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[L'Europe en région] A Blois, "Les Bonnes Manières" offre des alternatives pour recycler ses vieux objets

Actualité 04.02.2021 Noémie Galland-Beaune

Première boutique du genre à Blois, la ressourcerie "Les Bonnes Manières" offre la possibilité aux habitants de donner une seconde vie à leurs objets du quotidien. Un projet, soutenu par le programme européen LEADER, qui séduit les clients et donateurs par son engagement écologique, économique et social.

La Ressourcerie "Les Bonnes Manières" permet d'acheter à petit prix des objets de seconde main destinés à être jetés

La Ressourcerie "Les Bonnes Manières" permet d'acheter à petit prix des objets de seconde main destinés à être jetés - Crédits : Page Facebook Ressourcerie Les Bonnes Manières

En 2017, Cédric Marmuse et Muriel L'Hernault décident d’ouvrir la première ressourcerie de Blois. Les deux amis de jeunesse souhaitent alors proposer une autre manière de consommer. Leur objectif : récupérer, valoriser et revendre à bas prix les objets destinés à la déchetterie. Aujourd'hui, jusqu'à une tonne d'articles arrive quotidiennement. "On nous amène principalement des vêtements, ensuite de la vaisselle, des bibelots et objets de décoration, puis des livres, mais les ventes sont proportionnelles et les vêtements représentent la moitié des recettes", explique le cofondateur Cédric Marmuse au journal local Le Petit Solognot. Un tri s’effectue alors entre les objets susceptibles d’être vendus directement, ceux qui nécessitent d'être recyclés et les autres en état d’usure. A la fin du processus, seulement 5 % des apports partent à la déchetterie.

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Pour cela, une équipe de volontaires s’affaire à vérifier la qualité des produits et tester les objets électriques et électroniques, comme le montre un reportage de Pierre Chevelle pour France 3. Trois ans après son ouverture, la boutique ne cesse de s’agrandir et compte désormais sept coprésidents, six salariés, quatre personnes en service civique et une trentaine de bénévoles réguliers. Une expansion qui va de pair avec le succès de la ressourcerie. "La fréquentation de la boutique est exponentielle depuis l’ouverture et en évolution positive permanente. On a de plus en plus d’usagers. Par exemple, le mercredi et le samedi, on a 100 à 150 passages en caisse, soit environ 300 personnes par jour", confie le cofondateur à La Nouvelle République. Selon les créateurs, le succès s'explique par la vocation environnementale du projet, visant à réduire les déchets en donnant une seconde vie aux objets du quotidien. Mais aussi par sa dimension sociale et économique, car les objets sont vendus en moyenne un tiers de leur prix initial. Pour partager cette nouvelle manière de consommer, la ressourcerie organise également des ateliers pour apprendre à recycler et réutiliser d’anciens objets.

Un projet soutenu par le programme LEADER

L’idée de cette ressourcerie a émergé dès la fin de l’année 2015 dans l'esprit de ses deux fondateurs. Elle voit le jour deux ans plus tard grâce au soutien de la communauté d’Agglomération de Blois, Agglopolys, mais aussi celui des subventions européennes et régionales. Le Ressourcerie Blésoise a ainsi bénéficié d’une aide de 30 000 euros du programme LEADER (Liaisons Entre Action de Développement de l’Economie Rurale) pour un budget total de 171 000 euros.

Ce dispositif européen accompagne les initiatives locales en faveur du développement rural, en misant sur l’innovation, la créativité, la durabilité et la mise en réseau des acteurs. Piloté par le Groupe d’Action Local Val de Loire Chambord (regroupant le Pays des Châteaux et la communauté de communes Beauce Val de Loire), il soutient les innovations durables et dynamiques pour l’économie de la région. Promotrice de l’économie circulaire, l'entreprise "Les Bonnes Manières" a pu bénéficier de ce soutien à ce titre.

Désormais, forts du succès de l’initiative, les deux fondateurs se disent optimistes. "Les recettes de l’activité sont en constante évolution, et nous avons pour but ultime de s’autofinancer", annonce Cédric Marmuse à La Nouvelle République. Un objectif en bonne voie puisque l'entreprise fonctionne actuellement avec 60 % de fonds propres, et qui permettrait d’acquérir de nouveaux locaux pour stocker les marchandises, toujours plus nombreuses.

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