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L'Europe et vous : nouveau billet, protections des données personnelles, cybercriminalité et qualité de l'air

Actualité 10.01.2013

Chaque semaine, Touteleurope.eu fait le point sur ce que l'Union européenne fait pour vous, pour vos droits, votre santé, votre vie quotidienne. Cette semaine, la Commission européenne présente le centre européen de lutte contre la cybercriminalité et lance une vaste consultation sur la qualité de l'air en Europe, la Banque centrale européenne dévoile son nouveau billet de 5 euros et le Parlement européen durcit le ton sur la protection des données personnelles.

Un nouveau billet de 5 euros, plus sûr

Le nouveau billet de 5 euros



Dévoilé le 10 janvier par Mario Draghi, président de la BCE, ce nouveau billet sera en circulation à partir du 2 mai 2013 dans la zone euro

Jeudi 10 janvier la Banque centrale européenne a dévoilé le visage du nouveau billet de 5 euros qui sera en circulation dès le 2 mai prochain. Un ravalement qui permet certes de changer le look de la plus petite coupure européenne mais également de renforcer son inviolabilité. En effet, trois signes de sécurité "facilement repérables" ont été présentés : l'hologramme portrait dans la bande argentée, le filigrane portrait et le nombre "émeraude".

Ce nouveau billet est un coup d'essai pour la BCE qui souhaite lutter plus efficacement contre la contrefaçon des billets en euro. Une lutte pourtant déjà efficace si on en croit les chiffres : 413 000 billets contrefaits ont saisis en 2010, contre 'seulement' 251 000 en 2012. Mais en vieillissant, les billets deviennent plus facilement falsifiables, d'où la nécessité de les changer. Les billets de 5 euros ne représentent que 0,5% des billets contrefaits, contre 34,5% pour ceux de 50 euros. Ceux de 20 euros restent, à plus de 42%, les principales cibles de la contrefaçon monétaire.

Côté design, le billet ne change pas de couleur et conserve son arc de triomphe, au recto, et son aqueduc sur fond de carte européenne, au verso. Mais il portera désormais également, en filigrane, un portrait de la déesse Europe, inspirée d'un vase antique exposé au Louvre. Une petite révolution en soit puisque c'est la première fois que figurera sur un billet européen autre chose qu'une forme architecturale. Jusqu'à présent, l'euro était la seule grande monnaie à ne pas avoir de visage.

Le centre européen de lutte contre la cybercriminalité (EC3) ouvre ses portes

Vendredi 11 janvier ouvrira le centre européen de lutte contre la cybercriminalité (EC3) au sein des locaux d'Europol à La Haye. Ses missions vont se focaliser sur la cybercriminalité commise par des groupes organisés et qui génèrent des profits considérables comme la fraude en ligne (vente de données confidentielles comme les numéros de cartes de crédit volées, usurpation d'identité…), mais aussi l'exploitation sexuelle des enfants en ligne et les cyber-attaques contre les institutions.

Ce nouveau centre permettra d'avertir rapidement tous les pays membres de l'UE en cas de menace. Si une personne en Lituanie fait part d'un accès illégal à son compte en banque, un lien pourra être établi sans délai avec des incidents similaires en Grèce, en Irlande, ou ailleurs en Europe, et le centre pourra immédiatement mettre en garde tous les pays de l'Union contre cette menace.

Tout comme l'utilisation d'Internet, l'activité criminelle en ligne est en augmentation. Le risque de se faire attraper est faible, mais les bénéfices retirés sont très importants. Selon des estimations, ce phénomène coûterait en effet entre 85 et 291 milliards d'euros au niveau mondial, pour plus d'un million de victimes par jour dans le monde.

Le Parlement européen réclame une meilleure protection des données personnelles sur Internet

Mercredi 9 janvier le député allemand Jan Philipp Albrecht (Verts/ALE) a présenté le rapport qu'il défend au sein de la commission des Libertés civiles sur la protection des données personnelles. "Si vous voulez mes données, demandez mon consentement !" a-t-il lancé à l'occasion de la présentation de son texte à la presse.

La mobilisation du Parlement européen fait suite à l'exploitation des données personnelles sur certains réseaux sociaux comme Facebook ou Instagram, notamment à des fins publicitaires. Pour l'eurodéputé "les usagers doivent être informés de ce qui arrive à leurs données et être en mesure d'accepter le traitement des données en connaissance de cause, ou de le refuser". Le rapport parlementaire intervient dans le cadre de l'élaboration d'une nouvelle législation initiée par la Commission européenne en janvier 2012.

Une nouvelle fois, l'institution démocratique se veut plus ambitieuse que l'exécutif européen, à qui M. Albrecht reproche d'être trop conciliant en ce qui concerne l'accès aux données pour les organes répressifs des Etats. Le rapport propose ainsi de réduire au maximum le rôle de la Commission dans la mise en oeuvre des règlements, et d'appliquer les règles de l'UE à l'ensemble des entreprises traitant des données personnelles des citoyens européens, y compris étrangères. Les entreprises américaines sont particulièrement visées.

A peine publié, ce rapport est sous le feu des critiques des entreprises de l'industrie numérique. "Nous craignons que certains aspects du rapport ne favorisent pas (le développement d') un marché numérique européen unique florissant ni l'innovation sur internet", a estimé Erika Mann, responsable de la politique européenne de Facebook. L'Allemagne est particulièrement à la pointe en matière de protection des données personnelles. Ainsi, le land du Schleswig-Holsteinen a contraint Facebook a retiré son interdiction d'avoir recours à un pseudonyme sur le réseau social. Une mesure locale, mais qui pourrait servir d'exemple à l'échelle européenne.

Donnez votre avis sur la qualité de l'air

Selon une récente enquête Eurobaromètre, 56% des Européens jugent la qualité de l'air moins bonne qu'il y a 10 ans. 79 % pensent que l'UE devrait proposer des mesures supplémentaires pour lutter contre la pollution atmosphérique, et 72% sont insatisfaits des efforts déployés par les autorités publiques pour améliorer la qualité de l'air.

La Commission européenne a lancé une consultation en ligne pour permettre aux citoyens, organisations et entreprises européens de donner leur avis et leurs idées sur le réexamen de la politique relative à l'air, qui devrait s'achever à la fin de l'année 2013. Ouverte jusqu'au 4 mars 2013 sur une page disponible uniquement en anglais, la consultation vise à déterminer les différentes options pour diminuer les impacts négatifs de la pollution de l'air. L'un des questionnaires s'adresse à l'ensemble des citoyens et peut être rempli sans connaissance précise du sujet. Les contributions seront publiées sur Internet.

En savoir plus

Un Centre européen de lutte contre la cybercriminalité pour combattre la criminalité sur l'internet et protéger les consommateurs en ligne - 28/03/12 - Commission européenne

General Data Protection Regulation in 10 Points [pdf]

Consultation sur la qualité de l'air en Europe - Commission européenne