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La politique étrangère européenne (3 minutes pour comprendre l'Europe - n°22)

Synthèse 16.09.2019 Jules Lastennet

Vous n'êtes pas spécialiste des questions européennes ? Toute l'Europe vous explique l'essentiel en 30 épisodes de 3 minutes ! Institutions, espace Schengen, Brexit... redécouvrez "l'UE" simplement. Aujourd'hui : la politique étrangère de l'UE.

Logo du Service européen pour l'action extérieure (SEAE)

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L'Union européenne, ce n'est pas qu'un grand marché unique, c'est également une action extérieure commune. Celle-ci comprend les affaires étrangères, la défense, le commerce international, la politique de voisinage, ainsi que l'aide au développement et l'aide humanitaire.

Souveraineté et disparités

En matière de diplomatie et de défense, questions hautement régaliennes, les Etats membres conservent toutefois l'essentiel des compétences.

L'émergence d'une véritable politique étrangère européenne est également freinée par les grandes disparités existant entre les Etats membres sur le plan diplomatique et militaire.

La diplomatie et la défense dans l'Union européenne

Deux pays peuvent en particulier être considérés comme des acteurs mondiaux : la France et le Royaume-Uni, lequel est cependant censé quitter l'Union européenne le 31 octobre 2019. Ils possèdent tous deux un arsenal nucléaire, siègent au Conseil de sécurité de l'ONU et entretiennent un vaste réseau d'ambassades. L'Allemagne, en retrait sur la scène internationale depuis la Seconde Guerre mondiale, tend depuis peu à s'investir davantage.

Par ailleurs, seuls 22 des 28 pays de l'UE sont membres de l'OTAN, véritable bouclier militaire de l'Europe, et certains Etats sont attachés à un positionnement neutre, à l'instar de l'Autriche et de la Finlande.

Une politique récente

Après l'échec de la Communauté européenne de défense (CED) en 1954, la création d'une Coopération politique européenne (CPE) permet une diplomatie concertée entre Etats membres sur plusieurs points. Mais le conflit des Balkans, qui débute en 1991, montre les limites de cette coopération, chaque Etat défendant sa propre stratégie. C'est avec le traité de Maastricht, entré en vigueur en 1993, que l'action extérieure européenne s'institutionnalise avec la Politique étrangère et de sécurité. Elle permet alors de mener des actions communes, comme l'acheminement d'une aide humanitaire en Bosnie.

L'Union européenne noue également des partenariats avec son voisinage, à l'est de l'Europe, dans le Caucase et au sud de la Méditerranée. Tandis qu'en matière d'aide au développement, les Européens sont devenus les premiers donateurs du monde : l'UE et les Etats membres fournissaient près de 57 % des sommes allouées à l'aide au développement dans le monde en 2018.

Développement et aide humanitaire dans l'Union européenne

A partir de 1997, l'UE se dote en outre d'un chef de la diplomatie officiel, le "haut représentant", afin de mieux incarner son action extérieure. Ce rôle, renforcé en 2009, a été occupé par l'Italienne Federica Mogherini, à qui succédera l'Espagnol Josep Borrell le 1er novembre 2019, sous réserve d'approbation par le Parlement européen. Le Service européen pour l'action extérieure est sous son autorité.

Vers une Europe de la défense

Cette montée en puissance de la politique étrangère et de sécurité européenne est logiquement encouragée par l'augmentation des zones de conflit près des frontières de l'UE (comme en Ukraine ou en Syrie) et des facteurs de déstabilisation (comme le terrorisme et le changement climatique). Individuellement, les Etats européens ne sont en outre plus capables de peser face aux puissances majeures que sont les Etats-Unis, la Chine ou la Russie.

Accroître la coopération européenne en matière de défense constitue le principal enjeu pour l'avenir. Après la mise en place d'une politique spécifique pour la défense dans les années 1990 (aujourd'hui PSDC), des pas importants ont été récemment franchis ("Coopération structurée permanente", "Fonds européen de défense", "Initiative européenne de défense"), dans le but de rationaliser les dépenses militaires, d'améliorer l'interopérabilité des équipements, ou encore de constituer une force d'intervention rapide. La création d'une réelle armée européenne n'est toutefois pas d'actualité.

La politique européenne de voisinage concerne les 16 pays proches de l'UE n'ayant pour l'heure pas vocation à adhérer à l'Union : la Biélorussie, l'Ukraine, la Moldavie, la Géorgie, l'Arménie, l'Azerbaïdjan et les dix pays des pourtours sud et est de la Méditerranée (y compris l'Autorité palestinienne).