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Juncker à la Maison Blanche, incendies en Europe, Carles Puigdemont à Bruxelles, Brexit… les 4 infos de la semaine à retenir

Actualité 27.07.2018 Agathe Peigney (avec la rédaction)

Cette semaine, l'Union européenne est apparue rassemblée : solidarité vis-à-vis de la Grèce et de ses violents incendies, succès des négociations commerciales face aux Etats-Unis… au contraire du Royaume-Uni, sujet à de profondes divisions. Pendant ce temps, le Catalan Carles Puigdemont fait son retour à Bruxelles. 

Juncker à la Maison Blanche, incendies en Europe, Carles Puigdemont à Bruxelles, Brexit… les 4 infos de la semaine à retenir

Theresa May, Première ministre britannique et Jean-Claude Juncker, Président de la Commission européenne

 Brexit : "is it worth it" ?

Alors que le gouvernement de Theresa May est en proie aux crises au sujet du Brexit, de plus en plus de Britanniques s'interrogent : "is it worth it"?, rapporte Le Parisien. Dans ce climat difficile, Theresa May a annoncé le 24 juillet qu'elle allait prendre elle-même la direction des négociations sur la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne. Dominic Raab, nommé il y a peu au poste de ministre de Brexit, "se contentera [quant à lui] d'exprimer les vues du 10 Downing Street" et s'occupera plus particulièrement de l'approvisionnement du territoire (dans l'hypothèse d'un rétablissement brutal des barrières douanières entre le pays et ses voisins).

La Première ministre britannique a notamment insisté sur le fait "qu'il est essentiel que le gouvernement s'organise de la  manière la plus efficace pour permettre au Royaume-Uni de sortir de l'Union européenne". Un objectif qui semble pourtant difficile à atteindre. En effet, les négociations piétinent et Theresa May apparait de plus en plus fragilisée à la suite des défections de deux de ses ministres – Boris Johnson et David Davis – et des divisions au sein des tories. Autant le camp des conservateurs que celui des travaillistes réclament son départ. Les premiers critiquent ses positions jugées trop conciliantes envers Bruxelles,les secondes lui reprochent son "manque criant d'autorité". Des positions qui menaceraient la sauvegarde de "l'essentiel des liens avec l'Europe unie", analyse l'Express.

Pour l'heure, les négociations entre Bruxelles et Londres achoppent encore sur de nombreux points : la question de la frontière irlandaise, la définition d'une période de transition ou encore l'accès au marché intérieur. Ouest-France rapporte qu'une déclaration politique relative au cadre de la relation future entre le Royaume-Uni et l'UE est actuellement en gestation. Elle ne doit cependant pas être confondue avec l'accord de sortie. Cette déclaration a en effet pour but de "fixer les grands principes de la relation future", explique  l'Express.

Enfin, la possibilité d'une sortie sans accord apparaît de plus en plus crédible. Une autre hypothèse émerge également : celle d'un deuxième référendum, souhaité autant par les travaillistes comme Tony Blair que par les ultraconservateurs comme Nigel Farage. Si le 10 Downing Street rejette une telle issue, elle reste néanmoins ouverte. Pour Christian Lequesne, professeur à Science Po spécialiste de la politique britannique, "la situation n'a jamais été aussi volatile".

 

Incendies en Suède et en Grèce : l'UE active son mécanisme européen de solidarité

Incendies en GrèceIncendies en Grèce - Crédits : Lotus R / CC BY 2-0

Depuis le 23 juillet, la Grèce est en proie à de violents incendies, les plus meurtriers depuis 2007. Le bilan s'alourdit ce vendredi à 82 morts, plus de 180 blessés, sans compter plus de 1000 habitations et 300 véhicules ravagés par les flammes, rapporte Le Monde. Face à l'ampleur du drame, le Premier ministre Alexis Tsipras a déclaré mardi soir trois jours de deuil national.

Plus tôt dans la semaine, la Grèce a fait appel aux Etats membres de l'UE en activant le Mécanisme européen de solidarité. Un plan d'aide qui s'est traduit par le déploiement d'équipes spécialisées, coordonnées par des experts. Bruxelles a également fait intervenir la RescUE, une force de réserve de sécurité civile. Cette dernière a alors apporté du matériel de lutte contre les incendies de forêts et des avions bombardiers à eau.

En Grèce, "la gestion de la crise fait [néanmoins] polémique", indique Le Monde. Le gouvernement a annoncé plusieurs mesures : indemnisation des familles, prises en charge des obsèques, exonération des rescapés de la taxe foncière et du paiement de l'électricité pour 2018. Mais il est pointé du doigt pour son "incapacité (…) à protéger ses citoyens" situés pourtant "à quelques kilomètres d'Athènes" [Ta Nea]. Quant aux causes de ces drames, la piste criminelle est de plus en plus sérieusement envisagée : pas moins de 15 départs de feu simultanés ont en effet été observés autour d'Athènes. Selon une membre d'association environnementale, "les pyromanes cherchent à brûler les forêts pour en faire des terrains constructibles". En réaction, le gouvernement a demandé deux drones américains pour surveiller d'éventuelles activités illégales.

