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L'Eglise catholique prend parti pour le oui

Actualité 23.09.2009

Bishop Noel Treacy, évêque et membre du comité de l'Eglise catholique sur les affaires européennes a confirmé que les fidèles catholiques n'avaient aucune raison de voter contre le traité de Lisbonne pour des motifs éthiques ou moraux.

 

"Un catholique peut, sans réserve et en bonne conscience, voter en faveur du traité" a-t-il déclaré. "Il n'existe pas de raison éthique ou morale de voter contre le traité".

 

Lors de son audition devant le parlement irlandais le 16 septembre , il a également confirmé que le traité de Lisbonne ne changera pas la position juridique en Irlande sur l'avortement. L'évêque a voulu clarifier la position officielle de l'Eglise. "Il y a des groupes qui distribuent de l'information erronée et trompeuse sur le traité. Ils ne parlent pas au nom de l'Eglise", a-t-il dit.

Hier le comité des évêques a publié un communiqué sur la position officielle de l'Eglise en Irlande. Selon ce communiqué: "Un catholique peut voter oui ou non en bonne conscience. La mise en commun de la souveraineté dans des domaines précis, tout en respectant la subsidiarité, peut renforcer l'intérêt général des européens" ont-ils ajouté.

Cette prise de position ouverte en faveur du traité est en contraste avec le silence de l'Eglise lors du premier référendum. Elle ne s'était pas prononcée sur le traité alors que des groupes ultra conservateurs distribuaient des tracts contre le traité à la sortie des églises. Des groupes tels que Cóir avaient mené une campagne agressive sur le danger moral que poserait, selon eux, le traité de Lisbonne pour les "valeurs morales" de la société irlandaise.

 

Ils prétendaient que le traité permettrait l'introduction en Irlande de la prostitution, des drogues dures, de l'euthanasie et de l'avortement. Leurs brochures étaient distribuées à la sortie des messes ce qui donnait l'impression qu'ils avaient l'imprimatur de l'Eglise. L'absence de message clair de la part de l'Eglise prêtait à la confusion.

Très critiques face à la réticence de l'Eglise catholique en 2008, les partis politiques avaient encouragé l'Eglise à prendre position sur le traité. Le Cardinal Séan Brady avait défendu le choix de l'église de ne pas intervenir dans le débat car selon lui la campagne sur le traité était du ressort des politiques. Craignant une réaction négative si l'Eglise se prononcait sur le traité, il avait préféré gardé le silence.

En effet, même si l'influence de l'Eglise a beaucoup diminué pendant les années 90, elle reste un acteur influent. Ces fidèles sont en général plus âgés, se situant donc dans la catégorie de ceux qui sont plus enclins à voter.

Cette prise de position de l'Eglise élargit le champ des acteurs de la société civile qui se sont prononcés pour le oui. Avec le soutien des agriculteurs au traité, cette année témoigne d'un retournement de l'opinion et d'un engagement plus fort des décideurs et des acteurs majeurs de la société irlandaise.