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L'euro, 4 ans après l'introduction des billets et des pièces

Actualité 18.05.2006

L'euro au quotidien

Quatre ans après l’introduction de l’euro, les Français (50%) sont, avec les Italiens (69%), les citoyens d’Europe affirmant le plus souvent éprouver encore des difficultés à utiliser la monnaie unique, contre 47% de l’ensemble des personnes interrogées dans les 12 pays utilisant l'euro.

Pourtant, les Français, comme la grande majorité des Européens interrogés déclarent ne pas avoir de réelle difficulté à reconnaître ou à manipuler les pièces (France : 72% - UE : 73%) et les billets (France : 95% - UE : 93%). Les avis sont toutefois plus partagés quant au nombre de pièces de valeurs différentes en circulation : en moyenne, 36% des répondants (41% des Français) estiment toujours qu’il y en a trop et, hormis les Allemands, les Finlandais et les Portugais, la plupart considèrent que les pièces de 1 (58%) et 2 (52%) cents devraient être supprimées. La grande majorité des Européens (62%) pense toutefois que la suppression des "petites pièces" ferait augmenter les prix, notamment en France où 79% des personnes interrogées partageant cet avis.

L’euro continue d’influencer les habitudes de consommation des Français (68%), comme de la plupart des habitants de la zone euro (65%) : 33% des personnes interrogées en France déclarent acheter plus parce qu’ils "ont du mal à se rendre compte de ce qu’ils dépensent", contre 35% qui dépensent moins par crainte de trop dépenser.

La quasi-totalité des Français (95%), comme des personnes interrogées (93%), restent de plus persuadés que l’introduction de l’euro a "accentué la hausse des prix" et estiment que l’adoption de l’euro n’a pas contribué à réduire les différences de prix dans la zone euro (59%).

En outre, avec les Espagnols (59%) et les Portugais (54%), les Français (56%) restent parmi les plus favorables au double affichage des prix, tandis que la majorité des Européens interrogés (54%) ne pensent pas qu’il leur soit utile que les commerçants poursuivent cette pratique. Par ailleurs, 47% des Français, comme 43% des Européens interrogés, continuent de calculer en francs lorsqu’ils font un achat exceptionnel. Au quotidien, en revanche, les Français semblent s’être plutôt bien adaptés à l’euro : 66% (+ 10 points par rapport à la moyenne) déclarent compter le plus souvent en euros lorsqu’il font des achats courants. Dans la plupart des pays, la tendance au cours des dernières années montre que les citoyens s’habituent progressivement à calculer en euros.

La majorité des Français témoignent d'une mauvaise connaissance des frais liés à l'utilisation d'une carte bancaire ou du transfert d'argent vers un autre pays de la zone. Les Français restent en effet convaincus qu’ils paient des frais supplémentaires lorsqu’ils retirent de l’argent à l’étranger (43%, +9 points comparé à la moyenne), qu’ils font des achats (42%, +12 points par rapport à la moyenne), ou qu’ils effectuent un transfert d’argent (52%, 14 points de plus que la moyenne) dans un autre pays de la zone euro.

La zone euro et le "Pacte de stabilité"

Un Français sur deux (50%), comme 45% des personnes interrogées, avoue ne jamais avoir entendu parler du "Pacte de stabilité et de croissance" ; 39% (+ 3 points par rapport à la moyenne) en ont déjà entendu parlé mais ne savent pas très bien de quoi il s’agit. Toutefois, informés que ce Pacte engage les Etats membres à limiter leur déficit budgétaire, 74% des Français (+2 points par rapport à la moyenne) considèrent alors qu’il "est une bonne chose car grâce à lui l'euro est une monnaie stable et forte". 46% (+3 points par rapport à la moyenne) estiment, malgré tout, qu’en cas de qu'en période de difficultés économiques, leur pays devrait être libre de ne pas respecter les limites budgétaires fixées par le Pacte.

En outre, la moitié des Français (50%) comme de l'ensemble des personnes interrogées (48%) pense que les mesures prévues contre les pays qui ne respectent pas le Pacte de stabilité ne sont pas appliquées de la même manière à tous les Etats membres. A ce titre, la majorité des Français (60%, + 10 points) jugent que leur pays ne respecte pas les règles du Pacte de stabilité, comme 78% des Allemands.

L’opinion générale est également partagée sur la coordination économique au niveau communautaire: un Français sur deux (53%) la juge insuffisante contre 46% des Européens.

En ce qui concerne la prochaine entrée des nouveaux pays membres dans la zone euro, 56% des Français pensent qu’elle devrait avoir un effet positif sur les consommateurs, notamment pour la comparaison des prix.

Les Français, l’euro et le monde : l’émergence d’une monnaie internationale ?

Quatre ans après l’adoption de la monnaie unique, la majorité des Européens interrogés (73%) estiment que l’euro a acquis un statut international, comme le dollar ou le yen. 70% des Français partagent cet avis et, pour la majorité d’entre eux (63%, +8 points par rapport à la moyenne), l’euro reste la monnaie la plus communément utilisée dans leurs déplacements. La moitié des Français (55%) comme de l'ensemble des personnes interrogées (54%) avoue cependant ne pas du tout être préoccupée par la valeur de l’euro par rapport au dollar.

L’euro, quatre ans après

Pour les Français, les principaux avantages de l’euro sont : des voyages facilités et moins chers (42%), un renforcement de la place de l’Europe dans le monde (19%) et une comparaison plus facile des prix (17%). L’augmentation des prix est la principale source de mécontentement chez les Français (61%) et les autres répondants (78%) ; 13% estiment par ailleurs que l’euro complique leur quotidien (+1 point par rapport à la moyenne).

Un répondant sur deux (51%) juge que l’adoption de l’euro a été une opération "globalement avantageuse" ; ce soutien est toutefois en légère baisse depuis 2002 (59%). Si 57% des Français partagent cet avis, l’opinion publique apparaît très partagée dans certains pays : aux Pays-Bas, 48% des répondants jugent l’opération désavantageuse, de même qu’en Italie (43%), en Allemagne (48%) et en Grèce (49%).

 

L'euro, 4 ans après l'introduction des billets et des pièces (pdf)

Sondage réalisé, en France, par TNS-Sofres pour le compte de la Direction Générale des Affaires économiques et financières (ECFIN) de la Commission européenne.

L’enquête a été réalisée par téléphone du 05/10/2005 au 14/10/2005 sur un échantillon de 1003 personnes, représentatif de la population âgée de 15 ans et plus. Une pondération a ensuite été appliquée aux résultats nationaux afin de représenter la population française.