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La crise de la zone euro dans le collimateur des ministres des Finances du G 20

Actualité 05.11.2012

Les craintes d'une rechute grave de l'économie mondiale sont encore bien présentes au G20 qui s’est ouvert, hier, à Mexico. "Le G20 exhorte les gouvernements à prendre des mesures pour réduire le climat d'incertitude", a ainsi déclare le vice-ministre mexicain des Finance Gerardo Rodriguez Regordosa, dont le pays préside le forum. Malgré les problèmes persistants de l'économie européenne, le G20 presse également les Etats-Unis d'agir sur leur budget dont les failles pourraient bientôt avoir des répercussions sur l'économie mondiale et l'économie japonaise en particulier.

Première alarme sur le budget américain

La perspective de hausses d'impôts et de réductions de dépenses aux Etats-Unis constitue la principale menace à court terme pour l'économie mondiale, selon les ministres des Finances du G 20 qui souhaiteraient voir une réaction américaine rapide pour échapper à ce scénario de "mur budgétaire".

Sauf accord au Congrès après les élections de mardi, quelque 600 milliards de dollars de réductions de dépenses publiques et de hausses d'impôt prendront effet le 1er janvier 2013, menaçant de faire dérailler la reprise de l'économie américaine.

"Si les Etats-Unis ne règlent pas ce problème de mur budgétaire, l'économie américaine mais aussi l'économie mondiale et l'économie japonaise seront affectées. Chaque membre du G20 va donc presser les Etats-Unis de faire vite", a déclaré hier le gouverneur de la Banque du Japon, Masaaki Shirakawa, avant la réunion des ministres des finances et banquiers centraux du G20 à Mexico.

La crise de la zone euro parmi les principales préoccupations

Lors de discussions préparatoires, les représentants européens se sont montrés particulièrement préoccupés par la situation américaine. Ils n’auront cependant pas réussi  à faire passer la crise économique en Europe au second plan. L'accent a été mis sur l'accélération de la mise en œuvre des différents mécanismes récemment mis en place par l'UE.

Plus concrètement, le G 20 a reconnu une certaine atténuation de la crise depuis que la Banque centrale européenne (BCE) a présenté, en septembre, un plan de rachat d'obligations souveraines destiné à faire baisser les coûts de refinancement de pays en difficulté. Cependant il a mis en question la fonctionnalité de ces mécanismes. "Nous devons montrer aux marchés" que l'Europe a "bâti des pare-feu qui fonctionnent", a expliqué  le vice-ministre mexicain. "Et pour montrer qu'ils fonctionnent, ils doivent être utilisés", ajoute-t-il. Selon de nombreux journaux, il s’agit là d’une allusion à peine voilée à la situation espagnole, le pays n’ayant toujours pas formulé de demande d’aide aux institutions européennes.

La question de la Grèce fait toujours débat et l’octroi d’un éventuel délai à Athènes pour atteindre ses objectifs budgétaires, toujours pas décidé, n'a pas été oublié par les grands argentiers du G 20. Ils ont insisté sur le fait que les dirigeants européens devront rassurer leurs partenaires sur l'avancée des négociations.

Des avancées restent peu probables à Mexico, d'autant que tous les regards de la planète restent fixés sur les élections américaines. D'ailleurs, certains des principaux ministres et banquiers centraux se sont fait représenter. Le secrétaire américain Timothy Geithner - qui devrait se retirer après l'élection de mardi - mais aussi son homologue chinois et le président de la BCE Mario Draghi n'ont pas fait le déplacement au Mexique. Le communiqué final sera publié aujourd'hui à l'issue de la réunion de deux jours.