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La Russie rêve d'une zone de libre-échange avec l'Union européenne

Actualité 26.11.2010

Après le sommet de Deauville et à la participation de la Russie au sommet de l'OTAN à Lisbonne, le rapprochement russo-européen se poursuit avec les récentes déclarations de Vladimir Poutine. Le Premier ministre russe a effectivement proposé la création d'une zone de libre-échange entre l'Union européenne et la Russie. 

"Une relation harmonieuse avec l'Europe"

Durablement touchée par la crise qui sévit depuis 2008, la Russie aimerait accélérer ses échanges économiques avec l'Union européenne. Conformément à la politique d'ouverture initiée par le Président de la Fédération de Russie, Dmitri Medvedev, le chef de son gouvernement voudrait une plus grande intégration de la Russie dans l'espace économique européen en supprimant notamment les visas entre les deux parties. Vladimir Poutine fait notamment référence aux derniers obstacles brandis par les européens à l'entrée de la Russie dans l'OMC.

A l’occasion de sa visite officielle en Allemagne du jeudi 25 au samedi 27 novembre, Le Premier ministre russe est même allé jusqu’à proposer l’établissement d’une zone de libre-échange entre l’Union européenne et la Russie, qui pourrait donner lieu à “un marché continental commun”. Sous une tonalité gaullienne, M. Poutine a indiqué que l'objectif serait "la mise en place d'un développement harmonieux de la Communauté économique de Lisbonne à Vladivostok".

Concrètement, la Russie aimerait voir la naissance d'une politique industrielle commune, si l'on se conforme aux déclarations du Premier ministre russe, celui-ci affirmant que "des alliances stratégiques entre entreprises, dans le domaine de la construction navale, aéronautique et automobile, l’industrie spatiale, mais aussi dans les secteurs médical, pharmaceutique, nucléaire et logistique seraient judicieuses”.

A l'heure qu'il est, seule Angela Merkel a réagi, estimant que la politique économique de Moscou est en contradiction avec l'initiative du Premier ministre russe de création d'une zone de libre-échange. "Je suis plutôt sceptique, les récentes initiatives russes vont dans le sens inverse", notamment en ce qui concerne la création de l'Union douanière Russie-Biélorussie-Kazakhstan, a-t-elle déclaré lors du 4e Forum économique annuel des chefs de grandes sociétés allemandes.

Des relations économiques russo-européennes difficiles

L'UE et la Russie peinent effectivement à échanger. Il demeure extrêmement difficile d'investir en Russie ou d'y installer une entreprise. Les récentes tentatives de participations russes au capital de grandes entreprises européennes ont connu plusieurs échecs.

Des tensions similaires peuvent s'observer dans le secteur de l'énergie. Après la crise du gaz en Ukraine, l'UE a cherché a se dégager de sa dépendance envers la fédération, et a engagé une compétition énergétique entre le gazoduc européen Nabucco et le gazoduc russe South Stream. A ce titre, le retrait de la société gazière allemande, qui participe au capital de Gazprom à hauteur de 3,5%, évoqué lors de la rencontre entre Poutine et Merkel illustre ces tensions sur le marché énergétique.

Un partenariat UE-Russie existe déjà

La Russie n'est pas concernée par la politique de voisinage mais un partenariat stratégique noue les deux entités. La Russie et l’Union européenne ont lancé un "dialogue énergétique" (pétrole, gaz et électricité) lors du Sommet de Paris (30 octobre 2000), pour régler les échanges énergétiques, mais de ce fait, transcende largement le cadre énergétique, tant l’énergie est un enjeu stratégique entre ces partenaires: le dialogue énergétique Russie-UE est autant, si ce n’est plus, politique qu’économique.

Au sommet de Saint-Pétersbourg en mai 2003, la Russie et l’UE ont adopté une déclaration conjointe, convenant de renforcer leur coopération en vue de créer, à long terme et conformément aux dispositions de l’Accord de partenariat et de coopération (APC), quatre espaces communs : un espace économique, de liberté, de sécurité et de justice, un espace de sécurité extérieure et un espace de recherche et d’éducation. Pour mettre en place cette coopération , une feuille de route avait été acceptée in extremis lors du Sommet de Moscou le 10 mai 2005. Ces programmes ont été largement critiqués du fait qu'ils n'impliquaient que des machines administratives sans vision stratégique claire sur les relations russo-européennes.

Les relations russo-européennes sont donc plutôt marquées par une forte dominante économique. Les questions relatives aux droits de l'homme demeurent très faibles, puisque la Russie n'accepte que peu de remarques en ce qui concerne les affaires intérieures. Les deux guerres russo-tchétchènes sont restées très confidentielles, et les récentes vagues d'assassinats de journalistes russes sont hors de portée de quelconques actions des institutions européennes, hormis la Cour européenne des droits de l'homme. Pour rappel, la présidence russe du Conseil de l'Europe en 2007 avait à ce titre soulevée de nombreuses interrogations et protestations de part de militants pour les droits de l'homme



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Article du sueddeutche.de

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