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L’Ecosse restera dans le Royaume-Uni

Actualité 22.09.2014

Après 16 semaines de campagne électorale et un enthousiasmant tête-à-tête entre indépendantistes et unionistes dans les sondages, l’Ecosse a enfin tranché. Le "non" a remporté le référendum avec 55,3% des voix, contre 44,7% pour le "oui". Après 307 ans de vie commune, Londres et Edimbourg poursuivront leur route ensemble, mais très probablement sous de nouvelles conditions.

Partisans du "non" à l'indépendance de l'Ecosse

Une "majorité silencieuse"

Impossible de croire à la victoire du "non" en se baladant dans les rues d’Edimbourg. Affiches du "Yes" encore accrochées aux fenêtres, tracts du SNP qui envahissent les bancs et les parebrises, drapeaux bleus et blancs qui flottent sur les terrasses. Pourtant, dans la capitale écossaise la cause indépendantiste n’a convaincu que 38,9 % des habitants, contre 61,1% qui ont voté pour le "non". "Les électeurs du 'non' sont discrets, n’ont pas besoin d’afficher ce qu’ils vont voter", affirmait hier un militant unioniste devant un bureau de vote à Leith, la zone portuaire d’Edimbourg. La raison est sans doute celle-là.

Au lendemain du référendum qui a fait trembler le Royaume-Uni, la réponse de l’Ecosse est claire : l’union avec l’Angleterre, qui date de 1707, se poursuivra. Le "non" a remporté le vote dans 28 des 32 comtés du pays, dépassant les indépendantistes de près de 400 000 voix. Seulement à Glasgow, à Dundee et dans le comtés du North Lanarkshire et du West Dunbartonshire le "oui" a été majoritaire. A la frontière avec l’Angleterre, la cause unioniste a remporté deux tiers des votes : 65,7 % dans le Dumfries et Galloway et 66,6 % dans le Scottish Borders.

De nouveaux pouvoirs pour l’Ecosse

Le résultat du référendum est donc clair et ne pourra pas être mis en doute, d’autant plus que le taux de participation a été particulièrement élevé : 84,6 %. Cependant, le fait que 1,6 million d’Ecossais aient voté pour l’indépendance va redéfinir les relations entre Edimbourg et Londres. "Les Ecossais ont décidé de ne pas devenir indépendants à ce stade", a affirmé ce matin le Premier ministre écossais Alex Salmond. "Beaucoup d’entre eux ont voté 'non' dans l’attente que de nouveaux pouvoirs soient attribués au parlement d’Edimbourg [comme promis par le front unioniste]", a-t-il poursuivi, "je m’attends à ce que cela se fasse très rapidement".

La réponse de David Cameron ne s’est pas fait attendre. Depuis Downing Street à Londres, le Premier ministre britannique s’est félicité pour la victoire du "non" et a assuré que son gouvernement respectera ses promesses de "dévolution". "Les nouveaux pouvoirs regarderont les taxes, les dépenses publiques et le welfare", a-t-il affirmé. Avant de préciser que Lord Smith of Kelvin sera en charge de la réforme. Le Premier ministre du Pays de Galles, Carwyn Jones, a également appelé à une réforme des rapports entre les différents pays du Royaume : "la vieille union est morte, nous devons en bâtir une nouvelle".

Mais le nouvel équilibre de pouvoirs entre Royaume-Uni et Ecosse ne prévoit pas que des avantages pour cette dernière. Comme l’avait annoncé il y a deux jours le leader libéral-démocrate Nick Clegg, "les députés écossais à Londres ne doivent plus voter les lois qui ne concernent que l’Angleterre". Ce matin, Nigel Farage (UKIP) est revenu sur ce point, en souhaitant que cette nouveauté soit prise en compte dans la réforme.

Cet après-midi, la Reine devrait se prononcer pour essayer de réunifier un Royaume aujourd’hui très, très divisé.