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L'opinion publique dans l'Union européenne

Actualité 18.05.2006

Le regard des Français sur l’Union européenne

La 63e vague de l’Eurobaromètre – réalisée en France par TNS Sofres du 14 mai au 8 juin 2005 – fait le point sur les opinions publiques européennes en pleine période référendaire sur le Traité constitutionnel.

En moyenne, un Français sur deux (51%) juge positive l’appartenance de la France à l’Union européenne, 4 points au-dessous de la moyenne européenne. Si l’on note une baisse de 5 points par rapport à l’Eurobaromètre précédent, celle-ci compense la hausse spectaculaire (+13%) de l’EB 62 ; on retrouve ainsi les niveaux atteints entre 2001 et 2003. Par ailleurs, le ton sur le quel s’est déroulée la campagne référendaire n’est certainement pas indifférent à cette tendance.

La majorité des Français (53%) demeurent convaincus que la France bénéficie de son appartenance à l’Union, seulement 2 points en dessous de la moyenne européenne. Près d’un français sur deux (48%) conserve, par ailleurs, une image positive de l’Union ; malgré une baisse de -5 points par rapport au sondage précédent (EB 62), ce chiffre est conforme à la tendance observée depuis 2001. Les Français restent particulièrement attachés à l’Union européenne (64%), même si cette moyenne est légèrement inférieure à la tendance européenne (66%).

L’espoir demeure le principal sentiment qu’inspire l’Union européenne aux Français (44%). Les sentiments de méfiance (37%) et d’inquiétude (36%) ont toutefois considérablement augmenté, avec une hausse respective de 9 et 8 points. La confiance dans les institutions de l’Union est d’ailleurs en baisse : - 9 points pour le Parlement, - 10 pour la Commission et -12 points pour la Cour de justice. Avec seulement 45% d’opinions favorables, la confiance à l’égard de la Commission - cible principale des adversaires du traité constitutionnel – n’a d’ailleurs jamais été aussi faible au cours des dernières années depuis 2002. A noter que l’opinion publique française fait généralement peu confiance aux institutions politiques. 

Le rôle de l’Union européenne

En comparaison des opinions publiques européennes, L’opinion française apparaît particulièrement sensible aux thèmes de la paix (avec un écart positif de 15 points par rapport à la moyenne UE-25) et de la diversité culturelle (+13%). Les Français sont en revanche beaucoup plus critiques sur le rôle de l’Union européenne en ce qui concerne le chômage (écart négatif de 12 points) et la prospérité économique (-6% par rapport à la moyenne UE-25).

L’opinion publique française demeure largement favorable à un renforcement d’une politique extérieure de sécurité et de défense commune (81%). La majorité des français est notamment faveur d’une politique de l’immigration commune et de l’élaboration d’une position commune en cas de crise internationale. Les Français considèrent également que l’UE devrait avoir son propre ministre des Affaires étrangères qui serait le porte-parole de la position commune de l’UE, ainsi que son propre siège au Conseil de sécurité de l’ONU.

La place de l’Union européenne dans le monde

Les Français soutiennent massivement le modèle européen : la majorité estiment en effet que la qualité de vie est meilleure en Europe qu’aux Etats-Unis, au Japon, en Chine ou en Inde. Les avis sont plus mitigés quant à la performance économique de l’UE, 62% des Français n’envisageant pas que l’UE devienne la première puissance économique du monde d’ici 2010. La majorité est d’ailleurs convaincue que l’économie européenne est moins performante que les économies américaine (55%), japonaise (57%) et, avec plus de réserve, chinoise (44%).

L’action extérieure de l’Union européenne est par ailleurs perçue de façon plus positive que celle des Etats-Unis, notamment en ce qui concerne la paix dans le monde, la lutte contre la pauvreté ou la protection de l’environnement.

Quel avenir pour l’Union ?

Une majorité des personnes interrogées (54%) demeure favorable au progrès vers une union politique européenne. A ce titre, 53% des Français se prononcent contre le principe d’une "Europe à plusieurs vitesses", 11 points de plus que la moyenne européenne.

58% des Français sont, en revanche, contre l’élargissement de l’Union européenne. Et s’ils plébiscitent majoritairement l’entrée de la Norvège (78%), de la Suisse (74%) et de l’Islande (69%), apparaissent très réservés vis-à-vis d’un nouvel élargissement à l’Est, particulièrement à la Turquie (70% d’avis défavorables). Les Français figurent parmi les plus réticent à l’entrée de la Turquie dans l’Union, seuls 44% considérant qu’il s’agit d’un pays européen (11 points au dessous de la moyenne européenne). La grande majorité estime par ailleurs que son adhésion devrait être soumise au respect systématique des droits de l’homme (88%) et précédée d’une amélioration du niveau économique du pays (77%).

Concernant la situation économique, les Français jugent que la lutte contre le chômage (63%, +14 points) et la lutte contre la pauvreté et l’exclusivité (54%, +8 points) devraient être la priorité de l’Union à l’avenir. La forte hausse constatée témoigne de l’inquiétude vis-à-vis de l’avenir économique en France. A noter que les Français ne sont pas pour autant favorables à une augmentation du budget européen pour financer de nouvelles actions communes : seuls 36% d’entre sont favorables à une augmentation du budget européen compte tenu des objectifs politiques de l’Union. Les français identifient par ailleurs la formation professionnelle (69%) et les aides à la création d’entreprise (65%) comme priorités pour améliorer la performance économique de l’UE.

Les Français et la Constitution européenne

L’étude révèle que, malgré une baisse de 10 points par rapport à l’Eurobaromètre 62, la majorité des Français (60%) demeure favorables au principe d’une Constitution européenne. La majorité des personnes interrogées considèrent par ailleurs que si tous les Etats membres adoptaient le traité établissant une Constitution, cela rendrait l’Union européenne plus forte dans le monde (70%), plus efficace (58%), plus compétitive économiquement (60%) et plus démocratique (57%). Les avis sont plus partagés sur la question sociale, 44% jugeant que l’Union serait moins sociale si le traité était adopté, contre 43% de réponses positives.

L'opinion publique dans l'Union européenne (pdf)

Sondage eurobaromètre réalisé par TNS Sofres entre le 16 mai et le 7 juin 2005 auprès d’un échantillon de 1012 personnes, représentatif de la population de quinze ans et plus. L'échantillonnage a été réalisé selon la méthode aléatoire (probabiliste) à phases multiples.