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L'Islande dans l'UE ? Pas si sûr...

Actualité 17.06.2010

Le Conseil européen, réuni aujourd’hui à Bruxelles, prévoit de donner à l’Islande le statut de candidat à l’Union européenne, ce qui marquerait officiellement l’ouverture des négociations d’adhésion. Une perspective qui n’enchante pas plus que ça la principale intéressée.

L'Islande applique déjà les trois quarts de la législation européenne, étant membre de l'Espace économique européen et de l'espace Schengen.

Si, côté européen, on est plutôt favorable à l’adhésion de l’Islande, ce sentiment n’est pas vraiment réciproque. Il y a un an, deux Islandais sur trois étaient en faveur de l’ouverture des négociations avec l’UE, étant pourtant très divisés sur l’adhésion elle-même. Mais aujourd’hui, ce support se délite. Deux tiers des Islandais sont cette fois opposés à l’entrée dans l’Union, et ils sont autant à souhaiter que leur pays retire sa candidature. Une motion dans ce sens a été déposée au Parlement par des députés de plusieurs partis. La coalition gouvernementale reste elle aussi divisée sur la question.

De nombreuses raisons de se tenir en retrait

Les raisons qui dissuadent les islandais s’accumulent. La plus importante est sans doute le fait que, culturellement, cette ancienne colonie n’est mue par aucun esprit européen, au contraire. Elle célèbre aujourd’hui même l’anniversaire de son indépendance, ce qui ne manque pas d’ironie. Un passé dont les islandais gardent des séquelles ; interrogé sur la question par Le Figaro, le professeur islandais Eirikur Bergmann s’exclame : "L’Europe est une société postcoloniale ! Il nous est difficile de rejoindre l' 'ennemi', ces Européens qui ont parfois été très intransigeants avec nous".

Ainsi, l’an dernier, l’Islande ne s’était pas cachée des raisons qui l’avaient conduite à déposer sa candidature : sortir de l’effondrement financier qu’elle avait subi suite à la crise. Tandis qu’aujourd’hui la nécessité économique s’efface, l’envie d’adhérer aussi. Face à elle, l’Europe est prise dans la crise grecque, et ne projette pas une image attrayante pour un pays dans lequel la croissance est sur le point de repartir. D’autant plus que le processus d’adhésion coûterait cher.

Icesave était une banque d’épargne islandaise qui a fait faillite, alors qu’elle opérait au Royaume-Uni et aux Pays-Bas. Ces derniers ont exigé de l’Islande qu’elle leur rembourse les 5 milliards de dollars de pertes, ce que le peuple islandais a refusé par référendum. La somme correspondait à une charge d’environ 100 euros par islandais et par mois pendant huit ans.

Enfin, les contentieux avec l’Union européenne persistent. La politique commune de la pêche, pomme de discorde, exigerait de l’Islande qu’elle ouvre ses eaux et qu’elle applique des quotas stricts, dans un secteur fondamental pour son économie. Le contentieux sur Icesave avec le Royaume-Uni et les Pays-Bas n’a pas non plus été résolu.

Quoi qu’il en soit, la question n’est pas tranchée. Il est probable qu’un référendum sur la question soit organisé prochainement en Islande, comme l’avait promis le gouvernement l’an dernier.



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