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L'extrême droite néerlandaise demande la sortie de l'euro

Actualité 09.03.2012

Geert Wilders, chef de file du Parti pour la Liberté (PVV), demande qu'un référendum soit organisé aux Pays-Bas sur la sortie de l'euro et le retour du florin. Le parti de l'extrême-droite néerlandaise, soutien du gouvernement de coalition, s'appuie sur une étude commandée à une agence britannique estimant que le pays a plus à gagner en sortant de la zone euro.

Sortir de l'euro serait avantageux économiquement

Le 5 mars, une étude de l'agence londonienne Lombard Street Research a été présentée par Geert Wilders afin d'appuyer sa volonté de faire sortir son pays de la zone euro. Selon l'agence britannique, considérée comme eurosceptique, le choix de revenir au florin permettrait aux Pays-Bas, comme le souhaite le PVV, de ne pas participer au plan de sauvetage de la Grèce et aux futurs éventuels soutiens à d'autres pays d'Europe du sud comme l'Italie, le Portugal ou l'Espagne. La sortie de l'euro représenterait un coût de 51 milliards d'euros, soit une somme inférieure aux 125 milliards d'euros que les Pays-Bas auraient à verser en contribution à la résolution de la crise économique européenne au cours des prochaines années.


L'étude a été reçue avec scepticisme aux Pays-Bas, tant par les autres partis politiques que par la presse. Le Volkskrant, quotidien néerlandais, a jugé les résultats de l'étude "tendancieux", "partiaux" et "peu convaincants". Selon The Economist, l'objectivité de Lombard Street Research est réelle. Cependant, l'hebdomadaire britannique estime que sortir de l'euro serait une manœuvre "risquée et incertaine". Les avoirs détenus par les Néerlandais à l'étranger baisseraient et les exportations deviendraient moins compétitives, en plus de ne pas pouvoir prévoir les conséquences nationales d'une possible aggravation de la crise en Europe du sud.

 

Le gouvernement contraint de négocier avec Geert Wilders

L'idée de référendum accompagnant l'étude a également été rejetée, y compris par le gouvernement de coalition ne pouvant se passer du soutien du parti de M. Wilders, disposant de vingt-quatre sièges au Parlement. Néanmoins, le PVV demeure en position de force face à la coalition gouvernementale libérale menée par Mark Rutte. En effet, le Premier ministre néerlandais doit réduire la dette des Pays-Bas de 16 milliards d'euros, notamment avec des réductions de remboursements médicaux, des gels d'indemnités sociales et par la fin de la déductibilité totale des intérêts pour les emprunts immobiliers.

Or Geert Wilders a répété que  PVV n'apportera son soutien qu'en échange de politiques de lutte contre l'immigration et le droit d'asile aux Pays-Bas. Mark Rutte estime à 50% les chances de voir les négociations avec le PVV aboutir, tandis que l'ensemble de la gauche néerlandaise qualifie le comportement du gouvernement de "lâche" vis-à-vis des manœuvres de l'extrême-droite.

 

Un site pour recueillir les plaintes contre les immigrés d'Europe de l'Est

Il est en effet reproché à M. Rutte d'avoir refusé de faire expertiser l'étude de Lombard Street Research par l'agence nationale de conseil macroéconomique. De plus, la décision du gouvernement de s'opposer unilatéralement à l'entrée de la Roumanie et de la Bulgarie dans l'espace Schengen est perçue comme un geste destiné à s'assurer le soutien de Geert Wilders. Déjà en février, le PVV avait lancé un site internet visant à recenser les plaintes contre les "nuisances et la pollution" des immigrés d'Europe centrale et orientale.

En réaction, les ambassadeurs des dix Etats concernés ont envoyé une lettre ouverte à la société néerlandaise et à ses représentants politiques, afin de leur communiquer leur indignation. Viviane Reding, commissaire européenne à la Justice, aux Droits fondamentaux et à la Citoyenneté, a également fait part de sa désapprobation, indiquant que ce site "enfreint les principes européens de liberté et de non-discrimination". Mark Rutte s'est quant à lui contenté de dire que le site ne "reflétait pas l'opinion du gouvernement", ajoutant qu'un "mouvement politique a la liberté de mettre en place ce genre de projet".