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L'énergie dans l'Union européenne

Synthèse 29.08.2017 Jules Lastennet

Enjeu stratégique et international incontournable, l'énergie est un élément historique de la construction européenne. En la matière, l'Union européenne s'est fixée pour missions d'assurer l'approvisionnement énergétique du continent, de maintenir des prix abordables pour les ménages, les entreprises et les pouvoirs publics, et de réduire sa consommation. Cette dernière n'étant pas homogène en Europe, cela freine la constitution d'une véritable Union de l'énergie.

Eoliennes

Définitions

Les énergies fossiles désignent les énergies issues de la combustion de matière organique fossilisée et contenue dans le sous-sol terrestre. Les principales sources d'énergies fossiles sont le pétrole, le charbon et le gaz naturel. Elles sont présentes en quantité limitée et ne sont pas renouvelables à l'échelle de temps humaine. Leur consommation intensive a un impact négatif direct sur le changement climatique dans la mesure où elles dégagent, au moment de leur combustion, de grandes quantités de gaz à effet de serre.

Les énergies renouvelables s'opposent aux énergies fossiles et à l'énergie nucléaire qui, elles, ne sont pas renouvelables. Les énergies renouvelables sont multiples et diverses par leurs mécanismes physiques, chimiques ou biologiques. Elles proviennent du vent (ex : éolienne), du soleil (ex : photovoltaïque), de la chaleur terrestre (ex : géothermie), ou encore de l'eau (ex : hydroélectrique). Enfin, contrairement aux énergies fossiles, les renouvelables ne produisent pas de dioxyde de carbone.

L'efficacité énergétique désigne le rendement énergétique d'un processus ou d'un appareil par rapport à son apport en énergie. On cherche habituellement à maximiser l'efficacité énergétique afin de réduire la consommation d'énergie, notamment dans une optique environnementale.

L'Europe dans le monde

L'Union européenne est le troisième plus gros consommateur d'énergie du monde en volume derrière la Chine et les Etats-Unis. Une situation logique compte tenu de sa population, de son niveau de développement économique et industriel, mais aussi des efforts entrepris sur le plan environnemental. En effet, par habitant, la consommation énergétique de l'Europe s'est élevée à environ 3 200 kg d'équivalent pétrole en 2015, contre environ 6 800 kg aux Etats-Unis (chiffres : Banque mondiale).

En Europe, le secteur des transports est le premier consommateur d'énergie, devant ceux du bâtiment, de l'industrie et des services. Pour satisfaire la demande, l'Europe importe une large partie de son énergie : environ 40% de son charbon, 60% de son gaz et 80% de son pétrole. De fait, le continent ne dispose que de faibles ressources en hydrocarbures et ne produit que peu d'énergie. C'est toutefois le cas du Royaume-Uni (pétrole), de la France (nucléaire), ou encore du Danemark (énergies renouvelables, notamment éolien).

Dans ce contexte, la dépendance énergétique de l'Europe vis-à-vis du reste du monde est forte, et plus particulièrement de la Russie et du Moyen-Orient. A cet égard, cette dépendance énergétique est variable d'un pays à l'autre. Elle est inférieure à 25% au Danemark ou en Roumanie. Elle est inférieure à 50% en France, au Royaume-Uni ou en Pologne. Elle est comprise en 50 et 75% en Allemagne, en Espagne ou en Grèce. Et elle est supérieure à 75% en Italie, en Irlande et en Belgique.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Fonctionnement

Sur le plan énergétique, l'Union européenne a pour missions principales d'assurer la sécurité de l'approvisionnement, de contribuer à la stabilité des prix et de chercher à réduire la consommation globale.

