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L'Europe s'engage sur un objectif ambitieux de réduction de la pauvreté

Actualité 11.06.2010

Les associations européennes craignaient que les questions de régulation financière n'évincent du débat les enjeux de lutte contre la pauvreté et l'exclusion sociale lors du prochain Conseil européen des 17 et 18 juin prochains. Les conclusions du Conseil Emploi et Affaires sociales du 7 juin dernier devraient les rassurer. Les ministres ont en effet décidé d'inscrire dans la Stratégie UE 2020 un objectif ambitieux de réduction de la pauvreté, ainsi qu'une combinaison de trois indicateurs permettant de prendre en compte l'ampleur du phénomène en Europe.

Le Conseil des ministres définit deux nouveaux indicateurs de pauvreté en Europe

120 millions, c'est le nombre d'Européens qui seraient menacés de pauvreté si l'on s'en réfère aux nouveaux indicateurs entérinés par le Conseil des ministres européens de l'Emploi et des Affaires sociales qui ont rendu leurs conclusions lundi soir, 7 juin 2010.

Le revenu par équivalent-adulte est calculé en divisant le revenu total du ménage par sa taille, déterminée par l’application des pondérations suivantes: 1,0 au premier adulte, 0,5 aux autres membres du ménage âgés de 14 ans ou plus et 0,3 à chaque membre du ménage âgé de moins de 14 ans. Le revenu disponible total du ménage est l’ensemble des revenus monétaires nets perçus par le ménage et par ses membres, à savoir tous les revenus du travail, les revenus privés issus des investissements et de la propriété ainsi que tous les transferts sociaux perçus directement (y compris les pensions de vieillesse), déduction faite des impôts et cotisations sociales versés. En revanche, ne sont pas pris en compte les transferts sociaux indirects, les paiements d’intérêts sur emprunts, les transferts versés à d’autres ménages, les revenus en nature et les loyers imputés des logements occupés par leurs propriétaires.

Un chiffre qui s'est donc fortement accru depuis le début de l'année, puisqu' Eurostat annonçait en janvier qu'ils étaient 80 millions dans cette situation soit 17% de la population de l'Union européenne (dont 19 millions d'enfants).

En cause, les critères de définition de la pauvreté retenu au niveau européen. En effet, le taux de risque de pauvreté se basait jusqu'à présent sur le seuil national de pauvreté, correspondant à 60% du revenu médian national par équivalent-adulte (voir encadré).

Un référent qui varie énormément selon les pays, puisque les écarts de revenu médian entre chaque Etat membre restent importants, et qui ne permettait pas d'avoir une vision globale de la pauvreté en Europe, qui prend des formes diverses.

Afin de rendre compte de l'ampleur du phénomène en Europe, mais également des différents visages que revêt la pauvreté, le Conseil de l'Union européenne a donc décidé d'ajouter deux nouveaux critères pour définir la pauvreté.

Seront donc désormais pris également en compte "le dénuement matériel" et "le fait de vivre dans des ménages sans emploi".

Ces trois indicateurs pourront être utilisés séparément ou combinés, au choix, par les Etats membres. La définition européenne de la pauvreté reste cependant quasiment impossible les situations nationales restant trop éloignées les unes des autres.

La combinaison de plusieurs critères étaient voulue par plusieurs pays dont la Suède. Fintan Farrell, directeur du Réseau européen anti-pauvreté (EAPN), regroupant un grand nombre d'ONG, craint cependant que le panachage de trois critères soit 'un peu trop compliqué", tout en se réjouissant que le débat ait enfin abouti au niveau des ministres.

Un objectif ambitieux inscrit dans la nouvelle stratégie pour 2020

2010 : halte à la pauvreté !



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Autre point majeur de cette réunion des ministres européens : la décision d'inscrire dans la Stratégie dite 'UE 2020' pour l'emploi et la croissance un objectif chiffré de réduction de la pauvreté.

Réduire la pauvreté était en effet l'un des cinq objectifs inscrits par José manuel Barroso dans sa proposition de stratégie, fort attendue suite à l'échec de la Stratégie de Lisbonne. Mais de la promesse au concret, le pas restait à franchir.

C'est ce qu'on fait les ministres le 7 juin à Luxembourg en s'engageant à sortir d'ici 2020 20 millions de personnes de la précarité. Des conclusions dont s'est réjouit le commissaire européen en charge de l'Emploi, les Affaires sociales et l'Inclusion, Laszlo Andor, qui y voit "un message fort sur l'authentique engagement européen d'obtenir des résultats visibles pour une Europe plus juste et inclusive."

Un objectif reconnu par tous les Etats membres comme ambitieux par tous les Etats membres ... voire un peu trop selon certains à l'image de la République tchèque. Une révision à mi-parcours aura donc lieu en 2015.

D'autres au contraire auraient souhaité encore plus loin comme la Belgique qui proposait un objectif de 30 millions de personnes. Mais pour Fintan Farrell, l'essentiel est qu'un chiffre ait été posé sur le papier, chiffre qui permettra aux associations et ONGs de rappeler aux Etats leurs engagements le jour du bilan venu.



Sources

Conclusions du Conseil Emploi et Affaires sociales [en] - 07/06/10 - Conseil de l'Union européenne

Déclaration du Commissaire Andor - Commission européenne


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