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L'économie européenne et l'euro

Synthèse 29.08.2017 Vincent Lequeux

Quel est le poids économique de l'Europe dans le monde ? Comment fonctionne la zone euro ? Quelles sont les règles mises en place par l'Union européenne ? L'essentiel sur le sujet en 3 minutes.

Economie européenne et euro

L’Union européenne, deuxième puissance économique mondiale

Avec 16 400 milliards de dollars en 2016, l’Union européenne est la 2e puissance économique du monde (elle était la première en 2014). Elle représente 22% du PIB mondial, derrière les Etats-Unis (25%) et devant la Chine (15%), le Japon (7%), l’Inde (3%), le Brésil (2%) et la Russie (2%).

Le revenu national (RNB) de ses habitants est d’environ 33 000 dollars par personne en 2016, loin derrière les Etats-Unis (56 000$) et légèrement derrière le Japon (38 000$).

Comme le reste du monde, l’Union européenne a été fortement touchée par la crise économique et financière à partir de 2008. Après plusieurs périodes de récession, elle a renoué avec la croissance à partir de 2013, son PIB devant augmenter de 1,8% en 2017 et 2018 (respectivement 1,6% et 1,8% pour la zone euro). Par ailleurs, pour la première fois depuis 2008 tous les pays de l’Union européenne ont connu la croissance en 2016. Une tendance qui, selon les prévisions de la Commission, devrait perdurer en 2017 et 2018.

La crise a également provoqué une explosion des déficits et des dettes publics des Etats membres, notamment dans la zone euro. Toutefois ceux-ci sont désormais en diminution : le déficit public de la zone euro devrait atteindre 1,4% du PIB en 2017 et 2018, tandis que sa dette publique avoisinerait les 90% du PIB en 2017 et 2018.

Le taux de chômage, lui aussi en forte augmentation depuis l’éclatement de la crise, s’est réduit à 8,5% en 2016 dans l’Union européenne (10% en zone euro). Il devrait passer sous la barre des 8% en 2018.

Enfin, l'Union européenne est la 3e puissance commerciale du monde, hors échanges intraeuropéens. Ses échanges avec le reste du monde représentent 15% du commerce international de biens.

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Des divergences au sein de l’Union européenne

Au sein de l’Union européenne, la richesse est diversement répartie. Ainsi, les cinq plus grandes économies (Allemagne, Royaume-Uni, France, Italie et Espagne) représentaient 68% du PIB européen en 2016, tandis que la zone euro dans son ensemble en totalisait près de 71%.

Au sein de l'UE, le PIB par habitant indique également de fortes disparités : avec un niveau de plus 30 000€ dans les pays du nord de l'Europe, il atteint à peine 20 000€ dans plusieurs pays de l'est de l'UE. La valeur la plus élevée a été enregistrée pour le Luxembourg, où le PIB par habitant était environ 2,7 fois supérieur à la moyenne européenne en 2016. À l’inverse, il était inférieur à la moitié de cette moyenne en Bulgarie.

Néanmoins, une certaine convergence du niveau de vie est intervenue, la plupart des États membres qui ont rejoint l’Union en 2004, 2007 ou 2013 s’étant rapprochés de la moyenne de l’UE, malgré quelques revers pendant la crise économique et financière.

Enfin, les échanges commerciaux au sein de la zone euro continuent d’augmenter pour atteindre près de 3 070 milliards d'euros en 2015. L’Allemagne totalise 22,6% des exportations à destination d'autres Etats membres (contre seulement 12% pour la France).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Le pouvoir d'achat des Européens

La création de la zone euro

La création de la Communauté économique européenne (CEE) en 1957, elle-même inspirée de la CECA qui supprime les obstacles à la circulation du charbon et de l’acier, obéit en partie à des objectifs économiques. Il s’agit, avec le marché commun et l’union douanière, de favoriser la croissance du continent, alors très fragmenté, au moyen d’une plus grande intégration économique entre ses Etats membres. Lancé en 1986, le marché unique renforce cette intégration en instaurant les "quatre libertés" (circulation des biens, des services, des capitaux et des personnes).

