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La Commission surveille le plan français d'aide à l'industrie automobile

Actualité 13.02.2009

Quelques jours après l'annonce par Nicolas Sarkozy d'un plan d'aide au secteur automobile français, son Premier ministre, François Fillon, s'est rendu à Bruxelles afin de rencontrer José Manuel Barroso, président de la Commission européenne. L'occasion pour ce dernier de mettre en garde la France contre la tentation protectionniste, alors que le plan d'aide français fait l'objet de vives attaques de la part des autres Etats membres.

La Commission européenne va analyser le plan français

6 milliards d'euros

C'est le montant du prêt accordé par le gouvernement français à Renault et PSA Peugeot-Citroën, à un taux de 6 % et sur une durée de 5 ans.
"Il faut être sûr qu'un plan national, que ce soit un plan français ou d'autres plans nationaux, ne puisse pas avoir d'effets collatéraux négatifs pour d'autres pays membres."

A l'occasion de sa rencontre à Bruxelles avec le Premier ministre français, José Manuel Barroso a mis en garde la France contre la dérive protectionniste à laquelle elle pourrait céder.

Le président de la Commission européenne a rappelé que "c'est le rôle de la Commission" de veiller à la conformité de ce plan avec le droit communautaire, et qu'elle sera toute aussi vigilante "pour les aides d'autres pays membres".

José Manuel Barroso a ainsi indiqué que la Commission allait étudier attentivement le plan français afin de s'assurer de sa conformité avec le droit communautaire en matière de concurrence.

Il a également profité de sa rencontre avec M. Fillon pour appeler les Etats membres à ne pas céder au repli sur soi, dans une période économiquement dure pour l'ensemble de l'Union européenne.

François Fillon : "La France ne fait pas de protectionnisme"

A l'occasion de la conférence de presse accordée conjointement avec José Manuel Barroso à l'issue de leur rencontre, François Fillon a affirmé que "la France ne fait pas de protectionnisme car, naturellement, [elle] n’impose aucune condition à ses constructeurs quant à leurs investissements à l’intérieur de l’Union européenne !".

Répondant aux accusations dont la France fait l'objet depuis plusieurs jours de la part de ses partenaires européens, la République tchèque en tête, le chef du gouvernement a expliqué que la France a "souhaité que la Banque centrale européenne puisse prêter aux constructeurs automobiles directement, comme le fait la Banque centrale américaine aux constructeurs automobiles américains".

Cela étant impossible pour des raisons liées au Traité, "il n’y a pas d’autres solutions que celle que nous avons choisie, c’est-à-dire de prêter nous-mêmes, à des taux d’intérêt qui sont des taux d’intérêt du marché, les sommes nécessaires pour que l’industrie automobile française continue de survivre dans une crise qui est une crise extrêmement grave" a continué M. Fillon.

Appelant les Etats membres à coordonner leur action dans la lutte contre la crise économique, François Fillon a également annoncé qu'il avait proposé à la Commission européenne la mise en place d'un "vaste Plan européen sur la mobilité électrique, qui mobilise tous les moyens européens en matière de crédits de recherche, de prêts, mais aussi de normalisation pour bâtir le plus rapidement possible la nouvelle génération de transport propre en Europe !"

 

Sources

Point presse conjoint de François Fillon et de José Manuel Barroso - 13/02/09 - Portail du Premier ministre

 

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