Outre la Grèce, les pays du nord de l'Europe sont aussi sévèrement touchés par la chaleur et les incendies. La Suède n'a quasiment pas enregistré de précipitations en près de trois mois, et a également enclenché le Mécanisme européen de solidarité. Pour l'heure, plus de 25 000 hectares ont été ravagés, rapporte Le Monde. De leur côté, la Lettonie, la Finlande (province septentrionale de la Laponie) et la Norvège (sud) sont également en proie à de nombreux incendies. Le réchauffement climatique est mis en cause, et les climatologues alertent sur les années à venir.

 

Visite de Juncker à la Maison Blanche : un armistice inattendu

Donald Trump et Jean-Claude JunckerDe gauche à droite : Donald Trump et Jean-Claude Juncker - Crédits : Etienne Ansotte / Commission européenne - Service audiovisuel

Contre toute attente, la rencontre entre le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker et le président américain Donald Trump a permis d'aboutir à un accord provisoire, le 25 juillet à Washington. Elle a ainsi permis de désamorcer la crise née de la mise en place de taxes douanières punitives imposées réciproquement par Bruxelles et les Etats-Unis.

Les deux dirigeants se sont entendus sur plusieurs domaines, entre autres l'agriculture, l'industrie et l'énergie. Les Européens se sont engagées par exemple à acheter plus de gaz naturel et de soja américain, ce qui permettra "d'offrir un débouché aux farmers frappés par les contre-sanctions chinoises", indique Le Monde. De son côté, Washington a suspendu la menace de taxer jusqu'à 25% les importations d'automobiles européennes. Il s'agit néanmoins de mesures de court terme, l'objectif étant à plus longue échéance "d'avoir zéro droit de douane, zéro barrière non tarifaire et zéro subvention sur les biens industriels hors automobile". Les deux parties ont également affiché leur volonté de réformer l'Organisation mondiale du commerce (OMC).

Si beaucoup ont été surpris par l'accord, plusieurs raisons semblent avoir amené à sa conclusion. Donald Trump fait en effet  face au mécontentement de professionnels dans de nombreux secteurs économiques. Notamment dans l'industrie, où les constructeurs automobiles américains Harley Davidson ou Whirpool, déplorent actuellement de mauvais résultats, conséquence directe de la guerre commerciale. Même plaintes du côté des agriculteurs du Midwest frappés par les taxes chinoises sur le soja et le porc.

Berlin considère que la discussion a été "constructive", tandis que Paris appelle à plus de clarté, rapporte Le Figaro. Un avis que partage Mario Draghi, président de la Banque centrale européenne, pour qui la "menace du protectionnisme reste importante".

 

Catalogne : l'indépendantiste Puigdemont de retour en Belgique

Carles PuigdemontCarles Puigdemont - Crédits : Convergència i Unià / CC BY 2.0

Fin de la semaine dernière, la justice espagnole a retiré le mandat d'arrêt européen à l'encontre de l'ex-président de la Generalité de Catalogne, Carles Puigdemont. A la suite de cette annonce, l'ancien homme fort du Parti démocrate européen catalan (PDeCAT) a annoncé depuis l'Allemagne, où il est incarcéré depuis quatre mois, son intention de retourner ce week-end en Belgique, afin d'y continuer son combat pour l'indépendance.

Carlos Puigdemont s'était en effet réfugié en Belgique après avoir proclamé l'indépendance de la Catalogne, le 27 octobre dernier. Sa fuite avait déclenché des poursuites de la part du gouvernement espagnol. Après son arrestation en Allemagne en mars dernier, le tribunal allemand n'avait accepté de l'extrader vers l'Espagne qu'à la condition qu'il soit uniquement jugé pour malversation (12 ans de prison) et non pour rébellion (30 ans), comme le souhaitait Madrid. La justice espagnole s'est alors retrouvée face à un dilemme, partagée entre son envie de procéder à son jugement et celui de garantir son inéligibilité définitive [Le Figaro]. Elle a finalement refusé l'extradition dans les conditions posées par l'Allemagne. C'est pourquoi l'Espagne a dû suspendre la semaine dernière les mandats d'arrêts européens et internationaux à l'encontre de Carles Puigdemont et de ses cinq amis politiques.

Si Puigdemont est désormais libre de ses mouvements, il n'est pour autant pas autorisé à se rendre en Espagne, sous peine d'y être arrêté. Il doit pour l'éviter respecter un délai de prescription de vingt ans, ce qu'il n'a manifestement pas l'intention de faire : "je n'attendrai pas vingt ans pour mettre les pieds en Catalogne", a-t-il déclaré.

 

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