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L'Europe dans la présidentielle 2012 : le programme de Jean-Luc Mélenchon

Actualité 20.03.2012

Difficile de savoir combien de militants du Front de gauche étaient réunis dimanche 18 mars sur la place de la Bastille. Selon le parti de Jean-Luc Mélenchon "120 000 personnes" auraient assisté au discours attendu du candidat à l’Election présidentielle. Traité de Lisbonne, Pacte de stabilité, Banque centrale européenne, le député européen accorde une place de choix dans son programme électoral. Selon un sondage de l’institut Ipsos-Logica Business Counsulting réalisé le 20 mars pour Radio France, France Télévisions et Le Monde, le candidat enregistre 11,5% d’intentions de vote au premier tour.

Réformer les traités européens

Traité intergouvernemental d'union budgétaire ou traité de Lisbonne, la position de Jean-Luc Mélenchon est claire. En cas d’élection, le candidat du Front de gauche entend remettre en cause le Traité de Lisbonne actuellement en vigueur et dénoncer le traité intergouvernemental qui a été signé par les chefs d’Etats européens le 1er mars dernier.

Sur les dossiers européens, le principal objectif de Jean-Luc Mélenchon est de réformer les traités et permettre aux Etats d'emprunter auprès de la Banque centrale européenne (BCE). Le député européen se prononce en faveur d’une "autre Europe", fondée sur un "socle populaire, social et solidaire". Très engagé pour soutenir la Grèce, il appelle à la solidarité contre l'austérité.

Le leader du Front de Gauche plaide pour une régulation économique et financière à l’échelle européenne. Pour y parvenir, il souhaite une réforme de la BCE qui doit être "contrôlée démocratiquement". Pour s'émanciper des marchés financiers, les Etats doivent pouvoir emprunter auprès de la BCE. L'institution "doit prêter directement à 1% aux Etats, ce qui éteindra la spéculation", explique-t-il.

Il s’oppose à la règle d’or budgétaire et souhaite "imposer une autre politique monétaire : l’euro ne peut rester cette monnaie forte qui pénalise notre économie". Il affirme ne pas être un partisan de la sortie de l'euro mais au maintien d’une zone euro refondée ou d’une nouvelle zone monétaire limitée aux seuls pays disposés à engager la refondation d’une union monétaire démocratique et sociale.

"Le système européen s’est trouvé mis au pied du mur et c’est la puissance économique dominante dirigé par les conservateurs allemands qui a donné le ton et les méthodes avec lesquelles les problèmes seraient réglés. La politique allemande repose sur une vision de l’état actuel de l’Allemagne : loin d’être le modèle que l’on nous vante, son économie approche de l'heure de vérité". Lors d’une intervention devant la presse étrangère le 16 février, le candidat a critiqué la domination de Berlin dans la définition des mesures européennes pour faire face à la crise. Pour lui, l’Allemagne n’est pas étrangère à la politique d’austérité en vogue dans de nombreux Etats membres.

En 2005, Jean-Luc Mélenchon avait appelé à voter non au référendum sur le traité établissant une Constitution pour l'Europe. A cette occasion, le candidat avait rompu avec le PS, alors dirigé par François Hollande, qui avait appelé à voter en faveur du traité.

Pour une Europe plus sociale

Jean-Luc Mélenchon propose également de renforcer les droits sociaux fondamentaux à l’échelon européen à travers la protection contre les licenciements collectifs et l’adoption d’un salaire minimum légal fixé dans chacun des pays de l’UE. Pour ce faire, il souhaite créer un fonds de développement social, écologique et solidaire européen.

Schengen

Pour le candidat du Front de gauche à la présidentielle, les annonces sur l’espace Schengen du candidat sortant Nicolas Sarkozy, lors de son meeting de Villepinte, relèvent "de la gesticulation". Selon le candidat du Front de gauche, mieux vaudrait s’attaquer "à la circulation des marchandises entre l’Union européenne et le reste du monde".

PAC et environnement

Jean-Luc Mélenchon propose la mise en place d’un Plan climat énergie européen ainsi qu’une profonde réforme de la Politique agricole commune (PAC). L’une de ses priorités est de réorienter la régulation du marché agricole en faveur d’une agriculture respectueuse de l’environnement. Cette régulation passerait notamment par l’interdiction des cultures et essais d’OGM en plein champ et de leur commercialisation.


En savoir plus :

Le parti de gauche

Jean-Luc Mélenchon : "Il y a en Europe une 'extrême-droitisation' de la droite comme réponse à la crise" (16/02/12) - Touteleurope.eu