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La "Garantie jeunes", rempart contre le chômage massif des jeunes actifs

Actualité 11.06.2013

23,5% des jeunes européens étaient au chômage au mois d'avril 2013. Tel est le triste constat dressé par Eurostat il y a quelques jours. Face à ce fléau qui ne cesse de s'agrandir, la France et l'Allemagne ont annoncé le 28 mai le lancement d'un "New Deal" pour l'emploi des jeunes. Il devrait se concrétiser en France par le plan "Garantie jeunes", cofinancé par le Fonds social européen.

De quoi s'agit-il ?

Au début de l'année, le gouvernement a créé un groupe de travail ad hoc afin d'étudier et de préciser le dispositif de la "Garantie jeunes", destiné aux jeunes sans formation et sans emploi. Cette Garantie fait partie du Plan pluriannuel contre la pauvreté et pour l'inclusion sociale, adopté en comité interministériel le 21 janvier 2013. Le 5 juin dernier, Emmanuelle Wargon et Marc Gurgand ont remis au Premier ministre le rapport du groupe de travail. Celui-ci détaille les modalités précises de ce plan et leur application sur l'ensemble du territoire français.

Les dix territoires pilotes choisis pour expérimenter le nouveau dispositif seront désignés dans les semaines qui viennent. Pour en faire partie, ils doivent avoir transmis un Appel à manifestation d'intérêt (AMI) aux Préfets départementaux et aux présidents de Conseil général. Selon le rapport remis au Premier ministre, "le choix des territoires pilotes veillera à assurer un équilibre géographique et à embrasser des contextes variés".

A partir du mois de septembre 2013, et durant douze mois, cette garantie accompagnera 10 000 jeunes au chômage résidant dans dix territoires "tests". Si la mesure est peu ambitieuse durant sa première année, elle devrait progressivement monter en charge et venir en aide à près de 100 000 NEETs (en anglais Not in Education, Employment or Training) d'ici 2016. Le plan visera tout d'abord à mieux encadrer les jeunes en difficulté. Piloté et aiguillé par un conseiller référent de mission locale, chaque chômeur sera intégré au sein d'un dispositif renforcé d'accompagnement, qui le mettra directement en relation avec le conseiller et des employeurs potentiels. Ce dispositif contractuel garantira à chaque jeune pris en charge la possibilité de réaliser une première expérience professionnelle, tout en garantissant un revenu minimum équivalent au RSA.

L'objectif est de créer plusieurs cercles locaux de solidarité et d'insertion professionnelle, réunissant pouvoirs publics, missions locales pour l'emploi et entrepreneurs. Les jeunes décrocheurs seront accompagnés et coachés par les membres des missions locales, qui devront accompagner et co-construire la trajectoire et l'autonomie professionnelles des NEETs pris en charge. Ceux-ci sont accompagnés durant un an, et doivent se trouver en situation d'insertion durable dans le monde du travail (alternance, contrat aidé, CDD de plus de 6 mois, CDI) à la fin de cette période. Si tel n'est pas le cas, ils seront aidés et accompagnés dans le cadre des procédures "normales" déjà existantes.

Quels financements ?

Le dispositif "Garantie jeunes" sera en partie financé par l'UE, dans le cadre de "l'initiative pour l'emploi des jeunes". Elle représente 6 milliards d'euros dans le projet de cadre financier pluriannuel pour la période 2014-2020. La "Garantie jeunes", qui figure dans le paquet sur l'emploi des jeunes proposé par la Commission européenne, sera financé par les crédits européens du Fonds social européen (FSE) dans le cas où les territoires pilotes présentent un taux de chômage des jeunes supérieur à 25%. C'est le cas de la Picardie, du Nord-Pas de Calais, du Languedoc-Roussillon et des quatre collectivités d'outre-mer, entre autres. La Banque européenne d'investissement sera également mise à contribution pour financer et subventionner les entreprises embauchant des jeunes décrocheurs.

Mais cette initiative ne suffit pas pour certains chefs d'Etat et de gouvernement. Mercredi 5 juin, Mariano Rajoy a exhorté ses homologues à prendre des "décisions" et augmenter les financements européens pour lutter contre le chômage des jeunes, qui frappe plus d'un Espagnol sur deux (56,4%). Il faut "montrer qu'on s'occupe des vrais problèmes des gens", a ainsi déclaré le Premier ministre espagnol. L'emploi des moins de 25 ans devrait être au centre du prochain Conseil européen, organisé les 27 et 28 juin prochains.

En savoir plus

Rapport "Garantie jeunes" – Gouvernement français