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[L’Europe en région] Une commune de l’Yonne "à l’avant-garde de la transition énergétique" grâce aux fonds européens

Actualité 11.05.2020 Agnès Faure

La commune de Venizy, en Bourgogne, a remplacé son chauffage au fuel et à l’électricité, très coûteux, pour se tourner vers un chauffage au bois. Cet investissement dans la transition énergétique a pu être réalisé grâce aux fonds européens, qui ont financé l’installation d’une chaufferie comprenant deux chaudières à bois déchiqueté. 

La commune de Venizy, dans l'Yonne, a fait construire une chaufferie à bois dans le cadre de sa politique de transition énergétique

La commune de Venizy, dans l'Yonne, a fait construire une chaufferie à bois dans le cadre de sa politique de transition énergétique - Crédits : Atelier HVR Architecture

A Venizy, le système de chauffage communal fonctionnait au fuel, combustible qui contribue à la pollution de l’air. Quatrième commune forestière du département, le bourg possède 800 hectares de forêt en propriété. "L’équation est simple", explique Sylvain Quoirin, maire de Venizy : "pourquoi ne pas utiliser notre forêt pour chauffer notre commune ?". Après avoir réalisé une étude de faisabilité, la ville s’est lancée en 2017 dans la construction d’une chaufferie abritant deux chaudières à bois déchiqueté de 90 kW chacune. Inaugurée en mars 2018, celle-ci chauffe désormais "mairie, écoles, trois appartements de l'ancien presbytère appartenant à la commune, et une partie privée, le bar à proximité. Elle chauffera, plus tard l'église", puis "la salle des fêtes", peut-on lire dans la presse locale.

Cette nouvelle installation a permis à la ville de réaliser une économie importante des charges liées au chauffage. Au moment de l’inauguration du bâtiment, le maire confiait que cette méthode ne coûterait plus que 3 500 € par an à la commune, alors que le chauffage au fuel et à l’électricité revenait à 23 000 € en moyenne par an, pour un seul bâtiment. L'intérêt économique est dès lors "évident", poursuit-il.

Une ambition écologique soutenue par l’Union européenne

Contrairement au fuel, le bois déchiqueté est un combustible naturel qui permet ainsi à la commune de réduire ses émissions de gaz à effet de serre. Avec cette nouvelle installation, celle-ci produirait 63 tonnes de CO2 de moins par an. Le programme s’inscrit donc dans une démarche résolument écologique, portée par la collectivité. "L’objectif est de ne plus dépendre ni du fioul ni de l’électricité nucléaire en raison du coût prohibitif, d’un engagement écologique et d’une volonté de rationaliser le bois de la forêt", rapporte la Commission européenne sur son portail dédié au projet qu’elle finance.

La commune a en effet pu bénéficier d’un soutien financier important de l’Union européenne, par l’intermédiaire du Fonds européen de développement régional (FEDER). Sur un montant de plus de 366 000 euros, la commune a profité d’une subvention européenne de près de 180 000 euros.

Le FEDER a pour but de soutenir les régions dans leur développement. Pour cela, il cherche notamment à pallier les difficultés économiques ou environnementales que rencontrent les territoires, et accorde une aide financière dont le montant – ou la part de financement dans le coût total – varie en fonction du projet et du niveau de développement de la région. "Quand le FEDER vous dit 'moi je vous finance à 75 %, 50 % ou 80 %', ça vaut le coup de réfléchir sur le dossier", explique Sylvain Quoirin, pour qui l’action de l’Europe au niveau local a été "déterminante" dans les projets de la ville.