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L'Union européenne veut s'imposer sur la scène internationale

Actualité 19.10.2010

Confronté à plusieurs dossiers d'actualité, l’Union européenne, représentée par Catherine Ashton, prend de plus en plus ses marques dans le domaine des relations internationales. Récemment, les sujets internationaux abondent et l'Union européenne se doit d'être présente sur toutes les problématiques internationales.

Une seule voix pour l'Union européenne


La traditionnelle illisibilité au niveau international de l'Europe caractérisée par les voix discordantes des chancelleries européennes, lesquelles étaient tournées en dérision par Henry Kissinger, ne semble plus être d'actualité.  L'un des apports les plus concrets du traité de Lisbonne est la simplification en terme diplomatique de l'Union européenne. Les présences d'un président permanent du Conseil européen en la personne d'Herman Van Rompuy et de Catherine Ashton à la tête du Service Européen pour l'Action Extérieure constituent indéniablement un atout pour la politique extérieure de l'Union européenne.

Un agenda diplomatique chargé

A l'occasion de la visite d'Hilary Clinton à Bruxelles, jeudi 14 octobre et vendredi 15 octobre, de nombreux points ont entedu une voix claire de l'Union européenne. Au sujet notamment de la crise humanitaire au Pakistan, la voix de l'Union européenne a répondu à celle d'Hilary Clinton. Se prononçant sur la crise humanitaire qui sévit au Pakistan suite aux inondations, la Secrétaire d'Etat américaine avait, en début de journée, critiqué le faible effort humanitaire des Pakistanais en comparaison des engagements financiers pris par les Etats-Unis et l'Union européenne. Plus tard, lors d'une réunion dénommée "les amis du Pakistan démocratique" et co-présidée par Catherine Ashton et le ministre des Affaires étrangères pakistanais, la haute représentante de l'Action extérieure européenne  réaffirmait sa volonté de promouvoir la sécurité et la stabilité au Pakistan. Une manière pour Catherine Ashton de faire passer clairement ce "principal message" constituant la position unique de l'Union européenne.

La présence lors de cette réunion du Ministre iranien des Affaires étrangères a contribué également à la reprise en main par Mme Ashton du dossier nucléaire iranien qui empoisonne les relations entre les Nations-unis et l'Iran. Rappelons que Catherine Ashton a été désignée comme intermédiaire entre les six grandes puissances (les cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l'ONU et l'Allemagne) et l'Iran. Accusée d'avoir délaissé la table des négociations, le successeur de Javier Solana a proposé une reprise des négociations pour la mi-novembre au gouvernement iranien, qui a accueilli favorablement cette main tendue. Cette initiative a reçu également le soutien ferme des Etats-Unis, par la voix d'Hillary Clinton, de passage à Bruxelles pour assister à la réunion de l'OTAN et pour rencontrer les responsables européens.

Les difficultés de l'Europe à l'ONU


Cependant, cette nouvelle et relative unité européenne dévoile vite ses limites. A l'ONU, les récentes entrées de l'Allemagne et du Portugal au sein du conseil de sécurité de l'ONU en tant que membres non permanents n'ont pas permis d'étayer  la position européenne sur les Droits de l'Homme et la démocratie. L'UE n'a pas réussi le mois dernier à changer son statut au sein des Nations unies où elle continue de n'être admise qu'en tant qu'observateur. Des alliés historiques comme le Canada ou la Nouvelle Zélande n'ont pas appuyé ce changement de statut. Ainsi, "cette défaite cuisante a été plus qu’une humiliation pour l’UE", a déclaré Paul Luif, spécialiste de l’Europe à l’Institut autrichien des Affaires internationales de Vienne. "Elle témoigne d’un manque de soutien croissant pour une Europe qui semble de moins en moins efficace aux Nations unies" selon M. Luif. Depuis quelques années, il est avéré que la Chine entretient de plus en plus de relations commerciales et politiques avec le tiers monde. Présente surtout en Afrique,  le gouvernement chinois ne conditionne pas la signature des traités commerciaux d'une exigence en matière de démocratie au contraire de la politique de conditionnalité en matière de droits de l'Homme menée par l'Union européenne. Cependant, cet affaiblissement relatif de l'UE pourrait être compensé par le rôle actif que l'Allemagne entend vouloir jouer. Forte d'une santé économique retrouvée,  son entrée au sein du Conseil de sécurité de l'Onu pourrait jouer en faveur de l'Union européenne.

 

L'Union européenne veut peser au Proche-Orient


De plus, dans certains domaines l'Union européenne tente de reprendre la main et d'imposer son point de vue. Déjà premier bailleur de fond humanitaire pour l’Autorité palestinienne, l'Union européenne, à travers la visite de Bernard Kouchner et son homologue espagnol Miguel Moratinos, a pour ambition de peser sur les négociations de paix. Cette tournée européenne au Proche-Orient a connu de bons résultats puisque les deux hommes ont pu rencontrer les hommes clés des négociations actuelles entre l'Etat hébreux et l'Autorité palestinienne. "Nous sommes sortis de là avec l'impression que nous pouvions, l'Europe, et en particulier l'Espagne et la France, aider dès lors qu'un mécanisme se mettait en marche et je crois qu'il se mettra en marche" a déclaré Bernard Kouchner.


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