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La dépendance énergétique européenne

Carte et comparatif 24.06.2019

En 2018, l'Office européen des statistiques (Eurostat) a publié un état de la dépendance énergétique européenne. Cette dépendance du continent aux importations, notamment de pétrole et de gaz, est au centre des préoccupations politiques relatives à l'Union de l'énergie.

La dépendance énergétique diminue dans 12 Etats membres en 2016

Les trois pays européens au meilleur ratio énergie consommée / produite sont, en 2016, l'Estonie (6,8 %), le Danemark (13,9 %) et l'Islande (19 %), suivis par la Roumanie (22,3 %), la Pologne (30,3 %), la Suède (32 %), la République tchèque (32,7 %), et le Royaume-Uni (35,3 %).

Le taux de dépendance énergétique

Ce taux, qui représente la part d'énergie importée par rapport au total d'énergie consommée, montre à quel niveau une économie repose sur ses importations pour subvenir à ses besoins en énergie. Des valeurs positives supérieures à 100 % indiquent une accumulation de stocks au cours de l'année de référence.

Parmi les cinq Etats membres consommant les plus grandes quantités d'énergie, les moins dépendants de leurs importations sont le Royaume-Uni (35,3 %) et la France (47,1 %), à l'inverse de l'Allemagne (63,5 %), de l'Espagne (71,9 %) et de l'Italie (77,5 %).

Il faut souligner que certains pays dépendent presque exclusivement de sources d'approvisionnements extérieures. C'est le cas de Malte (100,9 %), de Chypre (96,2 %), et du Luxembourg (96,1 %).

L'UE dépend des importations pour un peu plus de la moitié de sa consommation d'énergie

En 2016, l'Union européenne dépend, pour 53,6 % de sa consommation d'énergie, de ses importations. Le reste de l'énergie est produite sur le sol européen.

Sur le long terme, la dépendance énergétique européenne a augmenté depuis 1990 (à l'époque, les importations d'énergie ne représentaient que 44 % du total) et a connu son plus haut pic en 2008.

L'indépendance énergétique européenne dépend des politiques adoptées par les Etats membres. Les Etats sont autonomes dans le choix de leurs sources d'approvisionnement et de leur mix énergétique. Toutefois, la production d’énergie primaire dans l’UE était de 15 % plus faible en 2016 que dix ans auparavant, même si la part d'énergies renouvelables à considérablement augmenté.

La Russie, fournisseur majoritaire de l'Union européenne

En 2016, sur l'ensemble de ses importations, 39,9 % du gaz, 31,9 % du pétrole et 30,2 % des combustibles solides sont russes. Le second pays dont dépend le plus l'Union est la Norvège, seul pays européen à produire plus d'énergie que ce qu'il n'en consomme, avec un taux de dépendance énergétique de -644,4 %. Ce manque de diversité dans les partenariats rend les pays plus sensibles à un risque de rupture d'approvisionnement énergétique, d'autant plus lorsqu'ils ne dépendent que d'un fournisseur pour l'ensemble de leur consommation. 

Plus particulièrement, les relations avec la Russie ont suscité des inquiétudes quant à la pérennité d'un partenariat énergétique russo-européen. Après l'abandon du projet de gazoduc South Stream (devant permettre à la Russie de fournir l'Italie, l'Autriche et les Balkans), le projet North Stream 2 (toujours en négociations entre l'Allemagne et la Russie) fait l'objet d'une vive opposition, en particulier en Pologne et au sein de la Commission européenne.

Le "paquet sécurité énergétique"

Pour favoriser l'indépendance énergétique des pays membres, la Commission européenne a présenté le 16 février 2016 son premier "paquet législatif" sur la sécurité énergétique, censé approfondir l'Union de l'énergie.

La Commission souhaite tout d'abord encourager le recours au gaz naturel liquéfié (GNL). Ce combustible, facile à transporter et à stocker, aujourd'hui encore peu exploité, pollue moins que le pétrole ou le charbon. Le GNL permettrait à l'UE de diversifier ses partenaires commerciaux. Ainsi, entre juillet 2018 et mai 2019, les importations de GNL en provenance des Etats-Unis ont augmenté de 272 % même si la Russie demeure la source d'approvisionnement principale de l'UE. En outre, cela reste un combustible fossile dont l'utilisation engendre une production de méthane.

Une autre mesure concernerait les nouveaux contrats négociés dans le domaine du gaz et du pétrole. La Commission européenne souhaiterait s'exprimer a priori sur la conformité des accords conclus par les Etats membres avec les objectifs de l'Union de l'énergie. Les pays ne pourront signer l'accord sans tenir compte de l'avis de la Commission. Le projet a déjà fait l'objet de négociation, et devra être approuvé par le Conseil et le Parlement européen.

Enfin, un nouveau règlement approuvé par le Parlement européen permettra de renforcer la coopération entre les états membres. Une fois le texte validé par le Conseil, les pays confrontés à une pénurie de gaz pourront bénéficier de l'aide de leurs voisins afin d'approvisionner les ménages et services sociaux essentiels.