Avec le traité de Maastricht, certains Etats décident d’aller encore plus loin en créant une "Union économique et monétaire" et une monnaie unique : l’euro. Celle-ci entre en circulation en 1999, avec pour objectif de faciliter à nouveau les échanges entre ses membres. Cette union donne notamment naissance à la Banque centrale européenne (BCE), chargée de contribuer à la stabilité des prix en limitant l’inflation. Elle s’accompagne par ailleurs d’un "pacte de stabilité et de croissance", qui impose aux Etats membres de maintenir leurs niveaux de déficit et de dette publics en deçà d’un certain niveau (respectivement 3% et 60% du PIB).

19 pays sont aujourd’hui membres de la zone euro. Certains pays ont délibérément choisi de ne pas y participer (Royaume-Uni, Danemark et Suède), tandis que les autres ne satisfont pas encore les critères économiques pour la rejoindre.

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Le renforcement de la coordination économique après la crise

La crise économique et financière de 2008 a mis en lumière un certain nombre de lacunes dans la coordination économique des Etats européens : manque de convergence entre les économies, mécanismes de solidarité inefficaces, faiblesse des banques…

Pour y faire face, plusieurs instruments ont ainsi été créés ou renforcés après la crise. Pour n’en citer que quelques-uns, le Semestre européen permet à l’Union européenne de mieux contrôler les comptes de chaque Etat, afin d’éviter tout dérapage budgétaire de l’un d’entre eux qui pourrait mettre les autres en péril. Plusieurs pays du Sud, au premier rang desquels la Grèce, ayant été fortement touchés par la crise, un mécanisme européen de stabilité visant à apporter, sous conditions, une aide financière aux États et banques en difficulté. La Banque centrale européenne a quant à elle racheté les dettes des Etats en difficulté, une mesure longtemps considérée comme taboue, en particulier par l'Allemagne. L’Union bancaire, encore inachevée, renforce la prévention et la gestion des éventuelles faillites bancaires. Enfin, le plan Juncker, tout comme le projet d’union des marchés de capitaux, visent à relancer l’investissement en Europe.

Les débats autour de l’économie européenne et de l’euro

L’économie européenne concentre une grande partie des débats sur l’UE. Si celle-ci est sans conteste parvenue à devenir une puissance économique mondiale, son principal insuccès de ce point de vue réside dans la persistance, voire l’accroissement depuis la crise, des inégalités entre Etats membres et plus particulièrement au sein de la zone euro.

Pour un certain nombre d’économistes (ArtusAglietta…), cette divergence est inhérente à la zone euro telle qu’elle a été construite, puisqu’il manque à cette union monétaire une union budgétaire permettant des transferts financiers plus importants. Sans aller jusqu’à cette éventualité, aujourd’hui refusée par l’Allemagne qui préfère maintenir des politiques budgétaires nationales, la Commission européenne insiste depuis 2016 sur la nécessité pour les pays en excédent budgétaire d’augmenter leurs investissements dans l’intérêt de l’UE.

Un autre débat concerne la gestion de la crise et les réformes, parfois d'austérité, impulsées par l’Union européenne et l'Eurogroupe. Une politique axée sur la réduction des déficits publics, souvent jugée excessive voire contre-productive, en particulier dans la gestion de la crise grecque, et qui a fortement nui à l’image de l’UE auprès des citoyens.

En France comme dans d’autres pays, la sortie de l’euro est envisagée par un certain nombre de partis, la plupart populistes, bien que la plupart des économistes s’accordent à dire qu'un tel scénario serait extrêmement dommageable pour le pays en question. La question a été tout particulièrement posée pour la Grèce en profonde crise, mais réapparait également lors de campagnes électorales comme la présidentielle française de 2017.

A l’inverse, d’aucuns plaident pour un renforcement de la zone euro. Le sujet est notamment à l’étude de la réflexion des Etats membres sur l’avenir de l’Union européenne à 27, et compte parmi les souhaits du nouveau président français. Au nombre des évolutions régulièrement évoquées figurent la création d’un ministre des Finances, d’un parlement et d’un budget spécifiques à la zone euro.