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La dépendance énergétique européenne

Carte et comparatif 10.01.2018

En février 2016, l'Office européen des statistiques (Eurostat) a publié un état de la dépendance énergétique européenne. Cette dépendance du continent aux importations, notamment de pétrole et de gaz, est au centre des préoccupations politiques relatives à l'Union de l'énergie. Les tensions entre l'Europe et la Russie autant que l'instabilité du cours du pétrole ou encore l'imprévisible issue du conflit au Moyen-Orient amènent à s'interroger sur les risques que fait encourir ce manque d'indépendance de l'Union européenne. D'où vient l'énergie européenne et quels pays en importent le plus ? La réponse en carte.

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La dépendance énergétique au plus bas dans 9 Etats membres

Le taux de dépendance énergétique

Ce taux, qui représente la part d'énergie importée par rapport au total d'énergie consommée, montre à quel niveau une économie repose sur ses importations pour subvenir à ses besoins en énergie

Les trois pays européens au meilleur ratio énergie consommée / produite sont, en 2015, l'Estonie (7,4%), le Danemark (13,1%) et la Roumanie (17,1%), suivis par la Pologne (29,3%), la République tchèque (31,9%), la Suède (30,1%) et la Bulgarie (35,4%).

Parmi les cinq Etats membres consommant les plus grandes quantités d'énergie, les moins dépendants de leurs importations sont le Royaume-Uni (37,4%) et la France (46%), à l'inverse de l'Allemagne (61,9%), de l'Espagne (73,3%) et de l'Italie (77,1%).

Il faut souligner que certains pays dépendent presque exclusivement de sources d'approvisionnements extérieures. C'est le cas de Chypre (97,7%), de Malte (97,3%), du Luxembourg (95,9%), de l'Irlande (88,7%), de la Belgique (84,3%) et de la Lituanie (78,4%).

L'UE dépend des importations pour un peu plus de la moitié de sa consommation d'énergie

En 2015, l'Union européenne dépend, pour 54% de sa consommation d'énergie, de ses importations. Le reste de l'énergie est produite sur le sol européen.

Sur le long terme, la dépendance énergétique européenne a augmenté depuis 1990. Cette évolution n'est pas constante. Depuis 2008, plus haut pic de dépendance enregistré à ce jour, l'Union produit chaque année un peu plus d'énergie.

L'indépendance énergétique européenne dépend des politiques adoptées par les Etats membres. Les Etats sont autonomes dans le choix de leurs sources d'approvisionnement et de leur mix énergétique.

La Russie, fournisseur majoritaire de l'Union européenne

En 2015, sur l'ensemble de ses importations, 37% du gaz, 29,1% du pétrole et 29,1% des combustibles solides sont russes. Le second pays dont dépend le plus l'Union est la Norvège, seul pays européen à produire plus d'énergie que ce qu'il n'en consomme, avec un taux de dépendance énergétique de -585,9%. Ce manque de diversité dans les partenariats rend les pays plus sensibles à un risque de rupture d'approvisionnement énergétique, d'autant plus lorsqu'ils ne dépendent que d'un fournisseur pour l'ensemble de leur consommation. 

Plus particulièrement, les relations avec la Russie ont suscité des inquiétudes quant à la pérennité d'un partenariat énergétique russo-européen. Après l'abandon du projet de gazoduc South Stream (devant permettre à la Russie de fournir l'Italie, l'Autriche et les Balkans), le projet North Stream 2 (toujours en négociations entre l'Allemagne et la Russie) fait l'objet d'une vive opposition, en particulier en Pologne et au sein de la Commission européenne.

Le "paquet sécurité énergétique"

Pour favoriser l'indépendance énergétique des pays membres, la Commission européenne a présenté le 16 février 2016 son premier "paquet législatif" sur la sécurité énergétique, censé approfondir l'Union de l'énergie.

La Commission souhaite tout d'abord encourager le recours au gaz naturel liquide (GNL). Ce combustible, facile à transporter et à stocker, aujourd'hui encore peu exploité, pollue moins que le pétrole ou le charbon. Le GNL permettrait à l'UE de diversifier ses partenaires commerciaux en se tournant vers l'Australie, l'Iran, la Turquie ou le Nigéria. Cependant, cela reste un combustible fossile dont l'utilisation engendre une production de méthane.

Une autre mesure concernerait les nouveaux contrats négociés dans le domaine du gaz et du pétrole. La Commission européenne souhaiterait s'exprimer a priori sur la conformité des accords conclus par les Etats membres avec les objectifs de l'Union de l'énergie. Les pays ne pourront signer l'accord sans tenir compte de l'avis de la Commission. Le projet a déjà fait l'objet de négociation, et devra être approuvé par le Conseil et le Parlement européen.

Enfin, un nouveau règlement approuvé par le Parlement européen permettra de renforcer la coopération entre les états membres. Une fois le texte validé par le Conseil, les pays confrontés à une pénurie de gaz pourront bénéficier de l'aide de leurs voisins afin d'approvisionner les ménages et services sociaux essentiels.

Sources :