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L'euro fort, ennemi des réformes "nécessaires" ?

Actualité 06.12.2006


Un euro fort ne favorise pas les réformes, par Eric Chaney
Telos-eu– Article – 04/12/06
(en téléchargement libre)

Eric Chaney, chef économiste Europe chez Morgan Stanley analyse la récente appréciation de l'euro vis-à-vis du dollar, en soulevant deux questions : l'euro continuera-t-il à être la seule variable d'ajustement face à la "dépréciation cyclique" du dollar ? L'euro fort est-il un moyen de pression efficace pour les réformes de fond en Europe, que l'auteur appelle de ses voeux ?

La politique de la réserve fédérale américaine maintient le dollar à un niveau peu élevé. Or, contrairement au yen, devise "la plus sous-évaluée parmi les monnaies de réserve", l'euro a de "bonnes chances de rester fort par rapport au dollar, tout en s'affaiblissant vis-à-vis du yen". Pourtant, selon Eric Chaney, il est "prématuré de s'alarmer des conséquences néfastes du taux de change sur la croissance".

L'auteur récuse l'idée selon laquelle la BCE favoriserait une appréciation tendancielle de la devise afin de forcer les gouvernements à opérer les réformes structurelles qu'elle juge souhaitable. Selon lui, un euro excessivement fort constitue un obstacle aux réformes et ne peut en aucun cas accélérer l'innovation et les restructurations industrielles des secteurs exposés à la concurrence et pour lesquels les variations de taux de changes ont très peu d'effets. L'euro fort avantage en revanche les secteurs protégés de la concurrence internationale, comme le commerce ou les services. Eric Chaney conclut sa démonstration en déplorant l'effet dissuasif d'une monnaie forte sur les réformes "nécessaires" : "un euro fort agit comme une subvention au bénéfice des secteurs protégés, rigides et peu productifs, au détriment des secteurs exposés, flexibles et innovateurs".