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La montée des populismes (3 minutes pour comprendre l'Europe - n°29)

Synthèse 16.09.2019 Jules Lastennet

Vous n'êtes pas spécialiste des questions européennes ? Toute l'Europe vous explique l'essentiel en 30 épisodes de 3 minutes ! Institutions, espace Schengen, Brexit... redécouvrez "l'UE" simplement. Aujourd'hui : la montée des populismes.

Viktor Orbán, Premier ministre hongrois - Crédits : Annika Haas / Flickr

Viktor Orbán, Premier ministre hongrois - Crédits : Annika Haas / Flickr

Le populisme : mal politique du XXIe siècle ? Le phénomène existe depuis l'Antiquité, mais ce courant a en effet le vent en poupe depuis plusieurs années, notamment en Europe.

Nationalisme et euroscepticisme

Donner une définition unique et convaincante du populisme se révèle en revanche difficile. Pêle-mêle, les partis qui s'en réclament prônent le protectionnisme, le nationalisme, la démocratie directe, ainsi que la "défense du peuple contre les élites". Par conséquent, ces partis se retrouvent autour d'une critique plus ou moins violente de la construction européenne, qu'ils présentent souvent comme un projet antidémocratique et ultra-libéral.

La plupart des mouvements populistes européens ont également en commun de rejeter les schémas politiques traditionnels. La radicalité de leurs discours fait qu'ils se situent plutôt aux extrêmes gauche et droite des paysages politiques, même si certains partis aux positions ambivalentes sont plus difficilement classables.

Michel Wieviorka : Le populisme est "un discours qui prétend parler d'en bas pour dénoncer le monde d'en haut"

France, Italie, Allemagne…

Et rares sont les pays européens à échapper à leur progression. La France peut à cet égard être vue comme un précurseur. Le Rassemblement national, auparavant Front national, réalise en effet des scores élevés depuis maintenant plus de 30 ans.

L'Italie se trouve dans une situation similaire avec plusieurs partis désormais bien enracinés pouvant être qualifiés de populistes. C'est le cas de la Ligue (Lega), située à l'extrême droite. Cette dernière formation a d'ailleurs récemment été au pouvoir, de juin 2018 à septembre 2019, aux côtés d'un "ovni" politique également populiste, le Mouvement 5 étoiles.

Plus récemment, d'autres pays d'Europe occidentale ont à leur tour connu une poussée du populisme : l'Allemagne, les Pays-Bas, la Suède, le Danemark ou encore l'Espagne. Des Etats qui figurent parmi les plus prospères du continent et du monde et réputés pour leur grande stabilité. Le lien fréquemment évoqué entre vigueur du populisme et difficultés économiques et sociales n'est donc que partiel.

Ainsi, si le déclassement ou la peur de celui-ci sont bien des facteurs incontournables dans la progression des mouvements populistes, c'est également le cas des enjeux de souveraineté et d'identité. Les idées de "société fermée" et de "nation homogène" font partie des argumentaires de nombreux leaders populistes.

Groupe de Visegrád

C'est le cas notamment à l'est de l'Europe, dans des pays tels que la Hongrie, la Pologne, la République tchèque ou la Slovaquie, qui forment à eux quatre le groupe de Visegrád. Ces Etats, longtemps sous la domination de l'Union soviétique, défendent leur indépendance vis-à-vis de Bruxelles et rejettent farouchement l'idée de solidarité européenne dans la crise migratoire.

Qu'est-ce que le groupe de Visegrád ?

En Hongrie et en Pologne notamment, l'arrivée au pouvoir de dirigeants populistes de droite radicale entraîne même des mesures visant à réduire l'Etat de droit. L'indépendance de la justice ou la liberté de la presse sont par exemple remises en cause. Dans ces pays, le populisme est accompagné par le principe contradictoire de "démocratie illibérale".

En Hongrie, le populiste de droite radicale Viktor Orbán est au pouvoir depuis 2010. Au niveau européen, il est membre du Parti populaire européen, qui regroupe les principaux partis conservateurs, comme Les Républicains. Sa formation politique, le Fidesz, en a cependant été suspendue, sans pour autant en être exclue, en mars 2019.