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[L’Europe en région] La vanille guyanaise, fleuron de l'agriculture raisonnée européenne

Actualité 21.04.2020 Léo Lictevout

A Mana, en Guyane, Benoît Riou cultive plusieurs variétés de vanille. Son exploitation, créée en 2010, s'appuie sur un fonctionnement raisonné et en circuit fermé. Il a fait appel aux fonds européens afin de moderniser ses installations et diversifier sa production.

Benoît Riou cultive environ 800 pieds de vanille comme celui-ci dans son exploitation – Crédits : Région Guyane

Benoît Riou cultive environ 800 pieds de vanille comme celui-ci dans son exploitation – Crédits : Région Guyane

Cultiver la vanille artisanalement n'est pas une mince affaire. Et lorsqu'il s'agit de variétés locales uniques, ce travail est encore plus délicat : "il faut bien les nourrir, sinon elles peuvent dépérir assez rapidement. Une fois par an, au bout de deux ou trois ans, on obtient des fleurs en saison sèche. Il faut venir tous les jours féconder et polliniser les fleurs à la main. On attend neuf mois et on obtient les gousses", expliquait Benoît Riou à La 1ère, en 2019. Ces différentes variétés de gousses de vanille, qui ne poussent qu'en Guyane, possèdent des qualités aromatiques uniques. L'agriculteur cultive même deux types de gousses de vanille verte de Guyane, qu'il a baptisées "Stella" et "Finga".

Diplômé en "Technologies des aménagements", Benoît Riou a monté son exploitation en 2010. Dès 2014, il a cherché à développer son activité et moderniser son appareil de production. Il a pour cela fait appel au FEADER, le Fonds européen agricole pour le développement rural. L'exploitant a bénéficié de la dotation jeune agriculteur et des aides à la modernisation des exploitations agricoles, à la transformation et à la commercialisation. Montant de la subvention perçue : 86 725 euros, sur les 662 millions d'euros d'aides de l'Union européenne destinées à la région Guyane au cours de l'exercice budgétaire 2014-2020. Cette aide s'est révélée précieuse : Benoît Riou a ainsi pu ajouter 1 000 m² de serres ombrières à sa culture, portant son nombre de pieds de vanille à 800. "Cela m'a permis de moderniser mon outil de travail. J'ai pu monter les serres et acheter un container qui permet de transformer et sécher mes gousses", expliquait-il à La 1ère.

Le développement de cette activité, désormais rentable, s'inscrit dans un projet plus large. Celui qui ne vendait jusqu'alors sa production qu'aux grossistes et agro-transformateurs locaux ambitionne en effet de commercialiser ses gousses sur le marché local, ainsi qu'en Guadeloupe et en métropole. Benoît Riou souhaite par ailleurs se convertir au bio. Sa production suit déjà un modèle raisonné : ses cultures se nourrissent de compost fabriqué à partir de pulpe de canne, de branchages, de feuilles mortes et de fumier. Cette recette, il compte l'appliquer au reste de son exploitation agricole, qu'il cherche à diversifier. En parallèle de la production de vanille, le producteur a déjà fait l'acquisition de 250 poivriers, et développe une activité de maraichage de plein champ et un élevage de poules pondeuses. A terme, il espère pouvoir vendre à domicile des paniers composés de plantes aromatiques, de fruits et légumes et d'œufs.