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L'Europe et demain

Actualité 19.05.2006

Quel avenir pour la constitution européenne ?

Une majorité de Français interrogés "après le non français et hollandais" souhaite que l’on "renégocie la constitution européenne" (61%). Ce souhait est partagé par une majorité des personnes ayant voté contre (58%) comme en faveur (73%) du traité constitutionnel, les partisans du "oui" y étant très majoritairement favorables. Les personnes se réclamant proches de l’UDF et du Parti socialiste sont celles qui expriment le plus fréquemment le souhait que le texte soit renégocié (78% et 74%). A contrario, c’est aux extrêmes que l’on souhaite le plus "en rester là" : 68% des électeurs du Front national/MNR ne souhaitent pas voir le texte renégocié, de même que 50% des sympathisants d’extrême gauche et 47% des personnes se disant proches du Parti communiste.

Parmi les partisans d’une renégociation, 74% pensent que la France "peut obtenir des évolutions significatives et positives de la constitution européenne". Cet optimisme est largement partagé par l’ensemble des personnes souhaitant que soit renégocié le traité. La minorité de partisans d’une renégociation s’estimant proches du Front national apparaît beaucoup plus partagée sur l’issue de cette entreprise.

Invitées à choisir parmi plusieurs propositions les "aménagements" qu’elles attendent de la constitution européenne, les personnes favorables à la renégociation du texte souhaitent avant tout que "la part du social [y] soit plus importante" (50%) et que "que les Etats soient plus libres de décider de leurs politiques nationales" (48%). Il sont moins nombreux à souhaiter "que l’importance des voix de la France en Europe soit plus grande pour les prises de décision" (36%) et que "que les frontières de l’Europe soient définitivement fixées" (26%).

Les personnes se déclarant proches des partis de gauche et d’extrême gauche paraissent les plus soucieuses que la part du "social" soit revalorisée au sein de la constitution européenne (65% et 62%), tandis que les sympathisants de droite, qui souhaitent majoritairement (56%) que "les Etats soient plus libres de décider de leur politique nationale", apparaissent plus divisés. Les partisans de l’UDF expriment ainsi avant tout leur préoccupation pour les questions sociales (49%), ceux de l’UMP leur souhait de voir renforcée la liberté d’action des Etats (62%), et ceux du RPF/MPF que "les frontières de l’Europe soient définitivement fixées" (63%). La minorité de sympathisants du Front national/MNR déclarant souhaiter que le texte soit renégocié paraît souhaiter à la fois que "le social" soit revalorisé dans le texte (63%) et que ce dernier fixe les frontières de l’Europe (48%).

Elargissement : consensus en défaveur de l’adhésion de la Turquie

Interrogés sur leur sentiment à l’égard de l’entrée de quatre Etats dans l’Union européenne, les Français s’expriment plutôt favorablement au sujet de l’adhésion de la Bulgarie (49% favorables, 44% opposés), mais apparaissent plus réticents à l’entrée de la Roumanie (45%-48%) et de l’Ukraine (43%-49%). Les Français manifestent une nette opposition à l’adhésion de la Turquie, deux tiers des personnes interrogées déclarant ne pas souhaiter que ce pays entre dans l’Union européenne.

En règle générale, les 18-24 ans se montrent les plus favorables à l’entrée de nouveaux pays dans l’Union, l’ouverture à de nouveaux Etats se manifestant en outre le plus souvent parmi les cadres et professions libérales, les professions intermédiaires et les personnes bénéficiant d’un niveau de diplôme élevé. Les personnes ayant voté en faveur du traité constitutionnel en mai 2005 se montrent généralement favorables à de nouvelles adhésions.

Aucune de ces catégories de personnes ne s’exprime toutefois majoritairement en faveur de l’entrée de la Turquie au sein de l’Union européenne. Et tandis que les sympathisants des partis situés aux extrêmes du spectre politique paraissent renforcer leur opposition aux élargissements, les personnes se déclarant proches de tous les autres partis s’expriment majoritairement contre l’entrée de la Turquie dans l’Union européenne.

La forme de l’Europe de demain

Invités à choisir parmi plusieurs propositions concernant "l’Europe de demain", les Français se prononcent d’abord pour que celle-ci soit "un espace de coopération au cas par cas entre les Etat-nations" (30%) avant "un grand marché économique" (23%), "une fédération d’Etats européens" (19%) et "une organisation dirigée par un gouvernement européen" (18%).

On note que l’idée d’une fédération d’Etats, largement minoritaire auprès de l’ensemble de la population, figure pourtant en tête des souhaits des cadres et professions libérales (43%) et des professions intermédiaires (31%), des personnes bénéficiant d’un niveau de diplôme élevé et des personnes déclarant avoir voté "oui" au référendum pris dans leur ensemble (28%). A l’inverse, cette hypothèse apparaît également comme le dernier choix de certaines catégories de personnes, et notamment des employés et ouvriers (13%), des personnes sans diplôme (11%) et des sympathisants des partis d’extrême gauche (12%) et du Front national/MNR (5%).

L'Europe et demain

Sondage exclusif CSA / OUEST FRANCE / PERSPECTIVES ET REALITES / LA CHAINE PARLEMENTAIRE réalisé par téléphone les 6 et 7 juin 2005.

Echantillon national représentatif de 1000 personnes âgées de 18 ans, constitué d'après la méthode des quotas (sexe, âge, profession du chef de ménage), après stratification par région et taille d'agglomération.