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La France dans l'Union européenne

Synthèse 30.08.2017 Vincent Lequeux

Quel est le poids de la France dans le monde et au sein de l'Union européenne ? Quel rôle joue-t-elle dans la construction européenne ? Comment est-elle représentée auprès des institutions européennes ? L'essentiel sur la question en 3 minutes.

La France dans l'Union européenne

La France, puissance mondiale et européenne

La France est, devant l'Espagne et la Suède, le pays le plus étendu d’Europe occidentale. Sa superficie est d'environ 633 000 km2 (550 000 km2 pour la seule France métropolitaine), ce qui représente environ 15% du territoire européenne.

Sur le continent européen, la France a des frontières communes avec la Belgique, le Luxembourg, l’Allemagne, la Suisse, l’Italie, l’Espagne et possède une double ouverture maritime sur la mer du Nord et la Manche, ainsi que sur l’océan Atlantique et la mer Méditerranée.

Carte simplifiée de la France métropolitaine

Avec 67 millions d'habitants en 2017, elle représente environ 0,9% de la population mondiale et 12% de la population européenne. En termes de population, elle se classe ainsi au 20e rang mondial et au 2e rang européen, derrière l'Allemagne.

Lieu de transit entre le nord et le sud du continent, la France est intégrée par un réseau de transport aérien, routier et ferroviaire avec ses voisins. Elle effectue l’essentiel de ses échanges commerciaux avec ses partenaires européens.

Premier pays touristique et deuxième puissance agricole du monde, la France connaît de nombreux succès industriels (automobile, aérospatial, pharmacie, pétrochimie). Sixième puissance économique mondiale et troisième européenne (après l'Allemagne et le Royaume-Uni), son produit intérieur brut (PIB) est estimé à 2 570 milliards d'euros en 2017 (selon le FMI). Elle fait ainsi partie des principales puissances économiques du monde, regroupées au sein du G7. En termes de PIB par habitant, elle se classe à la 24e place mondiale et à la 10e dans l'Union européenne. Son indice de développement humain se situe dans la moyenne européenne, à 0,897.

Ces dernières années, l'économie française a également été marquée par un fort endettement public (96% du PIB en 2017), une croissance atone (1,1% en 2016) et un important taux de chômage (9,6% en 2016), parmi les plus importants de l'Union européenne.

Enfin, la France est une importante puissance diplomatique et militaire. Membre permanent du Conseil de sécurité de l'ONU, elle fait partie des neuf puissances nucléaires du monde, un privilège qu'elle partage avec le Royaume-Uni au sein de l'Union européenne.

Grâce à l'étendue de son Outre-mer, elle possède la seconde puissance maritime au monde ainsi que de nombreux points d’appuis géostratégiques. De par son histoire coloniale, elle joue également un rôle de puissance régionale en Afrique. Une influence qui transparaît notamment dans le poids de la francophonie (3% de la population mondiale sur les cinq continents).

La France avec l'ensemble des territoires d'outre-mer. Source : Wikipedia

La France avec l'ensemble des territoires d'outre-mer. Source : Wikipedia

La France

Le poids de la France dans la construction européenne

La construction européenne prend une place prépondérante dans la politique étrangère française dès 1945. Le rapprochement entre la France et l’Allemagne, dont Jean Monnet, Robert Schuman et Konrad Adenauer sont les principaux artisans, aboutit à la création de la Communauté européenne du charbon et de l'acier (CECA) en 1951, autour de laquelle va se construire le projet européen.

La France joue un rôle décisif dans la fondation de la CEE (le Marché commun), née du traité de Rome (1957), mais elle freine également à plusieurs reprises l'intégration européenne. En 1954, elle repousse la création de la CED (Communauté européenne de défense), puis pratique une "politique de la chaise vide" en 1965-66, sous la présidence du général De Gaulle, pour s'opposer aux velléités fédéralistes de ses partenaires. Toutefois, l'amitié de de Gaulle avec le chancelier Adenauer facilite la coopération franco-allemande, faisant de celle-ci un "moteur" de la construction européenne. Le traité de l'Elysée scelle en 1963 la réconciliation entre les deux pays.

La France s’implique également beaucoup dans la création de l’Union européenne avec le traité de Maastricht ratifié par référendum en 1992, qui aboutit au lancement de l'euro. Plus tard, les Français refuseront le projet de traité constitutionnel lors du référendum de mai 2005, à 54,87%.

