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L’Europe – première destination touristique au monde

Actualité 27.09.2010

Antonio Tajani, vice-président de la Commission européenne et commissaire à l’industrie et à l’entrepreneuriat, signe cette tribune à l'occasion de la journée européenne du tourisme.

Nous sommes nombreux à avoir fait du tourisme à un moment ou à un autre de notre vie, à l’étranger ou dans notre propre pays, pour la détente, pour le plaisir, par intérêt culturel, pour l’aventure ou, tout simplement, pour faire une pause. Cependant, le tourisme est pour beaucoup une source d’emploi et de revenu. L’industrie touristique assure 5,2 % de l’emploi et 5 % de la richesse de l’UE. Elle représente donc un secteur stratégique de notre économie qui est confronté à de nouveaux défis qu’il doit relever et à qui s’offrent de nouvelles opportunités qu’il lui faut saisir.

Avec 380 millions d’arrivées internationales par an et une part de marché de plus de 40 % du tourisme mondial, l’Europe est la première destination touristique au monde. Alors que les arrivées de touristes internationaux au niveau mondial se sont accrues de 7 % pendant les deux premiers mois de 2010, les arrivées de touristes internationaux en Europe n’ont augmenté que de 3 %. Le monde change et les formes du tourisme aussi. L’Europe peut attirer les touristes des marchés émergents si nous prenons les mesures appropriées. Par exemple, malgré la crise économique, le nombre de touristes chinois qui voyagent à l’étranger s’est accru de 5,2 % l’an dernier pour atteindre 42,2 millions, alors qu’ils étaient moins de 7 millions en 2001; leurs dépenses totales ont augmenté de 16 % entre 2008 et 2009 pour s’établir 34 milliards d’euros en 2009.

La Commission européenne, pour aider l’industrie touristique de l’UE à profiter de l’évolution encourageante du tourisme au niveau mondial et à s’adapter aux nouvelles tendances, a présenté récemment un document politique appelant à renforcer l’image et la visibilité de l’Europe en tant que zone comptant d’un grand nombre de destinations durables et de haute qualité. Pour soutenir cette initiative, la création et la promotion d’un "label européen", en étroite coopération avec les États membres, permettra à l’Europe de mieux se démarquer des autres destinations internationales.

De plus, les effets de la crise financière et du récent nuage de cendres pèsent encore sur l’industrie touristique. Dans ce contexte, le tourisme traditionnel intra-UE a besoin d’être rajeuni pour mieux réagir aux nouvelles habitudes des consommateurs et dépasser ses structures figées.

Nous soulignons donc qu’il faut encourager l’innovation afin que le secteur et ses entreprises s’adaptent aux exigences et évolutions du marché. C’est ainsi que la Commission européenne soutient l’idée d’une «plateforme commune tourisme et TIC» (Technologies de l'Information et de la Communication) entre les principaux acteurs du secteur touristique tels qu’agences de voyages, hôtels, etc.

Pour citer un exemple concret, bien que l’Espagne ait toujours été une destination estivale des vacanciers qui recherchent le soleil, la Costa del Sol s’est requalifiée elle-même en destination hivernale. Ce n’est que l’un des nombreux exemples qui montrent qu’il est logique d’encourager une prolongation de la saison touristique. Je crois qu’un mécanisme volontaire d’échange d’informations au niveau européen permettrait de mieux coordonner les vacances scolaires entre les États membres. Nous avons tâté le terrain avec un projet appelé Calypso, une initiative portant sur un programme d’échange visant certains segments du marché tels que les jeunes, les personnes âgées, les familles défavorisées et les handicapés et ayant pour objectif de les encourager et de les aider à voyager pendant la basse saison. Calypso permet l’extension du tourisme hors saison, notamment dans les régions où le tourisme est bien développé mais connaît une très forte saisonnalité. Ce projet représente une bonne base pour une poursuite de l’action.

L’amélioration de la connaissance socio-économique du tourisme sera utile pour mieux faire connaître le secteur et mieux coordonner la recherche sur le tourisme européen. Un observatoire européen du tourisme virtuel pourrait fournir à moyen terme un réseau de coordination et d’analyse de la recherche en matière de tourisme et servir à archiver au niveau de l’UE les informations relatives aux évolutions de l’industrie touristique.

Nous avons aussi l’intention d’encourager le développement d’un tourisme durable, responsable et de qualité, par exemple au moyen d’un label européen visant à promouvoir les destinations touristiques sur la base d’indicateurs de développement durable.

Enfin, nous ne devons pas oublier la corrélation du tourisme avec d’autres évolutions et politiques européennes. C’est pourquoi la Commission améliorera l’intégration et la coordination des mesures ayant une incidence sur le tourisme, telles que celles relatives aux transports et aux droits des voyageurs, à la protection des consommateurs et à la protection de l’environnement, etc.
Les perspectives pour la saison 2010 dans l’UE sont à nouveau prometteuses.

Il faut cependant se garder d’un excès de confiance. Il nous faut en permanence maintenir au goût du jour l’industrie touristique européenne, ce qui lui permettra de créer plus d’emplois et générera du bien-être pour les Européens. Nous devons offrir un produit touristique européen varié et durable. La tâche sera difficile, mais notre objectif, c’est que l’Europe conserve sa place de première destination touristique au monde.

 

En savoir plus

la page Tourisme du site de la Commission européenne

l'Union européenne et le Tourisme - Touteleurope.eu