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L'avenir de la zone euro au programme des 15 ans du CHEDE

Actualité 28.09.2018

Les anciennes promotions du Cycle des hautes études pour le développement économique (CHEDE) de l'Institut de la gestion publique et du développement économique ont été invitées à parler d'Europe, mercredi 26 septembre, à l'occasion des quinze ans de l'organisation. Au programme de cette consultation citoyenne : l'avenir de la zone euro et la montée de l'extrême droite.

Actuelle et anciennes promotions du CHEDE sont venues assister aux conférences organisées pour les 15 ans du cycle d'études - Crédits : IGPDE

Actuelle et anciennes promotions du CHEDE sont venues assister aux conférences organisées pour les 15 ans du cycle d'études - Crédits : IGPDE

C'est au sein du vaste centre de conférences Pierre Mendès-France du ministère de l'Économie et des Finances que le CHEDE a choisi de fêter ses quinze ans. Organisé par l’Institut de gestion publique et de développement économique (IGPDE), cet opérateur de formation des ministères économiques et financiers propose aux cadres supérieurs de la fonction publique, du monde économique, des syndicats ou encore des ONG, un an de sessions mensuelles d’échange et de formation sur des thématiques économiques : RSE, entreprises, innovation, etc.

Au-dessus de l'imposante scène, le 26 septembre, des dizaines de photos des précédentes promotions défilent donc en attendant le début du colloque : visites d'entreprises, séminaires, voyages d'études en Europe...

Ainsi sensibilisées aux questions européennes, les anciennes promotions comme l'actuelle étaient toutes représentées ce mercredi après-midi pour débattre avec des intervenants prestigieux sur l'avenir de l'Europe. Au programme de cet événement labellisé "Consultations citoyennes" : l'avenir de la zone euro et la montée des partis contestataires partout en Europe.

La crise de 2008 : origine de la montée des partis contestataires ?

Pendant près d'une heure, Odile Renaud-Basso, la directrice générale du Trésor – l'antenne de Bercy chargée de suivre la conjoncture économique et de chiffrer les potentielles réformes – revient sur les évolutions de l'architecture de la zone euro depuis la crise. "Je veux démontrer que du chemin a été parcouru même s’il reste des choses à faire pour protéger la zone d'un nouveau choc", introduit la haute-fonctionnaire, avant de dérouler les grandes réformes budgétaires et financières de ces dix dernières années : mécanisme européen de stabilité (MES), renforcement des règles budgétaires, union bancaire... "Pour nous, c'est très important de continuer la construction de la zone euro, car c'est un signal politique important", mais la difficulté est de réussir à mettre tous les pays d'accord sur la nécessité de responsabiliser les États membres lorsque l'on met en place des mécanismes de solidarité, explique Mme Renaud-Basso.

Le panel suivant relativise quant à lui les conséquences de la crise économique sur la montée de ces partis contestataires. Pour Hubert Védrine, ancien ministre des Affaires étrangères de Lionel Jospin, la "perte de confiance des corps électoraux dans les deux lignes dominantes fixées par les élites depuis trente ans, la mondialisation et l'intégration européenne", n'est pas un phénomène "brusque et récent". Les classes populaires puis moyennes ont constaté depuis un moment que la mondialisation ne leur a pas "automatiquement profité" et que l'intégration européenne ne les a pas nécessairement protégés des écueils de l'ouverture des économies. Déjà en 1992, alors que "toutes les personnes qui avaient accès à une parole publique étaient pour le "oui" au référendum sur le traité de Maastricht", le texte n'a été approuvé qu'à 51,04% des voix.