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L'Europe dans la présidentielle 2012 : François Fillon présente sa vision de l'Europe

Actualité 09.03.2012

Dans une tribune parue le 8 mars dans Le Point, François Fillon explique que 2012 est davantage qu'une élection nationale car le destin de la France et celui de l'Europe sont entremêlés. Défendant le bilan européen de Nicolas Sarkozy, le Premier ministre décline la vision du président-candidat, militant pour plus d'Europe. Grâce aux traités initiés par le couple franco-allemand, par des politiques ciblées et par plus de gouvernance, il est possible de sortir de la crise, avec la zone euro en moteur de l'Union.

La France au coeur du sauvetage de l'Europe

Grâce au dynamisme et à la détermination de Nicolas Sarkozy, l'Union européenne parvient à sortir d'une crise qui aurait pu signifier la fin de l'Europe. C'est en ces termes que François Fillon loue l'action européenne du Président et sa capacité à mobiliser une nouvelle fois le couple franco-allemand pour trouver les solutions à la crise de la dette souveraine, qui n'avait pas été envisagée par les Etats membres. Le Premier ministre le rappelle, la fragilité de l'Europe a été sous-estimée et la réponse a nécessité de longues négociations.

Mais au-delà de la longueur du processus, M. Fillon met en avant le compromis qui a pu naître au sein des Etats membres et qui prend la forme de deux traités : le mécanisme européen de stabilité et celui sur la stabilité, la coordination et la gouvernance au sein de l'Union économique et monétaire. "Les 17 Etats membres de la zone ont décidé de se doter d'un instrument de solidarité d’une capacité initiale de prêt de 500 milliards d’euros : ce mécanisme constituera le pare-feu indispensable en cas d’attaques spéculatives".

Règle d'or budgétaire et investissements ciblés : les bases de l'avenir européen

Pour François Fillon, la clé est une "vigilance collective accrue, une meilleure surveillance des déséquilibres et plus de discipline au niveau européen". L'application concrète de ces principes n'est autre que la règle d'or budgétaire. Pour mettre un terme à la crise qui agite l'Europe, il est nécessaire que "chaque pays de la zone euro inscrive dans son droit de manière contraignante l'objectif d'équilibre budgétaire".

Ceci passe par une règle d’or renforcée et harmonisée au plan européen pour que chaque pays de la zone euro inscrive dans son droit de manière contraignante l’objectif d’équilibre budgétaire. Et M. Fillon d'ajouter "qu'avant de faire des leçons à Berlin sur la nécessité d’une relance de sa consommation ou à la BCE sur la nécessité d’une intervention accrue sur les marchés, les cigales devront démontrer aux fourmis qu’elles comptent vraiment régler les problèmes qu’elles ont trop longtemps négligés". A cet égard, le Premier ministre se montre critique envers le Parti socialiste qui souhaite renégocier le traité européen et donc de remettre en cause "la parole de la France".

La sortie de la crise sur les rails, François Fillon énonce également sa vision de l'Europe de demain. "Le temps est venu de passer à une véritable Union politique" estime le Premier ministre. L'enjeu pour retrouver la croissance est d'identifier les technologies clés pour l'avenir et d'investir massivement. "La mise en place d'un fonds européen de valorisation des brevets" est l'une des priorités européennes de l'UMP. En outre, les efforts doivent également être intensifiés dans les domaines de l'énergie et de la lutte contre le changement climatique. François Fillon milite pour un "plan d'urgence de croissance verte" et pour la fourniture de l'énergie en Europe à des prix justes.

La zone euro doit jouer un rôle moteur

François Fillon en appelle aussi à l'audace politique pour ces prochaines années européennes. Il se montre favorable à la mutualisation des moyens budgétaires et humains, notamment dans le domaine de la défense. Il milite en faveur d'une politique industrielle ambitieuse afin que puissent émerger de nouveaux "champions européens comme Airbus ou Ariane". Enfin, et peut-être surtout, M. Fillon estime qu'avancer à moins de 27 peut s'avérer judicieux en certaines occasions, par exemple "en matière de fiscalité des entreprises ou d'imposition des transactions financières".

"Eviter la paralysie de l'unanimité" est le seul moyen de relancer la confiance des citoyens en le projet européen. François Fillon s'oppose aux "consensus mous" et estime que "partager une monnaie unique impose des responsabilités accrues". Autrement dit, selon M. Fillon, la zone euro a un rôle moteur à jouer au sein de l'Union européenne, voire même un rôle d'exemple à suivre pour les autres Etats membres.