Dès les années 1950 et les premières heures de la construction européenne, l'énergie a fait partie des domaines de coopération privilégiés en Europe. Avec la Communauté européenne du charbon et de l'acier (CECA), entrée en vigueur en 1952, et qui visait à éviter l'émergence de nouveaux conflits armés en Europe. Puis avec la Communauté européenne de l'énergie atomique (Euratom), entrée en vigueur en 1958 en même temps que le traité de Rome, en vue d'améliorer voire d'atteindre l'autosuffisance énergétique en Europe.

Qu'est-ce qu'Euratom

Cette dernière ambition n'est, à ce jour, pas réalisée, en raison principalement des différents choix énergétiques opérés par les Etats membres. Une hétérogénéité encore présente aujourd'hui. Seule la moitié des 28 pays européens a en effet développé une production d'énergie nucléaire sur son sol, celle de la France étant très largement la plus importante. Tandis que d'autres pays comptent par exemple encore sur le charbon, à l'instar de l'Allemagne (en raison de son désengagement nucléaire à la suite de la catastrophe de Fukushima) et de la Pologne.

S'agissant des énergies renouvelables, leur développement est plutôt récent en Europe et coïncide logiquement avec l'enracinement des considérations environnementales dans le débat public. A l'échelle de l'Union européenne, selon un accord passé entre les Etats membres en 2015 à l'occasion de la Conférence de Paris sur le climat (COP21), ces énergies propres devront avoir atteint la part de 27% dans la consommation européenne d'ici 2030. Ici aussi, les pays européens sont à des niveaux sensiblement différents. Plusieurs Etats, dont la Suède, la Finlande, le Danemark, l'Autriche, le Portugal ou encore la Lettonie ont d'ores et déjà atteint le seuil des 20% pour la part des énergies renouvelables dans leur consommation finale d'énergie. A l'inverse, les pays du Benelux, le Royaume-Uni, l'Irlande et la Hongrie se situent en-deçà des 10% (chiffres de 2014).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Enjeux et perspectives

Sur le plan énergétique, le principal enjeu, au niveau européen, est la constitution d'une véritable Union de l'énergie, qui signifierait l'intégration totale des marchés nationaux de l'énergie. La libéralisation de la fourniture d'énergie est à cet égard une réalité depuis 2004 en ce qui concerne les entreprises, les professionnels et les collectivités, et 2007 pour les particuliers. Même si des règles nationales demeurent pour favoriser certaines entreprises historiques.

En février 2015, peu de temps après son entrée en fonction à la tête de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker a relancé cette perspective d'Union de l'énergie. Le contexte est celui de la crise ukrainienne, de la montée des tensions entre l'Europe et la Russie, ainsi que de la guerre en Syrie. L'approvisionnement énergétique de l'Union européenne est menacé et les Européens souhaitent diversifier leurs importations d'énergie.

En outre, l'Union de l'énergie doit permettre de désenclaver certains Etats membres, afin qu'ils cessent d'être des "îles énergétiques", pour reprendre les mots l'ancien président du Parlement européen Jerzy Buzek. Dit autrement, le but est de réduire les situations d'isolement d'un Etat membre par rapport aux réseaux de gaz et d'électricité et de réaliser des investissements dans les infrastructures pour assurer un approvisionnement ininterrompu. L'harmonisation du marché de l'énergie européen permettrait de réaliser des économies d'échelle et de renforcer coopération et solidarité. Ainsi, une collaboration comme celle liant la France, l'Espagne et le Portugal en matière d'électricité et de gaz est appelée à se généraliser à l'échelle européenne.

Enfin, dans les mois et années à venir, l'Europe fera immanquablement l'objet d'une attention particulière concernant ses engagements et réalisations dans les énergies renouvelables et l'efficacité énergétique, composantes incontournables de la lutte contre le changement climatique. En juin 2017, l'objectif européen en matière d'énergies renouvelables est passé de 27 à 30% d'ici à 2030, mais sans caractère contraignant. ONG et associations n'ont alors pas manqué de voir ici une stagnation dans les engagements environnementaux européens, 18 mois après la COP21.