur la question de l'adhésion de leur pays à l'Union européenne. Les francophones sont ainsi les plus favorables à une adhésion alors que les germanophones si opposent fermement.

De plus certains partis, comme l'UDC (Union du Centre), parti d'extrême-droite, xénophobe, mais également premier parti politique en Suisse, vont plutôt dans le sens d'un repli de la Suisse sur elle-même. La Suisse européenne ne semble donc pas être pour demain.

 

 

Sources

 

Libre circulation des personnes Suisse – UE, reconduction de l'accord après 2009 et extension à la Bulgarie et à la Roumanie - Ambassade de Suisse en France