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L'Europe au sommaire de la revue Commentaire

Actualité 05.10.2006

Commentaire n°115 - DR

Après la directive Bolkestein


Alain Lamassoure, député européen, ancien ministre délégué aux Affaires européennes, tire les enseignements de "l'affaire" Bolkestein, après que la proposition de directive eut été profondément remaniée par le Parlement européen. Cette institution, plus que le Conseil et la Commission, "a su gérer en douceur l'entrée des députés venus des nouveaux Etats membres". Lors du débat sur la directive relative aux services, elle a agi comme une "machine à fabriquer des compromis" entre les  différentes formations politiques européennes.

Pour Alain Lamassoure, cette attitude tend à prouver que la plupart des forces politiques du continent ont dépassé le clivage traditionnel entre "marxistes" et "libéraux" pour se rallier au "modèle commun de l'économie sociale de marché".

La polémique écartée, Alain Lamassoure appelle à se pencher sur "les vrais problèmes du Marché commun en 2006" : l'équilibre entre sécurité des consommateurs et compétitivité des entreprises européennes, les nouvelles pratiques économiques induites par les mutations technologiques ou encore l'évolution du service public.


L'un des risques serait selon lui de sacrifier l'intérêt des usagers à celui de professions aux pratiques "corporatistes", une attitude exacerbée en France, où le débat sur la défense du service public "ne s'entend plus que comme la défense des intérêts catégoriels de ses agents". Pourtant, selon M. Lamassoure, "nos hôpitaux continueront d'avoir besoin des infirmières espagnoles, des urgentistes africains et des chirurgiens libanais". Une question finalement pas si éloignée du débat actuel sur l'immigration.
 

La France, l'Europe et le libéralisme

Thierry Chopin, directeur des études de la Fondation Robert-Schuman livre une réflexion sur rapports ambigus entre la France, l'Europe et le libéralisme en envisageant cette doctrine sous ses deux acceptions : politique (théorie des contre-pouvoirs) et économique (liberté du  marché).

Politiquement, la France, imprégnée de jacobinisme, éprouve une certaine difficulté à se concevoir comme une "démocratie libérale", où s'expriment des contre-pouvoirs. Economiquement, ce tropisme étatiste se double d'une remise en cause par les "nouvelles radicalités" d'un libéralisme jugé "incompatible avec l'exigence d'égalité". D'où une réticence française envers une Europe assimilée à la fois au fédéralisme et au marché.

Pour Thierry Chopin, cette Europe effectivement libérale est aujourd'hui confrontée à deux défis : clarifier les enjeux de la question socio-économique au sein du marché, c'est à dire  résoudre la "question de la solidarité" (l'auteur égratigne au passage le "mythe de l'Europe sociale") ; répondre à "la question de la légitimité et du choix démocratiques".
   

De l'euro-compatibilité de la Turquie

Anne-Marie Le Gloanec s'interroge sur le retour des "valeurs" dans  le débat sur l'adhésion de la Turquie, alors que seuls les critères techniques étaient pris en compte lors des précédents élargissements. Si cette question se pose, c'est surtout parce que "l'européanité" de la Turquie est plus difficile à saisir que celle des précédents candidats. L'auteur relate les principaux arguments de ce débat en mêlant actualité et références philosophiques pointues. Là où certains défendent une identité européenne ouverte, inclusive et a-historique, d'autres opposent la question des frontières, qui déterminent "avec qui on partage, et ce qu'on partage, solidarité et communauté de destin".


Pour Anne-Marie Le Gloanec, si cette question est si complexe, c'est que la Turquie et l'Europe sont des entités de taille, toutes deux en proie à un certain nombre d'ambiguïtés.

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