Depuis le grand élargissement de 2004, la France cherche à conserver son rôle moteur dans la construction européenne. En 2008, elle s'est ainsi impliquée aux côtés de l'Allemagne pour faire face à la crise financière. Elle cherche également à se positionner comme tête de file des pays de l'Europe du Sud et des pays méditerranéens, en plaidant pour une alliance euro-méditerranéenne forte.

Avec le vote par référendum de la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne, la France tente de redonner un nouveau souffle à l'Union européenne, notamment au sein d'un couple franco-allemand renforcé. Elu en 2017, le président Emmanuel Macron est particulièrement favorable à une intégration européenne renforcée autour d'un noyau dur d'Etats membres, à une relance de l'investissement ou encore à un approfondissement de la zone euro passant par la création d'un ministre, d'un parlement et d'un budget spécifiques. Il souhaite également lancer des conventions démocratiques dès la fin 2017 dans l'ensemble de l'Union européenne, pour redéfinir ses priorités.

[Revue de presse] Angela Merkel confirme sa volonté de renforcer la zone euro

Les couples franco-allemands : ciment de la construction européenne

La représentation française au sein de l'UE

La France, comme ses partenaires européens, agit sur tous les fronts pour faire entendre sa voix et défendre ses intérêts au sein de l'Union européenne. Elle dispose pour cela d'un appareil institutionnel spécifique. Outre le président de la République et les ministres présents aux conseils, c'est le Premier ministre qui dirige l'action européenne du gouvernement. Il assure la coordination interministérielle pour arrêter les positions françaises et dispose, pour ce faire, d'un Secrétariat général des affaires européennes.

Le ministre chargé des Affaires européennes (aujourd'hui Nathalie Loiseau) représente le gouvernement auprès des institutions, informe les élus et les citoyens sur l'évolution des dossiers européens et la position défendue par le gouvernement français et gère la contribution française au budget européen.

La représentation permanente des intérêts français auprès des institutions européennes est assurée par une "Ambassade" auprès de l'Union européenne, la Représentation permanente de la France (RPUE), basée à Bruxelles.

Par ailleurs, les élus européens, nationaux, régionaux et locaux peuvent être amenés à jouer un rôle de représentation de la France au sein de différentes institutions.

La France dans les institutions européennes 
Avec 19,01 milliards d’euros en 2015, la France est le deuxième pays contributeur au budget de l’Union, derrière l’Allemagne et devant le Royaume-Uni. Elle accueille le siège du Parlement européen à Strasbourg, ainsi que celui de plusieurs agences européennes dont l'Autorité européenne des marchés financiers (AEMF). Elle détient 74 sièges sur les 751 du Parlement européen, et 29 voix sur les 260 nécessaires à l'obtention d'une majorité qualifiée au Conseil de l'UE.

La représentation de la France au sein de l'Union européenne

Débats et perspectives

Depuis plusieurs années, nombre d'observateurs soulignent la perte d'influence française au sein de l'Union européenne. La question a fait l'objet d'un rapport parlementaire, qui relève que la France a, ces dernières années, disparu des présidences des institutions majeures de l'Union européenne (parlement, conseil européen, commission). Les derniers élargissements en sont l'une des raisons : ils ont mécaniquement réduit le poids de chaque pays mais également déplacé le centre de gravité de l'UE vers l'Est.

Par ailleurs, la mauvaise santé économique du pays lui a affaibli son poids diplomatique au détriment de l'Allemagne, tandis que le succès des partis eurosceptiques, notamment lors des élections européennes de 2009, conjugué à la diminution du nombre de lauréats français aux concours de la fonction publique européenne, ont amoindri la voix de la France au sein des institutions.

Toutefois, une étude publiée en juillet 2017 estime que la France serait désormais le pays le plus influent au monde en matière de "soft power", un indicateur qui estime sa capacité à convaincre et à influencer par des moyens non coercitifs (gastronomie, culture, numérique…).

Un autre débat récurrent concerne l'appartenance à l'Union européenne elle-même. Tandis que plusieurs partis eurosceptiques prônent une sortie de la France de l'UE, 70% des Français restent opposés à un "Frexit", tandis que 57% voient dans l’appartenance de la France à l’UE une "bonne chose" (et 31% "une mauvaise chose").

La situation géographique du Parlement européen fait aussi régulièrement l'objet de controverses. Son siège étant situé à Strasbourg mais l'essentiel du travail des députés ayant lieu dans le bâtiment bruxellois, ceux-ci doivent effectuer une navette entre les deux villes environ une fois par mois pour les sessions plénières. Ce qui amène certains d'entre eux à réclamer un déménagement de l'institution dans la capitale belge, une option à laquelle la France s'est toujours vivement opposée.