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L'Aquila : un an après le séisme, une ville toujours meurtrie

Actualité 06.04.2010

Le 6 mars 2009, un séisme désastreux faisait trembler la ville de l'Aquila, au centre de l'Italie. Un an après, l'heure du bilan est inexorablement arrivée. Comment la ville s'est-elle reconstruite ? Quelle aide l'Union européenne a-t-elle apportée aux habitants de l'Aquila ? A-t-elle été suffisante pour redonner à cette ville son visage d'antan ?

Une aide européenne conséquente ...

A l'époque, vu l'ampleur de la catastrophe, le ministre des Affaires européennes Andrea Ronchi se voulait rassurant et se disait convaincu que "l'Union européenne [ferai] quelque chose d'extraordinaire".

"Je ne suis pas habitué à faire des prévisions financières, mais je suis sûr que la somme octroyée sera importante"déclarait-il.

La prophétie ministérielle s'est traduite le 20 novembre 2009 par la signature d'un accord chiffré de 493,7 millions d'euros consacré à la reconstruction de la ville.

Par cet acte, la Commission autorisait l'Italie à avoir recours au Fonds de solidarité de l'Union européenne et définissait les modalités de gestion des aides financières.

Comme l'avait prévu le ministre Ronchi, l'Union européenne a donc fait preuve d'une grande générosité. En effet Pawel Samecky, alors commissaire européen en charge de la Politique régionale, a reconnu que l'aide octroyée à l'Aquila est "le [montant] plus important prélevé du Fonds de solidarité de l'Union européenne depuis sa création" .

Mais les efforts de la Commission, tout en étant conséquents, n'ont pu suffire à restituer à la ville italienne son ancienne splendeur, les dédommagements s'élevant à 10,2 milliards d'euros.

... mais insuffisante pour faire renaître l'Aquila

En effet, le gouvernement italien n'a pas su fournir l'aide financière complémentaire, et nécessaire. Eet ses initiatives ont été parfois inadaptées aux exigences de la situation.

A commencer par le déplacement du G8 à l'Aquila, qui avait pour but de sensibiliser la communauté internationale et de servir de vitrine pour attirer nombre de visiteurs dans la ville.

Cette initiative répondait pourtant aux souhaits de la protection civile, persuadée que la transmission des images au niveau planétaire représenterait une occasion historique et aiderait à la reconstruction.

Mais contrairement aux attentes, le tourisme culturel a baissé de 70% et aucune mesure efficace ne semble avoir été prise pour permettre la renaissance du patrimoine historique.

Au contraire l'argent dépensé pour l'organisation du G8 (185 millions d'euros en trois jours) est largement supérieur à l'argent obtenu grâce à cet événement (49 millions d'euros).

De son côté, le ministère de la Culture italien n'a octroyé que 2 millions d'euros, alors que certains pays étrangers ont fait preuve d'un esprit de solidarité bien plus significatif.

La France, l'Allemagne, la Russie et même le Kazakhstan ont ainsi 'adopté' des monuments de la ville, pour un financement respectif de 3,2 millions, 3 millions, 7 millions 1,7 millions d'euros.

Mais en ce 6 avril, après un an de sacrifices et d'espoir, la colère des habitants de l'Aquila est devenue insoutenable. La ville est encore un chantier et personne ne semble en mesure de dire combien de temps dureront les travaux.

Quand on pense qu'au lendemain du drame le gouvernement parlait de reconstruire la ville dans les 5 ans à venir…