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[L'Europe en région] Dans la banlieue d'Orléans, un ambitieux projet de rénovation énergétique

Actualité 25.02.2020 Baptiste Roman

C'est un ensemble d'immeubles qui n'avait jamais été rénové depuis les années 1960, situé à Saint-Jean-de-la-Ruelle (Loiret). Les copropriétaires, l'Etat, la région et la métropole d'Orléans, aidés par des fonds européens, se sont associés pour redonner aux 300 logements leur lustre d'antan… dans une démarche respectueuse de l'environnement.

Quand les travaux seront terminés, tous les immeubles devraient ressembler à celui du milieu. La voirie a également bénéficié d'un coup de jeune - Crédits : Photo Patrice Dézallé

Quand les travaux seront terminés, tous les immeubles devraient ressembler à celui du milieu. La voirie a également bénéficié d'un coup de jeune - Crédits : Photo Patrice Dézallé

C'est une ville tranquille de la proche banlieue orléanaise, sise au bord de la Loire qu'elle traverse grâce au pont de l'Europe. Mais cet élégant ouvrage blanc, inauguré en 2000 par Lionel Jospin, n'est pas le seul atout architectural de Saint-Jean-de-la-Ruelle. La copropriété de la Prairie, dans le quartier des Salmoneries, était jusque dans les années 1970 une verdoyante résidence de standing de 300 logements.

A sa sortie de terre en 1962, elle était destinée à absorber l'important essor démographique de la ville, et notamment à héberger les travailleurs des usines Brandt et Thermor, principales pourvoyeuses d'emploi dans la municipalité. Mais les promesses d'un habitat de qualité ont tourné court. Année après année, le bâti s'est dégradé, et les peintures défraîchies concurrençaient les cloisons mal isolées et les vitres brisées. L'endettement progressif des habitants n'a rien arrangé : le journal local, La République du Centre, évoquait la somme de 811 000 euros de créances non recouvrées en 2015 pour l'ensemble de la copropriété.

Ambitieux programme de rénovation

Si les premières démarches vers une rénovation ont débuté en 1995, ce n'est que vers 2013 que les choses se sont accélérées, avec le lancement d'un plan de sauvegarde par arrêté préfectoral. La copropriété a alors voté en faveur d'un ambitieux programme de rénovation, comprenant ravalement de façade, réfection des toitures, isolation par l'extérieur ou encore remplacement des portes et des fenêtres. Surtout, la copropriété bénéficiera d'un tout nouveau système de chauffage par géothermie, à la place du gaz.

Cette solution énergétique profondément écologique (elle utilise la chaleur naturelle de la terre) doit permettre aux habitants de réaliser d'importantes économies. "De l'ordre de 60 % de réduction des charges de chauffage", estime Philippe Tervé, coordinateur du plan de sauvegarde pour la municipalité. Elle constituera également la première de la région à l'échelle d'un ensemble d'immeubles. Des nichoirs adaptés ont même été installés sur les parties supérieures des bâtiments, afin d'accueillir les oiseaux migrateurs qui ont pris l'habitude de s'y rendre.

Des financements publics et européens

Au vu de la situation sociale des habitants de la Prairie, de tels travaux ne pouvaient être réalisés sans l'appui de la puissance publique. Le coût total de 12 millions d'euros a alors été financé par l'Agence nationale de l'habitat (ANAH), la région Centre-Val de Loire et la métropole d'Orléans.

Impliqué très tôt dans le projet, le Fonds européen de développement régional (FEDER) a également permis d'allouer 798 000 euros au projet. Une somme issue du volet "économie à faible teneur carbone" du Fonds, et gérée par la région. Celle-ci dispose ainsi de 728 millions d'euros de l'Union européenne pour la période 2014-2020. 30 % de la somme totale restent à la charge des copropriétaires, qui devront payer entre 5 500€ et 16 000€ selon le logement.

Pour l'heure, les travaux se poursuivent sans retard, et l'ensemble de la rénovation devrait être terminé pour fin 2020.

 

L'Europe en région Centre Val de Loire