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La Slovénie vote 'oui' à l'accord frontalier avec la Croatie

Actualité 07.06.2010

Les Slovènes ont approuvé dimanche par référendum, à 51,5% des voix, l'accord de délimitation de la frontière avec la Croatie. Ce vote lève les dernières barrières au processus d'adhésion de la Croatie à l'Union européenne. Cet accord, déjà ratifié par la Croatie, prévoit un arbitrage international sur les frontières maritimes et terrestres qui s'imposera aux deux Etats.

Dimanche 6 juin au soir ont été annoncés les résultats du référendum portant sur l'accord frontalier entre la Slovénie et la Croatie. Le "oui" à l'accord recueille 51,5% des voix. 

Avec ce vote, c'est tous les soutiens de l'adhésion de la Croatie à l'Union européenne qui poussent un soupir de soulagement. En effet, ce référendum représente la dernière barrière à l'entrée de la Croatie dans l'Union. C'est d'ailleurs cet argument que les dirigeants slovènes ont utilisé pour conclure un accord à leur avantage avec leurs homologues croates dans le conflit frontalier qui les opposait.

Un conflit pour quelques kilomètres en Méditerranée

Le conflit transfrontalier entre Slovénie et Croatie portait sur la mer Adriatique autour du partage de la baie de Piran et du tracé frontalier à l'embouchure de la Dragonja. La longue façade côtière croate draine les touristes, tandis que l'accès de la Slovénie à la mer est beaucoup plus étroit.

Lubjana revendiquait plusieurs enclaves menant à la mer au nord de la Croatie, d'autant plus intéressantes que des droits exclusifs relatifs à l'exploitation des grands fonds marins leur sont attachés (cf : voir la carte supra proposée par l'ambassade de Croatie).

Si la Slovénie ne ratifiait pas cet accord, les conséquences étaient doubles : d'une part, la Slovénie aurait bloqué par véto toute adhésion de la Croatie ; d'autre part, ce conflit aurait pu déstabiliser cette région qui se remet doucement du conflit ayant abouti à la dislocation de la Yougoslavie.

La Slovénie, un état modèle dans la construction européenne... jusqu'à ce conflit

Avant ce conflit, la Slovénie, que l'on surnomme "la Suisse slave" en référence à la mentalité "alpine" de sa population,  faisait pourtant figure d'élève modèle parmi les ex-pays de l'Est entrés dans l'Union européenne en 2004. Elle est notamment le premier de ces pays à être passé à l'euro.

Cet accord était soutenu par le Premier ministre de centre gauche Borut Pahor mais rejeté par Janez Jansa, leader de l'opposition et ancien Premier ministre. "C'est une décision historique", a dit Pahor, "résoudre notre litige frontalier avec la Croatie est la base d'une paix durable, de la sécurité et de l'amitié entre nos deux nations". 

La Premier ministre croate, Jadranka Kosor, a téléphoné à son homologue slovène après le scrutin : "il n'y aura plus de blocage. Le dialogue va certainement se poursuivre. Grâce à cet accord, nous avons dissocié les négociations de la Croatie avec l'UE et le règlement de la question des frontières".

Pour Joseph Daul, du groupe PPE, "ce résultat montre clairement que le peuple slovène est divisé sur cette question fondamentale, et le Gouvernement devra en tenir compte. Dans le même temps, le vote positif des Slovènes ouvre la voie à la poursuite du dialogue entre les deux parties, sur la base de l'accord réalisé en septembre dernier, qui prévoit un arbitrage international sur les frontières maritimes et terrestres".


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