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L'Eurogroupe s'accorde sur le principe d'une aide à la Grèce

Actualité 16.03.2010

Aideront, n'aideront pas la Grèce ? Réunis lundi à Bruxelles les ministres des Finances de l'Eurogroupe (Etats membres de la zone euro) auront su maintenir le suspens jusqu'à la fin de cette première journée. En effet, alors qu'hier tout laissait à penser qu'aucun accord politique sur une aide financière n'émergerait de cette réunion mensuelle, l'Eurogroupe a annoncé hier soir qu'en cas de besoin les pays de la zone euro pourront apporter une aide financière à la Grèce, même si les modalités de cette aide n'ont pas été communiquées.

Accord politique sur l'aide à la Grèce

Il aura fallu plusieurs jours de négociations pour que les Etats membres de la zone euro accordent leurs violons. Ce week-end, l'octroi d'une aide financière à la Grèce paraissait acquis.

Mais hier en milieu de journée, les déclarations d'un porte-parole du gouvernement allemand allait dans le sens inverse.

C'est finalement dans la soirée que Jean-Claude Juncker, Premier ministre luxembourgeois et président de l'Eurogroupe, a annoncé hier depuis Bruxelles qu'un accord avait été trouvé sur le principe d'une aide financière des Etats membres de la zone euro à l'un des leurs, "en cas de besoin".

Or, pour le moment, la Grèce n'a pas réclamé d'aide financière aux autres membres et beaucoup, comme la France par la voix de sa ministre des Finances Chrsitine Lagarde, considère prématurée toute aide à Athènes.

Au-delà de cet accord, les détails de cette aide restent flous. Seule certitude, il devrait s'agir de prêts bilatéraux, mais le montant, les modalités ou le calendrier de cette aide n'ont pas été communiqués. La rumeur évoque une aide de 20 à 25 milliards d'euros.

Principal opposant à un soutien financière à la Grèce, l'Allemagne a demandé que les Etats assument politiquement leur engagement de principe lors du prochain Conseil européen de la fin mars. Rendez-vous donc les 25 et 26 pour voir si tous tiennent parole.

France et Allemagne s'opposent sur les stratégies économiques

Les deux puissances européennes semblaient pourtant faire front commun contre l'idée d'une aide financière à la Grèce lors de l'ouverture de cette réunion mensuelle de l'Eurogroupe hier à Bruxelles.

Mais la ministre française des Finances a surpris son homologue allemand en critiquant ouvertement la stratégie économique menée par son pays.

En effet, Christine Lagarde a déclaré que la politique allemande de réduction du coût de travail devenait intenable pour la zone euro et que la première puissance économique européenne devrait avant tout essayer de redynamiser sa demande intérieure. C'est en tout cas ce qu'elle a déclaré au Financial Times.

La ministre considère en effet que si la politique économique allemande se tournait un peu plus vers l'export, cela pourrait aider les pays européens endettés, en dynamisant leurs exportations et par ricochet en permettant le redressement de leurs finances publiques. L'objectif est également de miser sur la convergence économique entre les pays de la zone euro pour accompagner la monnaie unique.

S'exprimant à ce sujet à la clôture de cette première journée de réunion, Le commissaire européen aux Affaires économiques et monétaires, Olli Rehn, a semblé soutenir la position française en soulignant que "les pays disposant d'excédents de leurs comptes courants devraient promouvoir des réformes qui renforcent la demande intérieure", dans une référence à la situation de l'Allemagne.

La réaction allemande, elle, ne s'est pas fait attendre. La chancelière Angela Merkel, par la voix de son porte-parole, a fait savoir qu'il était "plus profitable de réfléchir ensemble à une stratégie de croissance, plutôt que d'obliger certains à se retenir artificiellement".

Elle a également rappelé le rôle du "Mittelstand" allemand, ce tissu de PME très spécialisées et fortement exportatrice, invitant à demi-mots les autres pays européens à d'abord faire de même ... avant de critiquer ?